mardi 20 juin 2017

La démocratie française dans un drôle d'état


Par Laurent SAILLY

L’abstention est le premier revers politique d’Emmanuel Macron.

L’élan populaire d’En-Marche, grossi artificiellement par la loupe médiatique, s’est brutalement interrompu dès le premier tour des législatives où les candidats LREM et leurs alliés ont recueilli moins de voix que le candidat Macron au premier tour de la présidentielle. Le taux historique de l’abstention au deuxième tour des élections législatives a confirmé cette vision.

Cette abstention massive traduit-elle une insubordination civique ou un consentement tacite ?

Le quinquennat et l’inversion du calendrier électorale donnent le sentiment que tout est joué à l’issue de l’élection du chef de l’Etat. Nous sommes en 2017 comme en 2002 : Jacques Chirac avait réalisé un score faible au premier tour de la présidentielle (19,9%), un très large soutien des forces républicaines face au candidat F.N. au second tour, pour obtenir une large majorité à l’Assemblée nationale (365 députés).
Si ce qui est exposé ci-dessus constitue en partie une des raisons de l'abstention, celle-ci est l'expression également d'une manifestation contre l'offre politique. J'en veux pour preuve d'abord que les Français qui voulaient voter ont eu recours massivement au vote par procuration, ensuite il faut souligner l'importance des votes blancs et nuls, enfin, toutes les enquêtes du CEVIPOF soulignent l'intérêt des Français pour la politique (confirmé par la fréquentation  des meetings et par l'audimat des émissions politiques notamment des débats).

Emmanuel Macron est, certes, moins tenu par les baronnies locales que l’était le président Chirac. Son sort est-il plus enviable ? Je ne crois pas. L’enracinement territorial des primo-députés est une faiblesse dans l’organisation jacobine de notre pays d’une part, et l’abstention fragilise la légitimité de leur élection d’autre part.

Comme la Révolution française s’était faite sans le peuple (certains historiens ont parlé de « Révolution bourgeoise »), la « Révolution » menée pat Emmanuel Macron s’est faite sans les électeurs pour qui elle semblait écrite. Ainsi, l’épisode électoral de 2017 s’est-il déroulé sans les jeunes (18-35 ans), sans les ouvriers, sans les employés. Emmanuel Macron doit son élection aux cadres, aux professions intellectuelles supérieurs et au plus de 60 ans.

Nous avons la confirmation de cette structure socio-culturelle dans la composition de l’Assemblée nationale. Celle-ci, plus jeune, plus féminine, n’est pas plus populaire, pas plus représentative. La « Révolution macroniste » est un leurre. La capacité des tenants de « l’ancienne politique » ne trouvant aucune difficulté à trouver sa place dans un nouveau système qui n’en a que le nom. Il n’y a qu’à voir le profil des « députés novices » de LREM. Le renouveau se fait par le « haut » avec des élus, qui pour beaucoup, ne sont pas des novices en politique. Renouveau qui aurait de toute façon eu lieu sans l’effet Macron d’une part liée à l’épuisement de certains parlementaires qui ne souhaitaient pas se représenter et, d’autre part, par l’application de la loi sur le non cumul des mandats.

L’échec électoral des « vieux partis traditionnels » (P.S. qui subit un coup de Trafalgar, et L.R. qui connaît une victoire à la Pyrrhus) risque de nuire aux débats parlementaires en laissant face à des primo-députés, un  peu tendres, un  peu naïfs, des ténors d’envergure nationale du type Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, Clémentine Autain et Gilbert Collard, entre autres.

La Constitution de 1958 rappelle justement dans son article 4 :

« Les partis et groupements politiques concourent à l'expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie.
Ils contribuent à la mise en œuvre du principe énoncé au second alinéa de l'article 1er dans les conditions déterminées par la loi.
La loi garantit les expressions pluralistes des opinions et la participation équitable des partis et groupements politiques à la vie démocratique de la Nation. »

La question est alors : peut-on se passer des parti politiques ? Qu’est-ce que la « société civile » ?

Des parties politiques sortent des individus qui, ayant gravi les échelons un à un, et accèdent, alors combien même ils sont issus de milieux modestes, aux responsabilités. Composés de membres d’origines sociales différentes, les partis politiques, parce qu’ils dépendent d’une direction collégiale, assurent le respect de l’intérêt général. Il est à craindre, que des élus « société civile » soit plus tentés (ou poussés) à défendre l’intérêt de leurs semblables.

