N'oublions pas.

Moïse avait le Décalogue, Edouard Philippe un Catalogue ou les « dix commandements » du gouvernement.

Le Décalogue (Ex 34:28 ; Dt 4:13 – traduit dans le Christianisme par « les dix Commandements ») a, selon la tradition biblique était transmis aux Hommes par Dieu via Moïse.
M. Edouard Philippe, nous transmet lui son Catalogue de bonne conduite des ministres via une circulaire paru dans le Journal Officiel de Jeudi 25 mai 2017 (soit le « jeudi de l’Ascension », ça ne s’invente pas).
I. Cette circulaire relative à la méthode de travail, se propose dans son préambule que « le Gouvernement doit renouer avec les Français l'indispensable confiance sans laquelle il n'est pas d'administration efficace. L'organisation de l'action gouvernementale doit ainsi répondre à une triple exigence d'exemplarité, de collégialité et d'efficacité ».
1.       Les ministres doivent agir avec exemplarité, c’est-à-dire intégrité, dignité et probité, afin d’assurer la plus grande transparence possible.
 « L'exemplarité est le fondement de la confiance accordée par les Françaises et les Français au Gouvernement. Chacun de ses membres doit traduire cette exigence dans son comportement, que ce soit dans l'exercice de ses fonctions ou en dehors de ses engagements publics. L'intégrité, la dignité et la probité sont au cœur de l'action publique. » Le premier ministre rappelle qu’il faut satisfaire aux obligations de la loi du 11 octobre 2013 modifiée relative à la transparence de la vie publique : loi qu’il a combattue et qu’il applique, dans son cas personnel avec la plus grande des mauvaises fois. Il demande également à son équipe gouvernementale l’adoption d’« un comportement modeste et respectueux de chacun ».
2.       L’organisation gouvernementale repose sur la collégialité et la solidarité et agit en toute impartialité et en concertation avec ses collègues.
« L'action gouvernementale est une action collective fondée sur une claire répartition des responsabilités. (…) La discrétion est le nécessaire complément de la collégialité et de la solidarité. » En bref, ce qui se passe au Conseil des ministres reste au Conseil des ministres. Responsable, le ministre « doit veiller à la bonne information de ses collègues » et faire reposer son action sur une 
« (…) pour être pleinement efficace la méthode de travail gouvernementale s'appuiera également sur une nouvelle gouvernance (…) ». Ainsi les ministres doivent-ils agir en toute responsabilité, assumer leurs décisions, et ne recourir à l’arbitrage du chef du gouvernement qu’en cas de blocage. 
S’il est vrai que cela va toujours mieux en le disant, il est regrettable d’être dans une situation de probité politique où de telles instructions sont nécessaires aux plus hauts représentants de l’Etat.
II. Les adorateurs du Dieu unique Macron verront là une innovation. Pour un historien des religions comparées, on y verra qu’une reprise et modernisation de rites anciens. 
En effet, le président François Hollande et le premier ministre Jean-Marc Ayrault avaient demandé à leurs ministres de s’engager sur une « Charte de déontologie du gouvernement » (12 mai 2012). Cette charte dictait quelques principes simples qui [devaient] guider le comportement des membres du gouvernement. » Celle-ci était composée de 5 points :
-          Solidarité et Collégialité
-          Concertation et Transparence
-          Impartialité
-          Disponibilité
-          Intégrité et Exemplarité
Cela ne vous rappelle rien…
La notion de « disponibilité » qui consiste, selon la charte de 2012 à demander aux « membres du gouvernement consacrent tout leur temps à l’exercice de leurs fonctions ministérielles. Ils doivent, de ce fait, renoncer aux mandats exécutifs locaux qu’ils peuvent détenir. » A croire que notre premier ministre est plus enclin à fournir un effort sur la transparence de son patrimoine qu’à « lâcher » ses mandats. Il ne faut oublier que l’actuel Maire du Havre, Député de la Seine-et-Marne, Président de… etc… (voir mon article) était également contre la loi sur le non-cumul des mandats.
Ne soyons pas médisants et considérons que le président de la République a suffisamment été claire sur le sujet. 
III. Quel sera l’effet du texte…
Difficile de connaître la portée d’un texte qui ne définit pas réellement de sanctions contre un éventuel contrevenant, ni la procédure applicable, ni les recours juridiques. 
D’abord, la question de fond qui reste posée est celle de la responsabilité du ministre. D’importants progrès ont été réalisés ces dernières années en matière de droit constitutionnel. Mais il faut aller plus loin. C’est ce que je propose dans ma proposition de loi constitutionnel (en lien). 
Ensuite, les précédents textes n’ont pas permis d’éviter les scandales politiques de ces dernières années.
Enfin, rien n’est prévu quant au comportement du président de la République.

Le féminisme islamo-compatible de Mme Marlène Schiappa ou la bêtise faite ministre


Le féminisme islamo-compatible de Mme Marlène Schiappa ou la bêtise faite ministre.


