jeudi 17 août 2017

La police de proximité est vouée à l’échec !


Ma mère va encore dire que je suis toujours en colère.


La déclaration de ministre de l’Intérieur, M. Gérard Collomb, proposant la renaissance d’une police de proximité, est une aberration. D’une part, une expérience de la sorte a déjà été menée, avant d’être arrêtée par Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur, faute de résultats probants. D’autre part, la création de cette nouvelle police n’est pas budgétée (moyens, effectifs…) dans une période où on tire sur les dépenses publiques tout azimut. 
Il est devenu pratique, pour nos dirigeants, de mettre à toutes les sauces, des corps d’état bien disciplinés (police-gendarmerie, armée). Il n’appartient pas à la police nationale de faire du social. Nombre de jeunes de quartiers, déboussolés, sans repères sociaux, ne comprendront pas d’être interpellé, pour une affaire de stupéfiants par exemple, par quelqu’un avec qui il a joué au foot la veille. Quand à croire que la proximité des forces de police permettra de « faire du renseignement » c’est prendre les bandes organisées de malfaiteurs qui pourrissent le quotidien des habitants, pour des bandes d’idiots. Le renseignement se fait si les forces de police ont les moyens de négocier quelque chose avec l’interpellé. Pour avoir quelque chose à négocier, l’interpellé doit craindre une condamnation sévère en cas d’absence de collaboration. On quitte là, la sphère « police » pour la sphère « justice ».

La politique sociale de la ville appartient aux municipalités. Pour cela, ce n’est pas en réduisant les budgets des collectivités territoriales (comme le fait le gouvernement actuel) que les communes pourront embaucher des éducateurs, des médiateurs, des coaches sportifs ou construire des maisons de jeunesse, des terrains de sports, des salles de spectacles ou rénover les quartiers.

Que chacun fasse son métier et qu’il ait les moyens de le faire.

vendredi 11 août 2017

Savoie: des détenus tournent illégalement un clip en prison et le mettent en ligne


Le procureur de la république d'Albertville, en Savoie, a demandé ce mercredi l'ouverture d'une enquête après qu'on a découvert que des détenus avaient pu tourner un clip dans la prison d'Aiton et la mettre en ligne il y a trois jours.

Sur ce clip tourné entre les murs de la prison d'Aiton, en Savoie, et dont a parlé en premier lieu Le Dauphiné Libéré, on voit des détenus, visages découverts, fumer, danser, faire la cuisine, jouer à la console, faire de la gym sur fond de morceau de rap, probablement filmés par des téléphones portables. Le fruit de ce tournage illégal a été mis en ligne sur internet il y a trois jours.

mardi 8 août 2017

Délinquance : Plan Tolérance zéro « Dura Lex Sed Lex »


Le procureur de la République de Grenoble a déclaré qu’aucune politique de répression pénale en matière de lutte contre le cannabis n’a réussi. Dépénaliser la consommation de cannabis, pourquoi pas ? En effet, les forces de l’ordre et les tribunaux sont noyés par ces procédures au dépend d’une délinquance plus grande. Mais cette dépénalisation ne doit pas être perçue comme une nouvelle reculade pénale.

La violence est quotidienne, aveugle, exponentielle… Il faut agir vite, fort et pendant longtemps. Pourtant rien ne justifie l’augmentation de la délinquance…
Le plan « Tolérance zéro » tient en trois actes :
-       Le courage et l’exemplarité citoyenne
-       L’application de la loi
-       Une politique budgétaire

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Trop souvent, par lâcheté, par manque d’exemplarité, nous encourageons la délinquance à différents niveaux.
La politique de Tolérance zéro, pour être efficace, doit concerner tout le monde quel que soit le délit.

Tout délit doit être sanctionné. Toute sanction doit être exécutée.
L’exemplarité est primordiale. Chaque citoyen doit respecter la Loi. C’est-à-dire qu’il faut en finir avec l’exception d’exemplarité.

L’exception d’exemplarité, ce sont tous ces moments où l’on critique, en public (souvent en voiture et devant ses enfants), une limitation de vitesse, un panneau de stop, l’emplacement d’un radar, mais aussi un montant d’imposition, une décision administrative, etc…
L’exception d’exemplarité c’est vouloir l’application totale de la loi pour son voisin mais pas pour soi-même ou ses proches.

L’exemplarité c’est participer au respect de la Loi. Cela demande du courage.
Faire respecter la Loi ce n’est pas prendre un risque physique. C’est faciliter le travail des forces de l’ordre. C’est ne pas participer au désordre public.

Faire respecter la Loi, c’est aussi intervenir par la parole en usant de pédagogie et sans sectarisme.
Faire respecter la Loi, c’est expliquer en quoi le comportement de la personne est délictueux ou associable ou injurieux.

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Le dispositif législatif existe. Il faut l’appliquer.

La crise de l’autorité de l’État ne date pas d’hier. Les prisons sont surpeuplées, des dizaines de milliers de personnes restent libres alors qu’elles devraient être enfermées, la délinquance des mineurs explose, les armes de guerres circulent en toute impunité dans les quartiers, les peines prononcées sont souvent inadaptées, trop légères, pas appliquées…
Les lois de la République doivent être respectées partout et par tous, sans exception. L’impunité n’est pas acceptable.

La politique de tolérance zéro s’appuie sur la théorie de la vitre brisée, dès qu’un carreau est cassé, il faut le réparer sinon c’est le signal que l’on peut tout dégrader. Cela signifie que chaque acte de délinquance doit être sanctionné rapidement et de manière proportionnée.
Les actes de rebellions, agressions, violences physiques ou verbales, injures à l’encontre d’un représentant de l’Etat, policiers, gendarmes, instituteurs, professeurs, membres de l’administration pénitentiaire, de l’administration fiscale, mais aussi éducateurs spécialisés dans les associations, encadrants d’activités sportives (notamment les arbitres), quel que soit la qualité ou la motivation de l’auteur doivent être publiquement, rapidement et sévèrement sanctionné.

La police et la gendarmerie sont chargées de maintenir l’ordre et pas uniquement de le rétablir l’ordre voir de contenir le désordre. Les compétences des commissaires de police, des commandants de gendarmerie ou de C.R.S. doivent être augmentés afin de leur permettre de décider, sur le terrain, de la conduite à tenir.
Dans les quartiers, il faut organiser des opérations coup de poing, infiltrer les bandes de cités, recourir à l’armée… Mettre "le paquet" afin d’inverser le processus d’armement des jeunes issus des quartiers défavorisés, remonter les filières de revente d’armes de guerre, multiplier les unités de la Bac.

Il faut prendre le problème à la base.
Repérer les enfants qui ont un comportement violent ou qui posent problème.
Non pas pour les punir, mais pour prévenir toute dérive délinquante.
Responsabiliser les parents (suspension des allocations familiales, suivi par les services sociaux…). Dans les écoles, des amendes doivent pouvoir sanctionner les élèves absentéistes.

Placer les enfants à problèmes dans des pensionnats afin de les éloigner d’un environnement violent.
Isoler les mineurs délinquants dans des centres éducatifs fermés et contraignants ; les suivre continuellement à leur sortie et ce, jusqu'à une réinsertion totale.

Notre pays permet à chacun de s'instruire, de se former, de s'intégrer, de travailler, d'évoluer... Nos aides sociales, notre système de santé, nos institutions sont parmi les meilleurs au monde.
Aussi, il ne convient d’enfermer que des personnes particulièrement dangereuses pour la société.
Les braqueurs à main armée, les auteurs d’agressions avec violence, les assassins, violeurs, pédophiles, récidivistes… doivent être mis en prison, et pendant longtemps.
Les peines de ces criminels ne devraient pas être compressées et la perpétuité (si elle est demandée) doit être appliquée réellement.
La libération devra être assortie d’un contrôle strict (bracelet électronique à vie par exemple).
Pour ce qui est des assassins considérés comme "malades mentaux", l'enfermement en établissement spécialisé doit être généralisé.