Pourtant, le reproche fait aux partis de défendre des intérêts partisans est bien fondé. Que s’est-il donc passé ? La professionnalisation de la politique, la formation stéréotypée des hommes politiques, la surmédiatisation de l’activité politique ont profondément modifier la perception du temps (devenu très court) et, poussé les électeurs à rechercher l’homme providentiel. Or celui-ci n’existe pas, le temps politique n’est pas celui des médias. La déception ne peut être qu’au bout du chemin. Cela est d’autant plus vrai dans le système politique de notre pays où les électeurs veulent une direction du type anglo-saxon, mais avec une discipline méditerranéenne. Il faut remarquer que, la chute du mur de Berlin en 1989 et les crises financières des années 2000 ont mis fin aux idéologies que portaient nos partis politiques. Le protestantisme anglais, favorable au libéralisme économique, et le syndicalisme allemand, favorable à l’entreprise, ont facilité la mutation intellectuelle des élus et des électeurs. Ajoutez à cela un méconnaissance (même basique) des, principes économiques fondamentaux de nos concitoyens et vous générerez une attente des électeurs est trop forte et leur implication trop faible.

Politiquement (et économiquement) les Français ne sont pas entrés dans le XXIème siècle. La présence aux élections présidentielles de trois candidats d’extrême-gauche et de deux candidats d’extrême-droite témoignent de ce décalage.

La pauvreté du débat politique, l’accumulation des « affaires », l’incapacité du pouvoir a lutter contre le chômage, l’insécurité, le terrorisme, les incivilités, les inégalités sociales, la perte du pouvoir d’achat ont fait le reste.

Aujourd’hui, nos institutions sont à bout de souffle. La démocratie agonise. Il est temps de changer de régime politique : c’est ce que je propose dans ma proposition de loi "Pour un nouveau pacte républicain entre des élus engagés et de électeurs responsables."

lundi 19 juin 2017

Législatives 2017 - Paris, Ile-de-France : les faux novices de la République en Marche



Sylvain Maillard, La République en Marche, a été élu dimanche député de la circonscription de Paris avec 50,81% des voix au premier tour des législatives 2017. C'est le seul candidat en Ile-de-France à avoir été élu au premier tour.
Il n'est pas novice en politique même s'il n'a jamais été député. Il est adjoint au maire dans le 9e arrondissement de Paris. Militant pour l'UDF, membre de l'UDI, il y a vingt ans, il participait déjà à la campagne présidentielle de Jacques Chirac.

Benjamin Griveaux, La République en Marche, a été élu dimanche député de la cinquième circonscription de Paris avec 56,27% au second tour des législatives 2017.
Il n'est pas novice en politique. Il a été élu conseiller général dans sa ville natale, à Chalon-sur-Saône, en 2008, et il a eu la responsabilité de l'ensemble des politiques sociales du département. A son arrivée à Paris, il s'engage en politique dans le 3e arrondissement. Il rejoint Michel Rocard dans le club de réflexion "A gauche en Europe" dès sa création en 2003.

Pacôme Rupin, La République en Marche, a été élu dimanche député de la septième circonscription de Paris avec 55,9% au second tour des législatives 2017.
En 2014, il est élu au Conseil d'arrondissement à la mairie du 4e.

Buon Huong Tan, La République en Marche, a été élu dimanche député de la neuvième circonscription de Paris avec 55,26% au second tour des législatives 2017.
Il n'est pas novice en politique. Il est adjoint au maire PS du 13e depuis 2008. Il est chargé du développement économique et du tourisme. Depuis 2014, il est conseiller (indépendant) de Paris.

Anne-Christine Lang, La République en Marche, a été élue dimanche députée de la dixième circonscription de Paris avec 60,11% au second tour des législatives 2017.
Elle n'est pas novice en politique : elle est députée depuis trois ans. Conseillère de Paris, elle a pris en charge la petite enfance, les collèges puis l'innovation sociale dans le 13e arrondissement de Paris.

Marielle De Sarnez, MoDem - La République en Marche, a été élue dimanche députée de la onzième circonscription de Paris avec 63,51% au second tour des législatives 2017.
Elle commence à s’intéresser de près à la politique en 1973 et participe activement à la campagne présidentielle de 1974 qui porte Valérie Giscard d'Estaing à l’Elysée. Ce sera l’une des responsables du mouvement de jeunesse de l'UDF, les Jeunes Giscardiens. De 1993 à 1997, elle est d'abord conseillère, puis devient directrice de cabinet de François Bayrou au ministère de l'Éducation nationale. Elle est députée européenne depuis 1999 et vice-présidente du MoDem. Elle s'est engagée auprès d'Emmanuel Macron pour la présidentielle 2017. Elle a été nommée ministre chargée des Affaires européennes le 17 mai 2017

Olivia Grégoire, La République en Marche, a été élue dimanche députée de la douzième circonscription de Paris avec 56,36% au second tour des législatives 2017.
Elle a fait partie du cabinet ministériel de Jean-Pierre Raffarin et de Xavier Bertrand.

