mardi 10 novembre 2015

« La France fait de temps en temps une révolution, jamais de réformes »


© Laurent SAILLY pour Méchant Réac ! ®

Tous les ténors de notre classe politique (en tout cas ceux qui jouent gros aux Régionales de décembre) ont défilé devant la tombe du Général De Gaulle. J’imagine les commentaires de mon grand-père maternel s’il était encore de ce monde. Bref !


A y réfléchir, cette volonté de nos hommes et femmes politiques d’incarner « le général » correspond aux attentes des Français. Car face aux chaos, les Français cherchent désespérément l’homme (ou la femme) providentiel(le). Qui sera le prochain Bonaparte, le prochain De Gaulle ?


Il y a deux ou trois ans, ma fille avait une quinzaine d’années, et en échangeant sur la situation de la France m’avait déclaré : « il faudrait une bonne dictature militaire, une dizaine d’années, le temps de tout remettre en place puis on restaure la démocratie. » Or selon un sondage exclusif Ifop pour Atlantico, 67% des Français estiment qu’il faudrait que la direction du pays soit confiée à des experts non élus qui réaliseraient les réformes nécessaires mais impopulaires, et 40% seraient favorables à l’arrivée d’un pouvoir politique autoritaire. Les Français veulent-ils mettre en stand-by la démocratie ? et si oui sous quelle forme et cela est-il souhaitable ?


« La France fait de temps en temps une révolution, jamais de réformes » disait Raymond Aron. Les hommes providentiels, l’histoire en témoigne, ne naissent que des révolutions (Bonaparte) ou des guerres (le général de Gaulle).




La révolution, pourquoi pas ? La France n’est pas réformable. Alors puisque la raison ne suffit pas, il faudra la forcer. Pas n’importe comment. Par n’importe qui. La gauche empêtrée dans ses divisions et ses idéologies toxiques ne peut jouer ce rôle. Le Front national pourrait prétendre à la fonction, mais ses élites ne sont pas prêtes. La droite républicaine reste seule pour assumer cette responsabilité. Encore faut-il qu’elle se radicalise (et non qu’elle « s’extrémise ») derrière un chef unique, charismatique, autoritaire. Doté des pleins pouvoirs, cet homme providentiel profiterait de la mise en veille de la démocratie pour fonder une nouvelle république, rétablir l’ordre public, rééquilibrer les comptes nationaux, redonner la place de la France dans le concert des nationaux, libérer le travail et l’économie.


Le danger de voir confisqué la démocratie définitivement par cet homme est réel. Le général De Gaulle en son temps n'a pas souhaité "commencer une carrière de dictateur". Pourquoi notre homme providentiel le ferait ? De toute façon, le danger est plus grand si on ne fait rien.
Avouez qu’une révolution menée par des réactionnaires constituerait un véritable pied de nez à l’Histoire.

PS: L'image en en-tête associe l'aigle bonapartiste et la croix de lorraine pour illustrer nos deux hommes providentiels. Remarquer le "N" à la base de l'aigle.... N comme Nicolas ?

N'oublions pas.