Par contre, toutes les personnes qui sont actuellement en prison pour des affaires de stupéfiants (petits dealers, consommateurs réguliers…), vols, escroqueries, délits mineurs sans violence… doivent être mises en liberté sous bracelet électronique, le temps de leur condamnation, et avec une obligation de suivi très contraignante (contrôle régulier de leur situation, sanctions à la moindre incartade).
En cas de manquement, il en sera fini de la liberté sous bracelet, et la peine sera commutée en prison ferme, sans remise de peine, et avec, de toute façon, la pose d’un bracelet à la sortie !

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Une politique pénitentiaire sur le long terme      

Mise en œuvre du plan de programmation pénitentiaire « 16.000 places » Urvoas complété par le programme présenté en juin 2015 par la Fondation iFRAP amendé34, soit la construction de 2.000 à 4.000 places de prison supplémentaires et de six nouveaux établissements en sus des tranches annoncées par la chancellerie en septembre 2016 (soit un surcoût de 506 millions d’euros par an en investissement par rapport au coût initial du programme Urvoas (5,4 milliards d’euros, et sans doute 2,4 milliards d’euros de coût de fonctionnement additionnel (y.c personnels) d’ici 2025), et 105,6 millions d’euros de fonctionnement/an en rythme de croisière). Il faudra y réintégrer les coûts de transition (leasing) que nous chiffrons à 530 millions d’euros/an en 2019 afin de respecter l'atteinte à cette date de l'objectif d'encellulement individuel. Passé cette date, ces derniers coûts devraient baisser si le programme complémentaire était implémenté, avec une capacité définitive de + 20.000 places opérationnelles en 2025, dont 16.000 cellules individuelles.
Un ministère de la Justice remis à niveau

La mise à niveau du budget de la mission Justice sur les meilleurs standards européens supposerait un quasi-doublement des moyens (passage de 0,2% à 0,4% du PIB). En la matière, c’est le Royaume-Uni et l’Allemagne qui pourraient servir d’exemples. Leurs budgets offrent cependant des caractéristiques très différentes. Nous proposons de réformer en effectuant un mix des deux modèles.

Augmenter les effectifs (de magistrats et de non-magistrats) : si la France compte 10,5 juges pour 100.000 habitants, l’Allemagne en détient 34,4 mais le Royaume-Uni (Angleterre et Pays de Galles) uniquement seulement 3,3. L’Allemagne choisit donc le nombre (même si les rémunérations sont plus faibles qu’en France). Les juges non professionnels en particulier sont en Allemagne quatre fois plus nombreux (120). La question de la montée en puissance des personnels non juges (greffiers, administratifs, etc.) est posée : la France dispose de 33,7/100.000 quand l’Allemagne, encore une fois, en compte près de 66/100.000 ;

En parallèle, augmenter les taxes et frais de justice afin de hausser très sensiblement les moyens accordés à l’accès au juge via l’aide juridictionnelle aujourd’hui insuffisante. Une telle mesure rendrait l’accès à la justice plus démocratique qu’elle ne l’est actuellement.
Ministère de l'Intérieur 

Remonter le temps de travail des agents de la Police nationale aux 35 heures, ce qui représente d’après nos calculs l’équivalent de 6.535 agents supplémentaires soit près de la moitié des effectifs qui ont été perdus depuis 2008 ;

Revenir sur la suppression du jour de carence au 1er janvier 2014. Le Sénat évalue le coût annuel de l'absentéisme à près de 12.000 ETPT pour la Police nationale ;

Recentrer les agents sur leur cœur de métier. De 2015 à 2016, on constate une hausse des tâches secondaires pour les policiers et les gendarmes. Pour les premiers, les tâches de commandement, de ressources humaines et logistiques avaient augmenté de 0,9 point ; pour les seconds de 0,5. De même, les tâches de mission de police judiciaire et de concours à la justice ont augmenté de 1,7 point pour la police, tandis que les missions de police des étrangers et de sûreté des transports internationaux ont augmenté de 0,8 point pour la gendarmerie. Simultanément, les proportions de missions d’ordre et de sécurité publique ont diminué pour les deux institutions ;

Réfléchir à l’externalisation de certaines fonctions qui ne font pas partie du cœur de métier des policiers et des gendarmes pour dégager des marges de manœuvre. Là aussi plusieurs solutions doivent être examinées : outre les fonctions de soutien et les tâches administratives, les gardes statiques devraient être réduites pour permettre aux forces de sécurité de se focaliser sur la surveillance de la voie publique, l’antiterrorisme et les tâches de police judiciaire. Les dernières statistiques retiennent un volume de 4.156 agents affectés aux gardes statiques à Paris et en province. Leur masse salariale ressort à 249 millions d’euros environ. Une externalisation pourrait représenter pour un volume horaire équivalent l’emploi de 5.005 agents de sécurité, soit une économie de 107 millions d’euros environ/an. Autre piste d'externalisation, les transferts de personnes arrêtées. Au Royaume-Uni, le comté de Lincolnshire a externalisé les transferts et a ainsi permis de réaliser des économies non négligeables tout en libérant des effectifs de policiers. Voir aussi la protection rapprochée de personnalités publiques mais non officielles ;

Investir largement dans des équipements d’intervention, véhicules et infrastructures modernes, et ce, en augmentant la part de l’investissement par rapport aux dépenses de fonctionnement. Les dépenses d’investissement ne représentent que 1,6% de la totalité des dépenses de la mission Sécurité. En comparaison, les dépenses de fonctionnement en représentent près de 86%, ce qui est aujourd’hui un large facteur de tension. L’investissement doit ainsi être renforcé pour redimensionner la politique de formation des agents au regard des volontés exprimées par les responsables gouvernementaux depuis janvier 2015. Pour sauvegarder encore plus les crédits d’équipements de la police et de la gendarmerie, il serait pertinent d’utiliser des crédits de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) pour les rénovations en profondeur des commissariats et des casernes ;

Repenser l'organisation des forces de sécurité intérieure. La commission parlementaire qui a enquêté sur les attentats depuis janvier 2015 a ainsi émis une série de recommandations claires dans le domaine, qu’il pourrait être pertinent de suivre. La principale est la fusion des trois corps d’élite (BRI, Raid, GIGN). Si pour des raisons culturelles il est irréaliste d’envisager actuellement une telle solution – malgré la coopération qui existe entre les services –, il faut réfléchir :


    • à la création d’un commandement opérationnel stratégique interministériel police-gendarmerie-justice-finances (douanes) qui a la charge de la conduite opérationnelle de lutte contre les menaces sur le territoire national sur le modèle de l’état-major des armées (Ema) du ministère de la Défense ;
    • à la création d’un commandement opérationnel unique tactique fédérant et conduisant les opérations d’unités spécialisées d’intervention de la gendarmerie et de la police (GIGN, Raid, BRI...) dans la lutte contre les menaces sur le territoire national sur le modèle du Commandement des opérations spéciales (COS) ;
    • à une mutualisation dans un cadre ministériel et interministériel des structures de soutien ;
    • à une politique d’achat commune complète débouchant sur une totale uniformisation, standardisation et homogénéisation des effets et matériels opérationnels individuels et collectifs communs10 ;
    • à la mutualisation de la formation des forces de sécurité intérieure civile sur un nombre restreint de sites ;
    • à la redéfinition de certaines missions spécifiques telles le maintien de l’ordre public et secours en montagne.
Renforcer l’entraînement des forces de l’ordre sur le terrain. À l’heure actuelle, les policiers et les gendarmes doivent effectuer au minimum trois séances de tir contrôlées de 30 cartouches chacune. Dans les faits, les cartouches sont rationnées pour la plupart des agents (hors unités spéciales). Les fonctionnaires tirent moins de 90 cartouches par an, ce qui est largement insuffisant pour maîtriser correctement leur arme. Il faut aussi investir dans les simulateurs de tirs réels et virtuels sur support vidéo mettant en condition et permettant de réaliser des économies notamment en achat de munitions et de maintenance des armes individuelles.

lundi 7 août 2017

Taxe sur le ski de fond, taxe sur les flippers et le baby-foot…. la loi de finances 2018 doit être l’occasion d’un grand nettoyage.