Annie Vidal, candidate de La République En Marche, a été élue dimanche députée de la 2e circonscription de Seine-Maritime avec 60.54% des voix en battant Françoise Guégot, la députée Les Républicains sortante, au second tour des élections législatives 2017.
Elle est devenue conseillère municipale d'opposition à Bonsecours en 2014.

Xavier Batut, candidat de La République En Marche, a été élu dimanche député de la 10e circonscription de Seine-Maritime avec 61.72% des voix en battant Stacy Blondel, candidate Front National, au second tour des élections législatives 2017.
Candidature sur une liste divers droite aux élections municipales de 2014 à Cany-Barville

Aude Luquet, La République en Marche, a été élue dimanche députée de la première circonscription de Seine-et-Marne avec 56,7% au second tour des législatives 2017.
Elle a été conseillère régionale et conseillère municipale MoDem à Melun. C'est la deuxième fois qu'Aude Luquet se présente à une élection législative.

Rodrigue Kokouendo a été élu dimanche député de la septième circonscription de Seine-et-Marne avec 61,48% au second tour des élections législatives 2017.
Il a été élu conseiller municipal de Villeparisis de 2008 à 2014. Il a été suppléant de la candidate socialiste en 2012.

Michèle Peyron, La République en Marche, a été élue dimanche députée de la neuvième circonscription de Seine-et-Marne avec 54,27% au second tour des élections législatives 2017.
Elle a été élue conseillère municipale PS dans le Var.

Didier Baichère, La République en Marche, a été élu dimanche député de la première circonscription des Yvelines avec 51,06% au second tour des législatives 2017.
Depuis 2014, il est un élu de l'opposition au conseil municipal de Versailles.

Jean-Noël Barrot, La République en Marche, a été élu dimanche député de la deuxième circonscription des Yvelines avec 58,30% au second tour des législatives 2017.
Il est élu du Conseil départemental de Haute-Loire. Jean-Noël Barrot est le fils de Jacques Barrot, ancien ministre de Jacques Chirac et de Valéry Giscard d'Estaing, mort en 2014. Son père et son grand père ont été députés.

Marie Lebec, La République en Marche, a été élue dimanche députée de la quatrième circonscription des Yvelines avec 61,39% au second tour des législatives 2017.
Elle a été attachée parlementaire d'un député à l'Assemblée nationale.

Michèle de Vancouleurs, La République en Marche, a été élue dimanche députée de la septième circonscription des Yvelines avec 55,57% au second tour des législatives 2017.
Elle est adjointe au maire (MoDem) à la vie des quartiers, à Poissy.


Marie-Pierre Rixain, La République en Marche, a été élue dimanche députée de la quatrième circonscription de l'Essonne avec 57,75% au second tour des législatives 2017.
Elle est diplômée de Sciences Po Toulouse. Elle va travailler aux côtés du député Jacques Barrot décédé en 2014.




Jacques Marilossian, La République en Marche, a été élu dimanche député de la septième circonscription des Hauts-de-Seine avec 57,81% au second tour des élections législatives 2017.
Il a été conseiller municipal PS à Saint-Cloud jusqu'en 2014.






Maud Petit, La République en Marche, a été élue dimanche députée de la quatrième circonscription du Val-de-Marne avec 53,55% au second tour des élections législatives 2017.
Elle est conseillère municipale (UDI puis Modem) de Villiers-sur-Marne et remplaçante de la conseillère départementale Sabine Patoux dans le canton.

En 2012, il rejoint le cabinet du député-maire de Fresnes. En juin 2016, il fait partie du cabinet du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian. Il est conseiller municipal de Vincennes et ancien socialiste.


Isabelle Muller-Quoy, La République en Marche, a été élue dimanche députée de la première circonscription du Val-d'Oise avec 54,23% au second tour des élections législatives 2017.
Elle est adjointe au maire de Champagne-sur-Oise.

