lundi 19 octobre 2015

Sommes-nous à la veille de la troisième guerre mondiale ?

A Raymond Aron (1905-1983) – 32ème anniversaire de sa mort le 17 octobre.

L’accroissement des inégalités entre le continent africain et le reste du monde, la pression démographique de l’Afrique et l’aspiration d’une jeunesse à une vie meilleure provoquent un flux migratoire en Europe sans précédent.

La déstabilisation du régime syrien et de l’Irak par Daech, le retour en grâce de l’Iran dans les relations internationales et les tentations islamistes dans les émirats de la péninsule arabique augmentent les tensions et la généralisation des conflits au Moyen Orient. Ajoutez à cela, les conflits ancestraux entre Israël et ses voisins arabes, eux-mêmes en prise dans une guerre de religion entre sunnites et chiites, et vous aurez les ingrédients d’une poudrière prête à embraser l’ensemble du Moyen-Orient du Sinaï aux frontières indiennes, de la Turquie à l’Arabie Saoudite, en passant par les anciennes républiques soviétiques (aujourd’hui indépendantes) du sud de la Russie.

L’Afrique et le Moyen Orient alimentent les réseaux mafieux de migrants, offrant aux populistes de toutes sortes, un terreau favorable à leur développement.

Les tensions territoriales se ravivent entre la Chine et le Japon, entre la Chine et l’Inde, entre l’Inde et le Pakistan, entre la Russie et l’Europe de l’est. Face à l’expansion de l’OTAN née de la chute du mur de Berlin, la Russie réarme.

Les conflits économiques ne sont pas en reste : monétaires entre les Etats-Unis et la Chine, commerciaux entre les Etats-Unis et l’Europe. La récession économique qui touche aujourd’hui la Chine remet en cause le système du parti unique et la légitimité de ses classes dirigeantes. Les monarchies du Golfe sont confrontés à la perte inévitable de leur source de revenus uniques, le pétrole, par le remplacement progressif des énergies fossiles (ce qui explique la multiplications des investissements à l’étranger de ces états dont le plus symptomatique est le Quatar).

L’Europe, servie par une classe politique peu talentueuse dans son ensemble, n’arrive pas à peser au niveau international. Les Etats-Unis se replient sur eux-mêmes, ne souhaitant (et n’ayant plus les moyens) de jouer les gendarmes du monde. Quant à la Russie de Poutine, maladroitement déshonorée dans l’affaire de Crimée, cherche un second souffle et à retrouver sa grandeur passée (Poutine se rêvant en un nouveau Pierre le Grand).
 

Pourtant, l’espoir existe toujours :

1.       Il faut alimenter en capitaux l’Afrique afin de lui permettre de rattraper le retard (le plan Borloo d’électrisation de l’Afrique est plus que jamais d’actualité).

2.       Il faut réunir la communauté international autour d’un ennemi unique et commun : Daech. La France doit cesser de jouer les vierges effarouchées face aux agissements de Bachar El-Assad, alors qu’elle ne dit mot sur les actes du pouvoir turc ou des exécutions capitales de l’Arabie Saoudite.

3.       Le règlement de ces deux premiers points endiguera par construction les flux migratoires et fera reculer les tentations populistes.

4.       L’Europe doit prendre en main son économie en uniformisant les règles de politiques budgétaires, en instaurant une fiscalité commune (impôts directs et indirects – un seul taux de TVA) et en légiférant un droit du travail européen (et pas seulement en le nivelant par le haut, n’en déplaisent aux salariés et fonctionnaires français). Ce développement économique doit se faire avec (et non contre) les B.R.I.C. (Brésil, Russie, Inde, Chine) auxquels il faut ajouter le Moyen-Orient.

5.       La France doit prendre la tête d’une Europe de la défense (construction d’une flotte européenne – porte-avions et sous-marins à propulsion nucléaire ; troupes d’élites au sol – type forces spéciales) et emmener les états européens à prendre des dispositions de politique internationale commune (réintégrant notamment la Russie dans le jeu européen, garantissant à Israël une coexistence pacifique et aux Palestiniens un état indépendant – Jérusalem étant placée sous mandat international de l’ONU).
En écrivant ce très long article, je me rends compte de l’utopie des solutions proposées. Mais elles sont réalistes pour tout être humain qui veut éviter une troisième guerre mondiale ! Je me rends également compte combien nos politiques sont à côtés de la plaque et qu’ils seraient bien avisés de relire (pour certains de lire) Raymond Aron.

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