Connaissez-vous la taxe sur le ski de fond ou la redevance biocides ? Acquittées par les entreprises, elles ne rapportent que 1 à 3 millions par an. Prises isolément, ces « petites taxes », dites à faible rendement, paraissent inoffensives. Mises bout à bout, elles pèsent lourd.

Dans un rapport de 2014, l'Inspection générale des finances (IGF) a dénombré 192 taxes, dont le rendement est inférieur à 150 millions par an. Au total, elles permettent de récolter la coquette somme de 5,3 milliards. Outre qu'elles rognent les marges des entreprises, ces taxes sont source de complexité administrative. Preuve de leur absurdité, certaines, comme la taxe sur les flippers et les baby-foot, coûtent même plus cher à recouvrer que ce qu'elles rapportent.

Entre 1998 et 2012, ce ne sont pas moins de 93 taxes qui ont fait leur apparition, à un rythme moyen supérieur à 6 par an. La palme revient à l'année 2010, qui a vu naître pas moins de 19 taxes !

La mission d’inspection proposait plusieurs scénarios conduisant à supprimer ou regrouper entre la moitié et 80 % de ces taxes. Elle formulait en outre des recommandations pour empêcher qu’elles réapparaissent et se multiplient de nouveau.

Après avoir reçu ce rapport, le Gouvernement n’a pas souhaité le rendre public et ne lui a guère donné de suites, se contentant de supprimer un nombre très limité et insuffisant d’impôts de faible rendement.

L’abrogation de ces taxes ne produira pas seulement un choc de simplification. Elle atteste aussi la volonté du Gouvernement de réduire le poids des prélèvements sur les entreprises et sur les particuliers.

vendredi 4 août 2017

Peut on être une femme de couleur (noire, blanche ou tout ce que vous voulez) et conne à la fois ?

La secrétaire d’État pour l’Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, a réagi sur Twitter à la polémique concernant Sibeth Ndiaye, conseillère en communication de l'Élysée qui, dans un SMS, a écrit à un journaliste“Yes, la meuf est dead”, après la mort de Simone Veil, a révélé mercredi le Canard Enchaîné.

“La violence en politique commence par le cyber-lynchage et étrangement, cible davantage les femmes”, a-t-elle ainsi dénoncé, mercredi, sur le réseau social, avec les hashtags “sexisme” et “racisme”.

Dans une interview accordée au JDD, la secrétaire d'État se disait, elle aussi, victime de “bashing” et dénonçait le sexisme et le mépris de classe qu'elle subit depuis sa nomination au gouvernement. 

Rien ne justifie la violence dans une démocratie, que cette violence soit physique ou verbales.
Ces derniers mois, les exemples de violences envers les politiques, qu'ils soient enfarinés (Francois Fillon) ou giflés (Manuel Valls) ou plus violement pris à parti (N.K.M. ou Laurianne Rossi), se sont multipliés.

Ils sont la cause d'abord de la bêtise humaine ensuite du laxisme généralisé  (on brûle des policiers en toute impunité ) et enfin du comportement des politiques eux-mêmes (cf l'excellent article de Philippe Bilger "Des députés comme tout le monde").

Dans le cas de Sibeth Ndiaye, l'origine de la violence est dans son SMS. Ça ne justifie pas la violence en retour mais ça l'explique.
Ce qui est critiqué ici ce sont ses propos. Ce qui est attaqué ce n'est pas sa couleur de peau ou son genre, c'est sa connerie. Le procès en racisme ou misogynie est trop facile.

On peut être une femme noire est dire des conneries voir être une conne. Marlène Schiappa est une femme, ministre, de peau blanche, rien d'incompatible avec la connerie.

jeudi 3 août 2017

Le Venezuela, la vitrine de l’échec du mélenchonisme par Eric Le Boucher

Maduro est à Mélenchon ce que l’euro est à Le Pen. Un plafond de verre. L’impossibilité de gagner. La preuve in vivo d’un programme idiot. Marine Le Pen vient de constater, en séminaire ce 21 et 22 juillet, sans le dire encore vraiment, que l’abandon de l’euro qu’elle proposait était une erreur. Le retour à «la souveraineté monétaire», en clair au franc, ne sera pas appliqué au début de quinquennat en cas de victoire à la prochaine présidentielle, mais à la fin. La souveraineté des frontières passe devant.

Cette décision est, elle aussi, idiote. Disons-le au passage, déjà entre le jour de la victoire à l’élection et le passage au franc, le délai laissait des semaines entières à la spéculation pour manipuler les taux, organiser des fuites de capitaux et se faire des profits en or. Cette fois-ci, les spéculateurs auront cinq ans entiers pour s’amuser. Le réalisme monétaire n’a donc pas encore complètement gagné les dirigeants du FN. Mais le tournant est net: l’idiot abandon de l’euro est intelligemment abandonné. Marine Le Pen admet que cette mesure faisait peur aux Français et l’empêchait de gagner. Reste à réécrire complètement le programme du parti, évidemment. Ce sera bien compliqué puisque tout reposait sur le franc et sa dévaluation. Défi impossible en vérité, on aura l’occasion d’en reparler: toute la démagogie populiste était financée par la dévaluation. Mais saluons la pas vers la raison.

L'effondrement du chavisme

Vient aujourd’hui le tour de Jean-Luc Mélenchon. L’effondrement du Venezuela est l’effondrement du chavisme, c’est-à-dire l’effondrement du mélenchonisme. La base analytique est la même: «redonner le pouvoir au peuple». La logique politique est la même, livrée par l’actualité: tout commencera par la création d’une assemblée «Constituante» pour «rendre le pouvoir au peuple et en finir avec le système de la caste»: c’est du Nicolas Maduro dans le texte. Le députés sont illégitimes comme le président Emmanuel Macron élu avec 43% des inscrits: tous sont inféodés aux banques, aux riches, aux bourgeois. 

Les principes d’action sont les mêmes: «casser les dominations financières et limiter le pouvoir des actionnaires». Et ils se déclinent en France par une démagogie du bonheur: créer 3,5 millions d’emploispar la réduction du temps de travail, bloquer l’échelle des salaires de 1 à 20 dans les entreprises, revenir à la retraite à 60 ans, arrêter la spéculation, envoyer des hommes dans l’espace et des médecins fonctionnaires dans les campagnes, arrêter l’Europe de la défense qui «prépare la guerre sous injonction des États-Unis», organiser un référendum sur la sortie de l’euro et de l’Union européenne. Toutes ces belles mesures seront payées non par le pétrole comme Chavez, la France n’en a pas, mais par une autre source magique et inépuisable: le financement à gogo de la Banque Centrale européenne, c’est mieux encore que l’or noir.  