Il a aussi été conseiller politique et parlementaire de Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de l’Intérieur, notamment pendant l’examen et la mise en œuvre de la loi portant sur la coopération intercommunale. Dans sa commune de Méry-sur-Oise, il a été adjoint à l’urbanisme et président de l’agence de lutte contre les discriminations de la région Ile-de-France.

Nathalie Elimas, La République en Marche-MoDem, a été élue dimanche députée de la sixième circonscription du Val-d’Oise avec 57,11% au second tour des élections législatives 2017.
Elle est élue adjointe au maire de Margency en 2014, déléguée à la communication et à la culture. Elle devient conseillère régionale d'Ile-de-France en décembre 2015. Elle siège à la commission des finances et à celle des affaires européennes.

Dominique da Silva, La République en Marche, a été élu dimanche député de la septième circonscription du Val-d’Oise avec 53,88% au second tour des élections législatives 2017.
Il est le premier-adjoint du maire de Moiselles, délégué aux finances et au budget.

Aurélien Taché, La République en Marche, a été élu dimanche député de la dixième circonscription du Val-d’Oise avec 59,01% au second tour des élections législatives 2017.
En 2014, il devient conseiller auprès de la ministre du Logement Sylvia Pinel, fonction qu’il continuera d’occuper auprès d’Emmanuelle Cosse.

Législatives 2017 - Hérault, Haute-Garonne : les faux novices de la République en Marche


Patricia Mirallès (REM) a été élue ce dimanche députée de la 1re circonscription de l'Hérault. Conseillère municipale de Montpellier déléguée aux cultures urbaines, Conseillère territoriale à Montpellier Méditerranée Métropole.

Jean-François Eliaou (REM) a été élu député de la 4e circonscription de l'Hérault, il avait été candidat de l'Union de la droite aux élections départementales de 2015.

Philippe Huppé (REM) a été élu dans la 5e circonscription de l'Hérault, est maire d'Ardissan, vice-président de la communauté d'agglomération Hérault-Méditerranée, candidat UDI aux élections départementales.

Patrick Vignal, le député sortant de la 9e circonscription va retrouver son fauteuil. L'ex-socialiste profite de la vague "En marche"' pour être réélu .

Pierre Cabaré a été élu ce dimanche soir député de la 1re circonscription de Haute-Garonne. Il a milité à Cap 21, le parti écologiste de Corinne Lepage. A été candidat divers droite aux élections législatives de 2002.

Corinne Vignon est la nouvelle députée de la 3e circonscription de Haute-Garonne. Elle est maire sans étiquette de Flourens depuis 2014.

Mickaël Nogal a été élu ce dimanche député de la 4e circonscription de Haute-Garonne, c'est l'ancien attaché parlementaire du socialiste Christophe Borgel.

Jean-François Portarrieu est le nouveau député de la 5e circonscription de Haute-Garonne, il est ancien directeur de cabinet adjoint du maire socialiste de Toulouse Pierre Cohen. il a également été directeur de cabinet du Grand Narbonne.

Monique Iborra, députée sortante de la circonscription, est réélue députée de la 6e circonscription de Haute-Garonne.

Elisabeth Toutut-Picard élue députée de la 7e circonscription de Haute-Garonne, est adjointe (sans étiquette jusqu'en 2017) au maire de Toulouse en charge du développement durable.

Sandrine Mörch (La République en Marche) a été élue ce dimanche députée de la 9e circonscription de Haute-Garonne (Sud de Toulouse), elle a été conseillère municipale à Fenouillet puis Roquettes.

Législatives 2017 - Gard, Tarn : les faux novices de la République en Marche


Françoise Dumas, réélue, députée sortante de la 1ère circonscription du Gars, conseillère municipale de Nîmes.

Anthony Cellier a été élu ce dimanche député de la 3e circonscription du Gard, il est Conseiller municipal à Bagnols-sur-Cèze.

Olivier Gaillard élu député de la 5e circonscription du Gard. Conseiller départemental, adjoint au maire de Sauve et président de la Communauté de communes du Piémont Cévenol.

Philippe Berta a nouveau député de la 6e circonscription du Gard, a déjà été candidat aux législatives en 2012 pour le Modem.

Marie-Christine Verdier-Jouclas, élue dans la 2ème circonscription du Tarn. Son mari est Pierre Verdier, le maire de Rabastens.

Législatives 2017 - Aude, Aveyron, Gers : les faux novices de la République en Marche


Danièle HÉRIN, élue dans la 1ère circonscription de l'Aude, a été candidate aux Élections européennes de 2014. Lors des élections municipales de mars 2014, elle est élue au Conseil municipal de Carcassonne et devient 5e ajointe au maire.