Alors que l’actualité nous rappelle dramatiquement que le risque terroriste n’a jamais cessé d’exister et que l’état d’urgence esttoujours en vigueur, la position du président Macron et de son mouvement « La République en marche ! » concernant l’islamisme radical n’est toujours pas connue.
La jeune secrétaire d’état aux droits des femmes nous donne un aperçu qui, je l’espère, ne sera pas confirmé, par le président de la République. Au passage, Mme Marlène Schiappa montre comme une bonne idée (la parité) devient une aberration lorsqu’elle est appliquée avec bêtise.
La dictature paritaire
La parité homme/femme est le seul cas (je m’en suis expliqué dans la proposition de loi constitutionnelle que j’ai rédigé dernièrement) où la politique des quotas est justifiée, efficace et réaliste.
Si le président Macron avait plein la bouche de l’application du principe de parité dans son gouvernement, il faut bien dire que la déception était à l’arrivée. Certes, il y a autant d’hommes que de femmes dans le gouvernement, mais d’une part le premier ministre et les trois principaux membres de celui-ci sont des hommes et, d’autre part l’équipe présidentielle est quasi-exclusivement composée d’hommes.
Mme Marlène Schiappa veut également composer son équipe à parité. Tout à fait d’accord, jusqu’à la nomination de son chef de cabinet, qui semble poser des difficultés. Ayant réuni deux hommes et deux femmes, il lui reste à trouver son directeur de cabinet, poste politique le plus important d’un ministère (après le titulaire du portefeuille). Or, elle veut absolument une femme à ce poste (au passage cette qualité dans une offre d’emploi est illégale – mais il est vrai que l’on attend une réforme du Code du travail). Aucune des candidates pressenties ne paraît répondre aux exigences de la fondatrice du réseau « Maman travaille ».
En avant-garde des réseaux sociaux, la jeune ministre s’explique dans un twitte : « J’ai recruté deux femmes et deux hommes à mon cabinet. J’ai besoin d’une femme directrice de cabinet or je n’ai que des candidats. Toutes les femmes identifiées ont réfusé : conciliation vie pro/vie familiale. Si vous connaissez une excellente directrice de cabinet disponible ? ». La méthode ne me choque pas (même si l’orgueil des énarques à qui échoient habituellement ce genre de poste en prend un coup), je suis perplexe quant à l’application du principe paritaire. L’égalité homme/femme protège les femmes du sexisme masculin qui, a compétence égal (voir inférieur), porte le choix sur le candidat « homme ». Mais son application ne doit pas inverser la ségrégation.
Le féminisme islamo-compatible
Le principe de l’égalité homme/femme est simple : une femme a les mêmes droits qu’un homme.
Comme notre premier ministre, la benjamine du gouvernement de M. Edouard Philippe, c’est risqué à la littérature (cf. mon article dans ce blog). Dans un livre ititulé « Osez l’amour des rondes », un opus de la collection « Osez » des éditions La Musardine, qui rassemble des petits guides ludiques consacrés à toutes les pratiques sexuelles, on peut lire que « la fellation est la spécialité des rondes ». Certes, le livre se veut léger, mais ça ne pardonne pas tout. Le livre conseille également de ne pas se goinfrer en public où alors une « sucette, pour rappeler l’aspect phallique du geste, mais pas un sandwich, qui pourrait faire penser à votre indélicate surcharge pondérale ». L’auteure nous offre un « un concentré de grossophobie mais aussi de sexisme » selon Daria Marx, militante du mouvement Gras Politique.
Mais on ne peut pas souhaiter à la fois des ministres venus de la société civile et qu’il n’est pas eu une vie avant. Mais quand même !

« L'article 1er de la loi de 1905 prévoit que la République "ne reconnaît ne salarie ne subventionne aucun culte". Ni plus ni moins. Interdire le voile c'est reconnaître le voile comme signe religieux, donc reconnaître une religion, interdire le voile à l'école est donc contraire à la loi de 1905. Interdire aux femmes voilées d'accompagner les sorties scolaires de leurs enfants relève ni plus ni moins de l'islamophobie. L'obligation de neutralité religieuse s'applique d'après la loi de 1905 aux fonctionnaires, représentants de l'Etat, pas aux parents d'élèves qui ne représentent qu'eux-mêmes. »
Passons sur l’analyse juridique de la loi qui n’est même pas du niveau du plus mauvais étudiant en première année de droit, c’est une vision bien étrange que la jeune ministre nous livre de la laïcité et de la place de la femme. Il faut bien dire que l’Occident, et plus spécialement la France, a laissé se développer la théorie de la « soumission volontaire » de la femme musulmane à l’homme.
Cette théorie de la « soumission volontaire » est pratique car elle offre la possibilité de défendre un égalitarisme homme/femme islamo-compatible par laquelle, la femme musulmane renoncerait librement à l’égalité ! Bref, c’est la Révolution française et Olympe de Gouges passées par pertes et profits.