La logique bolivarienne

On niera, on critiquera, on hurlera contre le parallèle. L’adhésion à la zone commerciale bolivarienne, prévue dans les débuts euphoriques de campagne mais ôtée ensuite car trop ridicule, était toute symbolique. Dans la forme comme dans le fond, le mélenchonisme est un chavisme. Il a le même point de départ, le refus de l’abandon de la lutte des classes, la haine viscérale du social-libéralisme, le rejet comme une trahison du compromis capital-travail. Il aura le même résultat: une faillite totale.
La logique bolivarienne a été vue à l’œuvre cette dernière décennie en Amérique latine. Le social-démocrate Lula contre le révolutionnaire Chavez. La partie, la guerre, entre la gauche réformiste et la gauche marxiste, celle qui se déclare «vraie» gauche, s’est jouée là-bas. Les médias n’ont pas retranscrit le match. Le résultat est sans appel. Le Brésil n’a pas eu un parcours parfait, loin de là, certes, la corruption et la médiocrité des dirigeants ne l’ont pas épargné. Mais le Venezuela et tous les autres petites tentatives bolivariennes locales, nationalistes, populistes ont abouti à un échec sanglant. Toutes les statistiques sont affreuses pour la cause révolutionnaire, y compris celle des morts et de la corruption sous Maduro. Le caudillo sud-américain en est arrivé à rejeter aujourd’hui la démocratie, à tenter de sauver ses finances en signant des accords de soumission avec les Russes et les Chinois (dans l’exploitation du bassin de l’Orénoque) et à laisser les mafias s’installer dans des accords obscurs et puants avec le gouvernement et ses amis militaires.

Le capitalisme doit changer, mais pas comme ça

Oui, objectera-t-on encore. C’est loin, le Venezuela n’est pas la France, et puis les dérives tropicales sont inévitables… Hum, les tortionnaires seraient-ils plus acceptables parce qu’ils boivent du rhum? Non, il eut fallu ouvrir les yeux sur l’atroce réalité du chavisme il y a dix ans, il est temps aujourd’hui de le faire sans plus d’illusion conciliante, sans merci. La fin était dans le point de départ. Elle était dans l’initiative initiale de se défier des «experts» de la compagnie nationale du pétrole PDVSA et d’y envoyer des cadres du parti pour gérer «ce bien du peuple». Tout était là: la défiance vis-à-vis des majors étrangères, la défiance vis-à-vis de la bourgeoisie capitaliste vénézuélienne, bref la lutte des classes s’imposait, celle qui force à toujours aller un cran plus loin. Les entreprises se plaignent-elles, elles n’investissent plus? Il faut les nationaliser, monter des initiatives «du peuple» pour les contraindre. Le chavisme-mélenchonisme est un engrenage. Très vite, ce n’est pas la spéculation qu’on arrête, c’est l’économie.

La vérité sur le Venezuela éclate aujourd’hui. Qu’on la montre, qu’on le regarde: voilà ce délivreront les jolis mots, les jolies promesses du «bonheur de l’homme» du chaviste français. Non que le but ne soit pas bon, le monde ne va pas bien, la bourgeoisie compradore sud-américaine met trop souvent son argent à Miami, le capitalisme est sauvage, beaucoup de choses doivent être changées. Mais pas comme ça. Surtout pas comme ça. La preuve est là. Voyez là. Admettez-là, M. l’insoumis.

https://m.slate.fr/story/149343/venezuela-melenchonisme

J'ai lu cet été : Le livre noir du communisme

Pourquoi les hommes mettent-ils en place des régimes qui les détruisent ? À l'origine de la révolution bolchevique de 1917, il y eut en effet une utopie et un idéal de justice et d'égalité... Alors comment ce rêve de liberté et de fraternité a-t-il pu engendrer l'un des pires systèmes totalitaires et le règne de la terreur ? Comment une idéologie a-t-elle inspiré une machine à briser, à intimider, à asservir, et entraîné des génocides de masse ?
Un siècle ou presque aura été nécessaire pour admettre l'étendue des crimes communistes et dresser le bilan de la tyrannie de Lénine et Staline, reproduite ensuite par Mao, Ho Chi Minh ou encore Castro. Le rejet de ce système par la plupart des peuples concernés, l'ouverture des archives, le témoignage des survivants ont permis à une équipe d'historiens d'établir cet inventaire de la persécution, de la déportation, de la famine organisée et du massacre d'État.
LE livre de référence établi par des spécialistes.

Biographie de l'auteur

Directeur de recherches au CNRS, Stéphane Courtois dirige la revue Communisme et a dirigé l'édition du Dictionnaire du communisme. Agrégé d'histoire, directeur de recherche au CNRS-Institut de l'Histoire du temps présent, Nicolas Werth, spécialiste de l'URSS, est notamment l'auteur d'une Histoire de l'Union soviétique. Ancien membre-fondateur des Cahiers Georges Sorel (devenus Mil neuf cent) Jean-Louis Panné est l'auteur d'une biographie de Boris Souvarine dont il fut le secrétaire. Décédé en 2004, Karol Bartosek fut chargé de recherche au CNRS, directeur de la revue La Nouvelle Alternative, et l'auteur des Aveux des archives, Prague-Paris-Prague. Spécialiste de l'Asie, lauréat du Prix Augustin Thierry, agrégé d'histoire, Jean-Louis Margolin est maître de conférence à l'université d'Aix-Marseille. Directeur du département d'histoire contemporaine à l'Académie polonaise des Sciences, Andrzej Paczkowski est membre de l'Institut de la mémoire nationale.
Avec la collaboration de Rémi Kauffer, Pierre Rigoulot, Pascal Fontaine, Yves Santamaria, et Sylvain Bouloque.

G-W Goldnadel : « L'indécente complaisance de l'extrême gauche française envers Maduro »

Le Venezuela s'enfonce dans la tourmente. Faillite économique, faillite financière, manque de tout et même de médicaments, et enfin et surtout une dictature paranoïaque qui fait tirer par ses gendarmes ou ses milices sur les opposants qui meurent par centaines.

Une nouvelle fois, toute aussi inutile que les précédentes, la preuve est faite que les produits du marxisme ou ses dérivés finissent dans la misère et le sang. Et que ses versions latines sont extravagantes dans leur religiosité, leur mystique, et leur catéchisme.

On ne peut pas grand-chose pour le malheureux peuple vénézuélien, sinon réprouver en France ceux qui ajoutent à son malheur en soutenant le pouvoir qui l'opprime.

Car dans notre pays, il est des gens, qui tranquillement le soutiennent.

C'est ainsi, que le Parti Communiste Français a salué l'élection de la constituante au Venezuela. Et tant pis si celle-ci est née dans un bain de sang.

C'est ainsi encore que l'ineffable Gérard Filoche, membre du Parti Socialiste, a gazouillé sur Twitter ce doux message: «que croire des médias français qui parlent du Venezuela? 42 % de participation au vote malgré l'insurrection de l'extrême droite!»

Tant pis si l'opposition majoritaire conteste absolument un scrutin truqué et contesté de toutes parts.

La réalité, incontestable elle, c'est que nos communistes, et autres compagnons de route soumis à la bonne vieille idéologie rouge vif tirant sur le brun, n'ont pas changé d'une harangue.

Comme hier, après Moscou ou Budapest, c'est la faute à l'extrême droite fascisante et complotiste, à l'Amérique et aux capitalistes.

Et pourquoi donc n'ont-ils pas changé? Car nul, fondamentalement, ne leur a demandé, ni à gauche et pas même vraiment à droite.