Alain PEREA, élu dans la 2ème circonscription de l'Aude, est maire de Villedaigne.

Stéphane MAZARS, élu dans la 1ère circonscription de l'Aveyron, est adjoint au maire de Rodez depuis mars 2008 et a été sénateur de 2012 à 2014.

Anne BLANC, élue dans la 2ème circonscription de l'Aveyron, est depuis 2001, maire de Naucelle, présidente de l'intercommunalité, élue au conseil départemental en 2015.

Jean-René Cazeneuve élu député de la 1re circonscription du Gers, conseiller municipal et communautaire d'Auch.

Législatives 2017 - Isère : les faux novices de la République en Marche


Au second tour, "La République En Marche" rate le Grand Chelem en Isère : sur les dix circonscriptions, neuf députés ont l'étiquette REM mais la socialiste Marie-Noëlle Battistel sauve son siège dans la 4ème circonscription en inversant le score contre son ancien suppléant Fabrice Hugelé.

Olivier Véran (REM), a été élu député de la 1re circonscription de l'Isère avec 68.09% des voix. Il a été député pendant 3 ans (de 2012 à 2015).

Catherine Kamowski (REM) a été élue députée de la 5e circonscription de l'Isère avec 66.52% des voix ce dimanche 18 juin 2017. Rentrée en politique en 2001 comme conseillère municipale de Saint-Egrève puis elle a été élue maire (Sans Etiquette) en 2002. Elle siège à la Métropole de Grenoble dans le groupe des Non Inscrits.

Monique Limon (REM) a été élue députée de la 7e circonscription de l'Isère avec 51,85 % des voix. Elle est maire (sans étiquette) de Bressieux depuis 2015, un siège sur lequel elle s'était déjà assise entre 1989 et 1996.

Élodie Jacquier-Laforge (REM) a été élue députée de la 9e circonscription de l'Isère avec 60.25 % des voix ce dimanche 18 juin 2017, ancienne assistante parlementaire au Sénat de Jacqueline Gourault.

Marjolaine Meynier-Millefert (REM) a été élue dimanche députée de la 10e circonscription de l'Isère avec 64.62% des suffrages. Elle est depuis 2015 conseillère régionale. Son papa, Maurice Millefert, lui, a été candidat pour la droite aux cantonales de 2011 à Bourgoin-Jallieu.

Législatives 2017 - Moselle (9ème circo) : les faux novices de la République en Marche


Isabelle Rauch, 48 ans est conseillère départementale depuis 2008, d'abord sous l'étiquette PS puis sous celle de l'UDI. Mais c'est sous l'étiquette République en marche qu'elle a été élue dimanche en députée de la neuvième circonscription de Moselle avec 70,13% des voix. 

Législatives 2017 - Pyrénées-Orientales : les faux novices de la République en Marche


Les Pyrénées-Orientales ont quatre nouveaux députés. Trois d'entre eux sont des soutiens d'Emmanuel Macron et vont découvrir l'assemblée nationale.

Romain Grau, 1ère circonscription des P-O, E.N.A., premier adjoint au maire de Perpignan, conseiller départemental.

Laurence Gayte, 3ème circonscription des P.-O., adjointe du maire de Saint-Estève de 2010 à 2014.

Sébastien Cazenove, 4ème circonscription des P.-O., ancien directeur adjoint de l'association des maires des P.-O.

Législatives 2017 - Côte-d'Or: les faux novices de la République en Marche


Ce dimanche, vous avez voté pour les législatives en Côte-d'Or. Parmi les cinq élus, quatre accèdent pour la première fois aux fonctions de député. 

Didier Martin (REM), élu dans la 1ère circonscription face à la droite, adjoint à la ville de Dijon depuis 23 ans, délégué au tourisme et aux congrès.

Fadila Khattabi (REM), élu dans la 3ème circonscription face au FN, vice-présidente de la région en charge de l'apprentissage et de la formation professionnelle.

Yolaine de Courson (REM), élue dans la 4ème circonscription face à LR, maire d'Arrans.

Didier Paris (REM), élu dans le 5ème circonscription face à LR, il a exercé plusieurs missions auprès de François Patriat, d'abord lorsque celui-ci était au gouvernement, puis à la région. Sa suppléante, Anne Gaussens, est maire de Trouhans.

Législatives 2017 - Lot-et-Garonne : les faux novices de la République en Marche


Ce sont trois députés REM qui représenteront le Lot-et-Garonne à l'Assemblée nationale. Michel Lauzzana, Alexandre Freschi et Olivier Damaisin ont été élus dimanche députés du Lot-et-Garonne.

Pas vraiment des novices en politique !


Michel Lauzzana : Maire de Bon-Encontre et vice président de l'agglomération d'Agen.


Alexandre Freschi : Maire de Castelanu-sur-Gupie et vice-président de la communauté d'agglomération de Val de Garonne.

Olivier Damaisin : Ajoint au maire de Beauville et vice-président de la communauté de communes Porte d'Aquitaine-Pays de Serres. 

vendredi 16 juin 2017

Le Président, le traitre et l’idiocrate (fable)



Fable républicaine par Laurent SAILLY

Le Président ayant trahi tous ses amis,
Se méfiait des énarques comme des technocrates,
Il ne trouva donc pour travailler près de lui,
Qu’un traitre à sa famille et un vieil idiocrate.


Le jeune Président n’avait que pour seul trac,
Ayant retenu la leçon du précédant,
Voir s’accumuler les bourdes et les couacs,
Sottises, ânerie et gaffes de ses courtisans.


Mais le traitre était loin de là exemplaire,
Avec son patrimoine souvent peu transparent,
Et l’idiocrate impliqué dans moultes affaires,
L’un, l’autre jalousant les bonnes grâces du Président.


L’un obtenait Matignon en faisant le beau,
Reniant comme Pierre, mentors et retournant casaque,
Après une grosse colère, l’autre devenait garde des sceaux,
Les deux compères étaient à mettre dans le même sac.

L’inévitable accrochage des deux frères ennemis,
A la première occasion se manifesta,
Lorsque l’idiocrate voulu être juge et parti,
Le premier voulant mettre tout de suite l’autre au pas.

L’idiocrate dit alors : « J’ai fait le Président,
J’aurai même pu devenir le chef de l’Etat,
Je ne dois rien à celui du gouvernement ? »
Béarnais et Normand la sauce ne prenait pas.

Laissant les tristes compères à leurs casseroles,
Le Président sans tâche restait loin du combat,
Lui qui pourtant était friand de sa parole.
Dans un mutisme assourdissant il resta.

Ayant mis en marche son implacable mouvement,
Rayant d’un trait des partis depuis longtemps morts,
Tira la morale que la parole est d’argent,
Mais qu’en politique le silence, lui, est d’or.

Pour la défense de la cause des femmes


Par Laurent SAILLY
Sexisme ordinaire, violences physiques ou psychologiques, pressions sociales, le sort des femmes dans notre pays est en régressions et les conquêtes issues de l’après mai 1968 semblent remise en cause. Les Français, toujours en première ligne pour défendre leurs acquis sociaux (35 heures, Congés payés, Sécurité sociale…) se mobilisent peu pour la cause de leurs épouses, de leurs mères, de leurs filles.

Même les féministes de hauts rangs se perdent dans leurs combats. Elles mobilisent contre une campagne de publicité de la nouvelle Twingo (Renault - « le Twingo Nail Polish ») où la marque au losange propose aux femmes des vernis assortis à la carrosserie afin de réparer soi-même ses erreurs de conduite, ou contre le « manspreading » cette attitude (et habitude) vulgaire et sans gêne de certains hommes à s’assoir les jambes écartées (notamment dans les transports publics) et on ne compte plus les errements intellectuels de Caroline de Haas ou de Clémentine Autain qui font passer leur islamo-gauchisme avant la cause des femmes.

Pendant ce temps-là on se s’occupe pas des conditions salariées de celles-ci (toujours payées 20% de moins que leurs homologues masculins), des « frotteurs » du métro parisien (ces hommes qui se collent littéralement aux femmes) et de la situation de plus en plus dégradée des femmes et des jeunes filles contraintes dans leur tenue vestimentaire quand elles ne sont pas soumises au port de voile par pression sociale de quelques-uns qui n’ont rien à voir avec la religion (si ce n’est plus). L’adage même hérité de la « révolution sexuelle » des années 1970 selon lequel « mon corps m’appartient » est attaqué par les extrémistes de tout bord qui remettent en cause l’I.V.G., la contraception, la P.M.A. Les violences faites aux femmes et le viol entre conjoint sont aujourd’hui reconnus, pourtant une femme meurt tous les trois jours sous les coups de leur compagnon en France, et on dénombre plus de 10 viols par jour en France (« par jour » ce n’est pas une faute de frappe) – dont 2 dans le cadre du couple.