Dans un pays démocratique digne de ce nom, si un homme politique avait pleuré à chaudes larmes à l'enterrement de Chavez, avait récité une ode hallucinée à l'ambassade de Cuba en hommage à Fidel Castro ou avait déclaré officiellement son soutien à la dictature Maduro , il aurait disparu dans les égouts de l'histoire politique.

Jean-Luc Mélenchon l'a fait, et malgré cela, une réputation d'intelligence le précède, et les médias sont très avenants.

Pour comprendre cette situation assez exceptionnelle en Europe, il faut comprendre la triste exception française.

Pour ce faire, quelques ingrates vérités doivent être énoncées.

Le pays de 1789 et surtout de 1793 a toujours eu un faible pour la radicalité violente sur fond de jactance dès l'instant où elle émane du parti censé incarner les pauvres. Ce n'est pas un hasard, si Mélenchon se réclame de Robespierre et si certains de ses insoumis d'opérette, sans cravates à défaut d'être sans culottes, affectent dans leurs propos un petit goût d'Hébert.

C'est ce pays moderne, et pas un autre, qui peut s'enorgueillir d'avoir une CGT où l'on déteste et les patrons et la police. Avec les résultats économiques et industriels que l'on sait. C'est dans ce pays que l'on course les cadres et que l'on menace impunément de faire sauter les usines.

Le personnel politique de ce pays a le cœur caraïbe et samba. On y aime encore le Che plus qu'ailleurs. Plus que chez les opposants cubains qui se souviennent comment celui qu'ils appelaient «carnecito» (le petit boucher) faisait massacrer les dissidents dans leur cellule.

C'est dans ce pays, qu'une ancienne candidate à la présidence de la république niait il y a encore quelques mois l'existence de prisonniers politiques à Cuba. On imagine si un homme politique d'importance avait rendu hommage au général Pinochet. Ses descendants auraient été maudits jusqu'à la dixième génération.

Le procès du communisme n'a jamais eu lieu et les auteurs du Livre Noir du communisme ont vécu pendant des années dans un ghetto dont ils sont à peine sortis.

La plus dure vérité, pour la fin. Au regard des critères habituels de la science politique en la matière: respect du scrutin démocratique, violence dans la rue, complaisance à l'égard du terrorisme, du racisme et de l'antisémitisme, le parti le plus à droite sur l'échiquier politique français pourrait apparaître aujourd'hui comme moins extrémiste que les partis les plus à gauche.

Et pourtant. Pourtant, les médias utilisent le vocable «extrême droite» pour qualifier le Front National et répugnent à utiliser symétriquement celui d'«extrême gauche» pour qualifier le Parti Communiste et les Insoumis, préférant l'expression plus aimable «gauche de la gauche» ou «gauche radicale». Difficile de ne pas y voir une complaisance ou une bienveillante inconscience médiatique.

Pourtant, si un front républicain est toujours envisagé ou exigé entre les partis de droite, si on a même observé «un front antifasciste» efficace au second tour de l'élection présidentielle, il ne semblait poser aucun problème moral d'envisager des alliances électorales entre le Parti Socialiste et ces partis sur sa gauche qui aujourd'hui applaudissent la dictature vénézuélienne. Difficile de ne pas y voir une complaisance ou une inconscience culturelle et politique.

Tant que la France culturelle, politique et médiatique ne sera pas sortie de son indulgence extrêmement coupable pour l'extrême gauche, il ne faudra pas s'étonner que celle-ci ne se sente guère dans une culpabilité qui lui commande de faire enfin son examen de conscience.

Les vrais défenseurs des libertés devront attendre longtemps, à Paris comme à Caracas, des lendemains qui ne pleurent plus.

Des députés comme tout le monde par Philippe Bilger

Une députée LREM a été agressée le 30 juillet à Bagneux sur un marché par un homme âgé de 63 ans qui, après une vive dispute avec elle et parce qu'elle aurait eu "un sourire sarcastique", lui a porté un violent coup de poing à la tempe droite. Il a cherché à s'enfuir mais a été interpellé par plusieurs personnes témoins de l'agression. Il a été jugé en comparution immédiate à Nanterre pour violences volontaires sur personne chargée d'une mission de service public avec une incapacité totale de travail personnel de moins de 8 jours et condamné à six mois d'emprisonnement dont cinq avec sursis (Le Parisien, le Dauphiné Libéré).

Nathalie Kosciusko-Morizet, le 15 juin, lors de la campagne législative, avait été agressée à Paris par un passant, maire de son village.
François Fillon s'était fait enfariner à Strasbourg le 6 avril et Manuel Valls, le 17 janvier, avait été giflé à Lamballe.

Aussi différents que soient ces épisodes et leurs motivations, ils révèlent cependant une même dégradation du respect et le recours de plus en plus fréquent à des actes inqualifiables qui n'auraient pas été concevables hier.

Le climat qui depuis des années est systématiquement et injustement hostile à la classe politique accusée globalement de tous les péchés a créé un terreau à partir duquel des comportements erratiques se sont senti justifiés. A force de mépriser, on n'a plus eu peur de frapper.

Pour ne m'attacher qu'à la péripétie la plus récente dont Laurianne Rossi a été victime, il est clair que dorénavant les députés sont devenus comme tout le monde et donc qu'ils sont traités par des citoyens violents, égarés ou impulsifs qui les voient comme tels et ne sont plus retenus par rien.

Je ne prétends pas qu'il serait possible d'entraver aisément ce cours néfaste de la relation politique et de restaurer des limites que le fil du temps fait s'effacer chaque jour mais, de manière certaine, on ne saurait protéger les députés dans l'espace public en banalisant leur mission et en rendant leur apparence de plus en plus ordinaire.

Le processus qui est engagé à l'Assemblée nationale - à contre-courant de celui que le président de la République a souhaité adopter pour son propre compte et celui de son équipe à l'Elysée sur le plan de la dignité, de la compétence et de l'allure - va dans le mauvais sens puisque par facilité et démagogie, à la suite de la pression des députés de la France insoumise, il a autorisé n'importe quelle tenue. De sorte que les représentants élus de la nation, au lieu de se mettre à hauteur de l'honneur qui leur a été fait sur le plan de la forme, ont consenti à cette vulgarité qui désaccorde une charge prestigieuse avec son expression, quel que soit son registre.

Les députés ne vont plus être distingués, se distinguer. Ils seront comme tout le monde.

Plus profondément, si la fraîcheur des députés de LREM a pu quelque temps faire oublier leur ignorance et leur amateurisme et susciter un peu d'espérance démocratique, les récents débats ont montré, avec leurs conséquences politiques et médiatiques, que la nouveauté des expériences et l'absence de tout savoir constitutionnel et parlementaire n'étaient plus une chance mais une catastrophe. Certains continueront leur activité professionnelle. Je conçois l'avantage pour eux mais je crains que leur formation parlementaire en pâtisse.

La perception médiocre et péjorative diffusée sur le groupe largement majoritaire n'est pas non plus sans incidence sur l'esprit public et le cerveau de citoyens obtus et simplistes.

On pourra chipoter et soutenir que tout n'est pas lié, qu'il y a des violences autonomes et des délitements indépendants, j'ai la faiblesse de penser que les unes et les autres sont unis par le lien du débridement et du laisser-aller. On se permet tout et on a bonne conscience. Parce que c'est un député. Parce qu'on est un député.

La conclusion de ces tristes séquences est que continuer à tirer le métier politique par le bas multipliera les occasions de s'émouvoir et de s'indigner face aux agressions graves ou minimes d'élus et de députés.

En revanche l'entraîner vers le haut, arrêter net la décadence, manifestera aux citoyens concrètement, par la vision et la substance, que les députés ne sont pas n'importe qui et suscitera peut-être à nouveau un respect aujourd'hui malmené.

http://www.philippebilger.com/blog/2017/08/des-d%C3%A9put%C3%A9s-comme-tout-le-monde.html

L'ivresse du pouvoir par Céline Pina

"Yes la meuf est dead", c'est ce qu'aurait répondu la chargée de communication du Président à des journalistes l'interrogeant sur le décès de Simone Veil.

Le SMS est choquant parce qu'il témoigne d'un esprit de bande qui n'est pas à la hauteur des circonstances qu'affronte notre pays. Ce manque de tenue est une manière d'afficher son mépris pour qui n'est pas de la bande. Empathie pour son cercle proche, indifference et mépris pour tous les autres. Mais il témoigne surtout d'une morgue et d'une arrogance étonnante pour des gens qui n'ont pas fait grand chose de leur vie à part construire leur propre carrière. Une morgue qui les rend tellement semblables aux élus et collaborateurs de cabinet de naguère que c'est à se demander si le renouvellement s'est borné à changer les têtes pour mieux ancrer les pratiques délétères.

Or quand on est à ce niveau de pouvoir, un tel laissez-aller montre que l'on n'est pas conscient des devoirs de sa charge et que l'on n'a pas compris que l'on est là pour servir. Il montre aussi une personne dépassée, incapable de se rendre compte de la portée symbolique d'une telle inconséquence, incapable de savoir ce qui peut être dit selon les circonstances, et à qui on peut le dire. Et quand on est chargée de la communication jupiterrienne, c'est de l'incompétence pure.

Mais ce que raconte cette triste anecdote va au-delà de la dérive d'une personne sans doute pas au niveau, c'est aussi la marque d'un pouvoir qui n'a pas compris que le succès ne permettait pas tout et n'exonérait jamais du respect des règles qui régissent les rapports humains, du respect et de la politesse qui sont de mises dans les échanges institutionnels. Or cet effort de tenue et de correction a du sens, il montre que vous êtes conscients de vos devoirs et pas définis par vos appétits et votre ego.

Il serait temps de transmettre cet état d'esprit, on savait déjà qu'à vaincre sans péril on triomphait sans gloire, espérons que l'on n'exerce pas aussi le pouvoir dans son seul intérêt.

"Interdit aux blancs": une nouvelle lâcheté dénoncée par Céline Pina

Le camp décolonial, interdit aux blancs et aux métissés, manifestation raciste décomplexée et outrancière sélectionne les personnes en fonction de leur couleur de peau et de leur pureté ethnique.

Le camp est interdit aux blancs parce que les blancs sont des salauds dominants comme tout bon Indigènes de la République et islamogauchistes le savent. Il est interdit aux métis, qui portent la marque de la domination du blanc sur leur peau et sont donc traître à leur race pour avoir accepté cette abomination qu'est le mélange.

C'est la deuxième année que cet événement raciste se tient et que presse et politique se taisent. Ne reste plus qu'à espérer que les associations organisatrices ne sont pas subventionnées par les pouvoirs publics: que ceux-ci ne sachent plus défendre l'esprit de notre constitution et de notre Nation est déjà très inquiétant, s'il s'avérait qu'ils soutenaient ceux qui travaillent à sa destruction, cela serait moralement impardonnable.

Voilà pourquoi VLR interpelle ici François Baroin, en tant que président de l'association des Maires de France et que des lettres similaires seront envoyées au Président de la République, au premier ministre et en fonction du lieu de l'événement, aux autorités locales responsables.

http://vivrelarepublique.fr/2017/08/action-vivre-la-republique-camps-dete-decolonial/

mercredi 2 août 2017

Les cocus du macronisme (début d'une longue série) - Épisode 1 par Laurent Sailly

Etat a décidé d'annuler par décret plus de 300 millions d'euros de dotations aux collectivités locales, comme le prouve le texte ci-dessous déniché par Méchant Réac. Emmanuel Macron avait pourtant promis le 17 juillet, lors de la Conférence nationale des territoires au Sénat, de ne pas toucher aux crédits alloués aux collectivités locales.

Je ne suis pas contre mais je m'interroge sur le procédé. J’avais cru comprendre que l’on faisait de la politique autrement.

Quand aux élus locaux, qu’ils se débrouillent pour boucler le budget de fin d'année ! Les maires des petites communes me comprendront.

JORF n°0169 du 21 juillet 2017
texte n° 22

Décret n° 2017-1182 du 20 juillet 2017 portant ouverture et annulation de crédits à titre d'avance

Le Premier ministre,
Sur le rapport du ministre de l'action et des comptes publics,
Vu la loi organique n° 2001-692 du 1er août 2001 modifiée relative aux lois de finances, notamment ses articles 13 et 56 ;
Vu la loi n° 2016-1917 du 29 décembre 2016 de finances pour 2017 ;
Vu l'avis de la commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire de l'Assemblée nationale en date du 18 juillet 2017 ;
Vu l'avis de la commission des finances du Sénat en date du 19 juillet 2017 ;
Le Conseil d'Etat (section des finances) entendu,

Décrète :

Article 1: Sont ouverts à titre d'avance, pour 2017, des crédits d'un montant de 2 809 317 249 € en autorisations d'engagement et de 3 041 541 372 € en crédits de paiement applicables aux programmes du budget général mentionnés dans le tableau 1 annexé au présent décret et inscrits sur des titres autres que celui des dépenses de personnel.

Article 2: Sont annulés à cette fin, pour 2017, des crédits d'un montant de 2 809 317 249 € en autorisations d'engagement et de 3 041 541 372 € en crédits de paiement applicables aux programmes du budget général mentionnés dans le tableau 2 annexé au présent décret et inscrits sur des titres autres que celui des dépenses de personnel.

Article 3: Le ministre de l'action et des comptes publics est chargé de l'exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

Fait le 20 juillet 2017.

Edouard Philippe

Par le Premier ministre :

Le ministre de l'action et des comptes publics,

Gérald Darmanin

mardi 1 août 2017

Fatiha Boudjahlat : La France, tu la respectes ou tu vas vivre ailleurs

http://vivrelarepublique.fr/
Fatiha Boudjahlat, co-fondatrice du mouvement "Viv(r)e la République" était l'invité ce 1er août dans #LaMatinaleEte de Juilien Desvages. Elle revient sur la polémique suscitée par le boxeur Patrice Quarteron qui s'est drapé du drapeau français après une victoire en boxe Muay thai.
Voir la vidéo de Fatiha Boudjahlat et lire les commentaires toujours intelligent de Céline Pina.
Céline Pina : "Pour une premier fois à la télévision, sur un sujet délicat, Fatiha Boudjahlat est comme d'habitude claire, fine, posée, intelligente et pedagogique. Prenez le temps de l'écouter, cela ne dure que 7 mn mais avec Fatiha le temps est toujours bien utilisé.
Mention spéciale pour son refus de se voir renvoyer, comme de voir Patrice Quarteron, renvoyé à ses origines : "la traçabilité ça m'importe pour ce que je mange mais cela ne n'intéresse pas quand on parle des hommes".
Belle explication du conflit de loyauté délétère dont les jeunes sont victimes: en leur demandant de magnifier leurs origines et de détester la France, des idéologues irresponsables, qu'ils soient de la mouvance indigéniste ou islamiste les conduisent droit dans le mur. Ils leur donnent les outils pour construire leur échec personnel et exploitent ainsi le ressentiment qui en découle.
Belle explication sur le fait que quand on exhibe son appartenance à un pays comme un lien de honte et de souffrance, il faut se demander pourquoi on y reste. Quand on professe la haine de la France et un amour immodéré pour le pays de ses parents, pourquoi rester? Peut-être parce que au fond de soi on sait que dans le pays que l'on magnifie, il n'y a pas d'aides sociales, on n'est pas pris en charge dans le malheur, la vieillesse, la maladie, que l'avenir est encore plus bouchée qu'au fin fond de la banlieue... Alors plutôt que de se construire dans la haine et le rejet pourquoi ne pas apprendre à trouver sa place dans son pays d'accueil. La France est un pays tolérant et accueillant et les attaques qu'elle subit n'ont pas changé ces fondamentaux-là."