La République en Marche semble ouvrir (enfin) les portes de l’Assemblée Nationale aux femmes. Mais n’oublions pas qu’aucune femme, dans l’histoire de France n’a jamais été chef de l’état ! Sous la République, aucune femme n’a occupé les fonctions de Président de la République, de président du Sénat ou président de l’Assemblée nationale. Une femme, Edith Cresson a été premier ministre…  moins de 11 mois.

Qui prendra la relève de Simone Veil ou d’Elisabeth Badinter ?

Tout n’est pas perdu. Il convient d’être vigilant et je vous invite à lire les interventions courageuses de Céline PINA (www.celinepina.fr) ou d’écouter les colères saines de Zohra Bitan aux Grandes Gueules (RMC le 15 juin).


N.B. : Madame Nathalie KIOSCUISCO-MORIZET,députée et ancienne ministre de Nicolas Sarkozy a été violemment agressée hieralors qu’elle menait campagne pour le second tour des législatives. Ellesouffre d’un traumatisme crânien et est toujours hospitalisée à l’heure de larédaction de ces lignes. On en parle dans les médias mais rien à voir avec lematraquage suite à la gifle reçue par Manuel Valls il y a quelques mois. Lesdeux actes sont répréhensibles. Je dénonce cependant un  traitement à deux vitesses.


jeudi 15 juin 2017

Bloc-notes : la révolte des oubliés de la démocratie (I. Rioufol)

La révolution des dupes (1) se fera sans eux. Les oubliés de la démocratie se révoltent. Ces enracinés auraient pu espérer reprendre espoir, après la déroute d’une oligarchie insensible à leurs tourments existentiels. Mais l’histoire, habilement détournée par Emmanuel Macron, s’est arrêtée à mi-chemin. D’un coup d’épaule, le président a fait s’effondrer le vieux monde politique ; il ne tenait qu’à un fil. Il faut reconnaître au chef de l’État d’avoir réussi là, sans heurts, un bouleversement jubilatoire. La duperie est dans le jeu de bonneteau qui va faire entrer dimanche à l’Assemblée une jeune classe privilégiée semblable à l’ancienne, le professionnalisme en moins. La démocratie malade croyait avoir trouvé son rédempteur. Or le mal va s’envenimer. Parce qu’une partie du peuple a décidé de ne plus jouer le jeu (51,29 % d’abstentions au premier tour des législatives), une majorité absolue de sièges est promise à La République en marche (LREM), choisie dimanche dernier par 15 % des inscrits (32 % des voix). Le " bougisme" rafle la mise.
Une régression démocratique est à craindre. Un fort sursaut de participation est peu probable, au second tour, chez un électorat populaire retiré sur l’Aventin. Le déséquilibre dans la représentation nationale va s’aggraver. Il n’empêche pourtant pas des Républicains égarés de vouloir pactiser avec l’hypermajorité, rendue possible par un scrutin majoritaire à deux tours désormais explosif. Qui voudra entendre des voix dissonantes les trouvera moins chez les députés, majoritairement acquis à la pensée dominante, que sur les réseaux sociaux ou dans les rues. Quant au divorce entre les élites et le peuple, socle de la défiance, il sort renforcé par la sociologie des candidats LREM. Selon une étude (Cevipof), 68,6 % sont issus des classes supérieures. Les ouvriers, employés, artisans commerçants ne forment que 8,5 % des rangs de cette caste.
Des grévistes du vote ont pu choisir, certes, de ne pas faire obstacle à la valse des rentiers de la politique, insufflée par Macron. (La suite ici)

"Silence Coupable" de Céline Pina



Cent quarante-huit personnes sont tombées sous les balles du terrorisme islamiste en 2015, des milliers de jeunes sont radicalisés sur notre sol. À quelques kilomètres de Paris, certaines femmes ne vivent plus vraiment en France, ensevelies sous un linceul noir, assignées à résidence communautaire. La laïcité est combattue à l’école, à l’hôpital, dans les services publics comme dans les entreprises privées. On abandonne les Français de confession musulmane sous la coupe de l’obscurantisme. Les islamistes ne sont grands que parce que nos politiques sont à genoux. Cet abandon défait la promesse de paix, d’égalité et de prospérité que nous espérions léguer à nos enfants. Soyons notre propre espoir. Nous avons dans notre histoire, nos principes et nos idéaux de quoi redonner sens à notre monde et renvoyer les islamistes à leur obscurité, revendiquons-les et utilisons-les. Et alors nous serons grands parce que nous serons debout !



mercredi 14 juin 2017

L'abstentionnisme : premier parti de France (#LaDemocratieEnVeille ®)

#LaDemocratieEnVeille ®
https://drive.google.com/file/d/0BxKUdSkEKFR2U3pPc2JwY0EwMDA/view?usp=sharing

On allait voir ce qu'on allait voir.. et on a vu.