samedi 29 juillet 2017

Le C.S.A. rêve-t-il d’un retour à la bonne vieille censure de l’O.R.T.F. ? Par Laurent Sailly


Je n’ai pas honte de le dire : j’aime bien Hanouna ! Certes, j’ai détesté la séquence au cours de laquelle il « a eu recours à de nombreux clichés et attitudes stéréotypées sur les personnes homosexuelles » (pour reprendre les termes du CSA). J’ai assisté, comme nombre de téléspectateurs, à ces échanges qui n’étaient ni drôle, ni juste. En regardant ces séquences, alors que je ne suis pas un professionnel de la télévision, j’ai tout de suite compris qu’on assistait à un dérapage en direct. Pourquoi personne (ses chroniqueurs pendant les pauses publicitaires ou le rédacteur en chef de l’émission en régie ne sont-ils intervenus pour lui dire d’arrêter ?). La chaine devait être sanctionnée. Elle l’a été. Sévèrement. Justement.

Depuis il s’est excusé, il a reconnu ses erreurs. 
Hanouna est à la télévision ce qu’a été Christophe Dechavanne dans les années 1990. C’est le dernier animateur à faire des émissions en direct. C’est le dernier à inventer des concepts. Pas toujours de bon goût.
Mais pourquoi cet acharnement contre l’animateur de C8 de la part du CSA ?
Olivier Schrameck est président de l’instance de contrôle de l’audiovisuelle depuis en janvier 2013, nommé par le président François Hollande. Homme de gauche, Olivier Schramek est un haut fonctionnaire, dans « l’ombre des cabinets ministériels » (Dans l'ombre de la République : les cabinets ministériels, Dalloz, Paris, 2006) depuis 1981. Vincent Bolloré est un industriel et homme d’affaires français, président du groupe Bolloré, proche de Nicolas Sarkozy. Jusque-là, le conflit a toujours tourné à l’avantage de l’industriel.

Mais appartient-il au président du CSA d’utiliser l’instance qu’il dirige pour régler ses comptes ? Permettez-moi d’en douter.
Dans un article intitulé, « A quoi sert le C.S.A. ? », l’avocat G.W. Goldnadel répond : « Il ne sert pas à surveiller les dérapages des gangsta’ rap tels qu'on peut les voir quotidiennement sur les vidéos-clips des chaînes musicales où, en boucles, nos jeunes admirent des caïds de banlieue idéalisés ridiculiser des flics détestables ou se pavaner aux côtés de créatures ravalées à l'état de marchandises. Il est vrai que peu de ligues féministes ne doivent souvent s'en effaroucher, réservant leur ire vigilante aux vieux mâles blancs tellement plus haïssables. » Et de compléter dans un article, « Angot, dérive de l'émission politique : L'étrange silence du CSA » :

« Depuis que le service public audiovisuel de l'information est impunément aux mains de l'idéologie gauchisante, il n'est nul besoin pour un cabinet noir d'avoir à insister pour répandre quelques informations désagréables pour l'adversaire, l'assistance sera empressée autant que mécanique.

Ainsi on peut s'étonner que David Pujadas, ordinairement mieux inspiré, ne se soit soucié que de faire taire le public mais jamais d'installer un dialogue entre Christine Angot et François Fillon. Madame Angot refusant explicitement de débattre et installant une atmosphère de tribunal révolutionnaire devant des téléspectateurs encore sidérés de tant de violence et de parti pris.

(…)

Aujourd'hui, voilà le tranquille Jean-Pierre Pernaut de TF1, morigéné pour avoir, entre un sujet sur les SDF et un autre sur les migrants osé lancer : « Voilà, plus de places pour les sans-abri, mais en même temps les centres pour migrants continuent à ouvrir partout en France ».

On avait connu pire insanité nullement sanctionnée. L'appel de Ruquier à assassiner un président américain. Ou ces phrases dénoncées au CSA par l'un de mes correspondants qui m'a demandé de m'en saisir.

Nous sommes le 24 novembre. Mon correspondant, fondateur d'un des plus importants instituts de sondages, est dans sa voiture à écouter France Inter. Il est 11h30. Parmi quelques saillies : à propos des candidats Fillon et Poisson : « pour prouver lequel des deux est le plus catholique, ils vont se faire sucer par des gosses ».

Et encore : « … C'est comme le ver solitaire, quand on a fait le con pendant cinq ans, il part du Fillon quand tu arrives à chier ».

Le citoyen-auditeur-contribuable de cette radio de service public a recommandé son courrier au président du CSA qui ne lui en a pas encore accusé réception après quatre mois. Sans doute considère-t-il qu'à 11 heures et 30 minutes du matin il était impossible qu'un enfant écoute la première antenne radiophonique nationale ».

Quel avenir pour la haute autorité audiovisuelle ?

jeudi 27 juillet 2017

Jean-Luc et le dictateur de Caracas : silence on tue !


Deux jours de grève générale ont commencé mercredi pour faire annuler l'élection des membres de l'Assemblée constituante que veut organiser le gouvernement chaviste de Nicolas Maduro dimanche. Cette Assemblée constituante est le dernier va-tout que le gouvernement vénézuélien a imaginé pour faire taire la vague de contestation qui agite le pays depuis plus de quatre mois pour réclamer son départ. Au total 105 personnes y ont été tuées, deux hommes de 16 ans et 30 ans ayant encore perdu la vie mercredi. Le pays est au bord de la guerre civile.


L'ONG Foro Penal, qui évalue à 4.500 le nombre d'arrestations, assure qu'un millier de personnes sont toujours détenues, dont quelque 300 sur ordre des tribunaux militaires. La Procureure générale du Venezuela, Luisa Ortega, principale figure de la contestation au sein même du camp chaviste (du nom d'Hugo Chavez, président de 1999 à son décès en 2013 et mentor de Nicolas Maduro), a dénoncé les violences exercées par les forces de l'ordre.


L’actuel député et président de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, reste étrangement silencieux. L’ex-candidat à la présidentielle avait, dans son programme, projeté d’intégrer la France à l’alliance bolivarienne (voir l’article de Méchant Réac à ce sujet). Celui-ci ne manque jamais de citer en exemple le Venezuela comme symbole démocratique.
Veut-il revoir sa position et dénoncer clairement le régime de Maduro ?

Moralisation : progrès ou épée de Damoclès ? par Philippe Bilger

Qui peut être assez bête, assez cynique ou assez suicidaire pour s’opposer à un projet de moralisation de la vie publique même s’il n’est pas le premier et ne sera sans doute pas le dernier ?

On ne peut décemment pas résister à ce qu’il y a de bonne volonté, de sincérité et d’authentique souci de l’éthique dans les intentions gouvernementales. Qu’elles ne soient pas totalement pures, je l’admets mais l’inspiration est positive.
La présentation de cette loi en discussion à l’Assemblée nationale a été maladroite. Comme s’il s’agissait d’incriminer globalement la classe politique en mettant tout le monde dans le même sac. La majorité des élus qui est impeccable et exerce un beau et difficile métier au service de la communauté et les quelques-uns qui l’ont dévoyé. La conséquence en est que cette exigence de rectitude morale qui devrait être évidente est contestée non pas parce qu’elle serait choquante en elle-même mais à cause de la confusion qu’elle risque d’opérer entre la masse des meilleurs et les rares pires.
Par ailleurs, le gouvernement s’est très vite aperçu à son détriment que la pureté est malaisée à trouver et relève parfois d’une recherche désespérée. Il y a des passés emplis d’ombres et des présents sujets à caution. Cette banalité ne devient préjudiciable qu’à partir du moment où le pouvoir qui prétend se camper en parangon de vertu dans tous les registres est lui-même pris dans des contradictions qui manifestent qu’il n’a pas plus de leçons à donner que ses adversaires.

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mercredi 26 juillet 2017


Non mon Père, je ne tendrai pas l’autre joue !


Je ne suis pas croyant pourtant je suis profondément chrétien. Parce que c’est ma culture, parce que c’est la culture de mon pays depuis le Vème siècle, parce que ce sont les racines de ma famille. Je suis chrétien comme je suis européen et français. Ce n’est pas antinomique.

Je suis chrétien et déterminé à défendre ma vie et celles de mes proches, de ma famille, de mes amis, de tous ceux qui veulent vivre en paix en France. Je ne laisserai pas les massacres se multiplier, sans pour autant faire d’amalgame, sans stigmatiser les musulmans de France.
Car nous avons à faire avec des voyous qui n’ont rien à voir avec la Religion. Nous avons à faire à des voyous qui veulent détruire la République, la Démocratie. Contre ceux qui veulent détruire la Démocratie il faut un régime d’exceptions où les lois de la démocratie et le droit commun ne s’appliquent pas.

Ce n’est pas de la haine, ce n’est pas de la vengeance, c’est de la légitime défense.
Je suis chrétien, mais non mon Père, je ne tendrai pas l’autre joue.

Laurent SAILLY

mardi 25 juillet 2017

Il n'y a pas de malédiction élyséenne ! par Philippe Bilger

D'aucuns se posent la question d'une "malédiction élyséenne" avec la chute de dix points d'Emmanuel Macron dans un récent sondage (Figaro Vox). Comme si le pouvoir suprême par lui-même était condamné à son propre déclin.

Pourtant, à bien y regarder en comparant les débuts des précédents quinquennats avec ceux de l'actuel, on retrouve un dénominateur commun qui est tout simplement la "malédiction" du réel ou en tout cas son irruption dans les illusions ou les promesses des campagnes même les plus honnêtes. D'un coup, l'enchantement suscité par le virtuel se brise sur un réel qui ne fait pas de quartier. Presque mécaniquement, le heurt du projet sur le présent du pays, l'éventuelle découverte de "cadavres budgétaires" dans le placard entraînent une diminution de l'adhésion collective.
D'autant plus que jusqu'à nouvel ordre, notre vie politique n'a pas encore connu ce miracle d'une campagne présidentielle qui promettrait moins qu'elle ne tiendrait. Une quasi impossibilité que cette répudiation de la démagogie et cette audace de la mesure et de la modestie !

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vendredi 21 juillet 2017

Les mots ont un sens : comment sommes-nous passés de « moraliser la vie politique » à « réguler la vie publique » ?


La presse, les think-tanks parlent dans leurs articles plus facilement de « moraliser la vie politique » (Iref, Le Monde, Capital, FranceInfo, Libération…). Quelques jours avant sa retraite politique, le député René Dosière enregistre une proposition de loi « de moralisation de la vie politique ».
Pour autant, pendant la campagne présidentielle, Emmanuel MACRON (page 26) s’engage à présenter plusieurs textes visant à « moraliser la vie publique » afin de "renforcer le lien qui existe entre les citoyens et leurs représentants".
En substituant le terme de « vie publique » à « vie politique », Emmanuel MACRON (et la classe politique dans son ensemble) semble élargir le champ d’action du futur texte. En fait, « vie publique » s’oppose à « vie privée ». Tout citoyen a (ou devrait) avoir une « vie politique » (dans le sens grec du terme) mais n’a pas forcément une « vie publique ». D’autre part, en faisant disparaitre le terme « politique », le législateur éloigne le sentiment populaire du « tous pourris ».
Présentée le 14 juin en Conseil des ministres et déposée le même jour devant le Sénat, le ministre de la Justice, M. François BAYROU, présente un projet de loi organique et un projet de loi ordinaire « rétablissant la confiance dans l'action publique ».
La rédaction du texte appelle plusieurs réflexions. En premier lieu, il s’agit de rétablir la confiance. La confiance a été « perdue » il faut la retrouver. En second lieu, les citoyens n’auraient pas perdu confiance dans la vie publique (le terme politique disparaît définitivement) mais dans l’action publique. L’analyse du rédacteur de la loi est juste. Les Français reprochent les agissements de leurs représentants et non l’environnement dans lequel ils évoluent.
Le rapporteur de la commission des lois du Sénat ayant rappelé qu'une trentaine de lois relatives à la régulation de la vie publique avait déjà été adoptée depuis 1985, la commission a souhaité retenir un intitulé plus sobre et le 13 juillet 2017, le Sénat adopte un projet de loi organique et un projet de loi ordinaire intitulés « pour la régulation de la vie publique ».
En effet, pour la commission sénatoriale, s’est dite surprise voir « heurter » par les expressions de « moralisation de la vie publique » et de « rétablissement de la confiance dans l'action publique » employées dans les intitulés comme dans les exposés des motifs du texte gouvernemental. D’abord elles sont susceptibles, nous dit le rapporteur, de « donner lieu à des interprétations inappropriées » (suivant ainsi l’avis du Conseil d’Etat du 12 juin 2017). Ensuite, ces expressions accréditeraient l'idée selon laquelle rien n'a été fait depuis des années pour réguler l'action publique. Effectivement, depuis 1985, une trentaine de lois ont été adoptées (cumul des mandats, financement des partis politiques, lutte contre la corruption, transparence de la vie publique, encadrement de l'exercice des mandats électifs). Enfin, du précédent constat, les sénateurs invitent les rédacteurs du texte de loi, à l’humilité « qualité qui fait cruellement défaut (…) à l'intitulé des deux projets de loi. »

L’aveuglement sénatorial est flagrant. Les sages du palais du Luxembourg considèrent que la confiance n’est pas perdue et seuls des ajustements sont nécessaires. En rétablissant la notion de « vie publique », ils n’incriminent pas l’action en elle-même (responsabilité active et personnelle) mais mettent en cause une responsabilité passive et collective (c’est l’environnement dans lequel ils évoluent qui est la cause des dérives : le fameux « système »).

Le 20 juillet 2017, la commission de l’Assemblée nationale présente les deux textes, organique et ordinaire, sous l’intitulé « pour la confiance dans la vie publique. »

Les députés adoptent une position intermédiaire. Plus jeunes (en âge, en expériences politiques) et plus près de leurs électeurs, ils ont consciences qu’il y a une perte de confiance. Par contre, la responsabilité est collective. Le système a perverti leurs prédécesseurs. Les nouveaux élus (de tout bord) se déclarent tous antisystème.

Bien sûr, à la fin ce qui comptera ce sera le texte. Mais cette volonté des hommes politiques de peser chaque mot doit nous appeler à la plus grande vigilance. Je reviendrai régulièrement sur l’évolution des termes employés par nos représentants avec l’espoir d’avoir enfin une loi portant sur « la moralisation de l’action politique » !


2017 © Laurent SAILLY pour Méchant Réac ! ®

N'oublions pas.