Emmanuel MARCON est "VIDI".
Edouard PHILIPPE a certainement "VICI".

Mais les électeurs ne sont pas "VINI".

L'effet "macron" n'a pas joué sur la
participation électorale. Au contraire. Plus de la moitié des électeurs ne se sont pas mis "en marche" vers les bureaux de vote. Et si le raz-de-marée macroniste est incontestable, les 3/4 des députés élus dimanche prochain ne représenteront que 15% des Français. Le chef de l'exécutif, de son côté n'a obtenu la confiance que d'un quart de nos concitoyens.

Emmanuel Macron ne remettra pas la "République en marche" s'il laisse "La Démocratie en veille"®. Dimanche soir dernier, les téléspectateurs étaient plus nombreux devant la énième rediffusion du premier opus "Les Bronzés" que pour les résultats électoraux.

Nos concitoyens marquent ainsi leur désintéressement pour la "chose" (en latin "res") "publique" (en latin "publica"). Que reste-t-il alors du "pouvoir" (du grec "kratein", "commander") de l'"ensemble des citoyens" (du grec "démos").

La politique ne se fera pas autrement sans une réforme profonde de nos institutions. La preuve, le gouvernement n'a pas un mois et déjà la suspicion porte sur trois ministres (François BAYROU, le ministre de la justice, Marielle DE SARNEZ, aux affaires européennes, et Richard FERRAND, ministre de la cohésion des territoires).

Il faut repenser la démocratie !


® "La Démocratie en veille" est une marque déposé par Laurent SAILLY.

lundi 12 juin 2017

Le macronisme aggrave la crise de la démocratie par Ivan Rioufol

Une révolution est en marche. Mais il est peu probable qu’elle s’arrête à la victoire législative annoncée du parti présidentiel. Ce succès n’est qu’une étape, dans un cycle inachevé. Avec une abstention historique de 51,3%, les 32,32 % du mouvement macronien ne représente que 15% du corps électoral. Pour autant, par le jeu du scrutin majoritaire à deux tours, les 4/5 e des sièges de l’Assemblée pourraient revenir aux candidats de La République en marche (LRM), à l’issue du second tour. Cette situation malsaine aggrave la crise de la démocratie sur laquelle Emmanuel Macron a construit sa stratégie de conquête. S’il a réussi à bousculer le vieux monde politique et ses partis vides de projets, le champ de ruine ainsi créé ne pourra se contenter d’une renaissance à travers un parti unique progressiste dans lequel une large partie du PS s’est déjà recyclée. Si l’on veut bien admettre comme toujours valables les diagnostics sur la crise de la représentativité et sur la rupture entre les élites et le peuple, les résultats de dimanche soir n’apportent aucune solution apaisante. Une fois de plus, les Oubliés se trouvent être les dindons de la farce démocratique. Elle a occulté les débats sur l’avenir de la civilisation au profit de préoccupations sur le PIB et la courbe de croissance. L’Assemblée de demain s’annonce plus éloignée encore du peuple. Une étude du Cevipof (L’Opinion, 9-10 juin) relève que 68,6% des candidats d’En Marche viennent des classes supérieures. A l’inverse, les ouvriers, employés et artisans-commerçants sont sous-représentés (8,5%). Une élite, à peine modérée par une société civile choisie et appelée à rentrer dans le rang, s’apprête à détenir tous les pouvoirs.
La fracture de la société reste entière, malgré cette étape dans la modernisation de la vie démocratique. Les abstentionnistes ont donné leur aval au renvoi des vieux acteurs de la politique, en laissant faire la poursuite des coups de balais amorcés avec la présidentielle. Pour autant, ces électeurs n’ont pas fait savoir qu’ils se reconnaissaient dans la macromania portée artificiellement par les médias. "Allez-y sans nous", ont dit en substance bien de ceux - dont moi, je l’avoue - qui ont refusé de jouer le jeu d’une élection infantilisée, incapable d’aborder les sujets sociétaux et sécuritaires qui engagent l’avenir de la cohésion nationale. J’ai déjà dit ici l’urgence qui sera celle, pour une droite assumée dans ses valeurs, de reconstruire une force capable d’équilibrer, avec un parti conservateur moderne, cet avatar de parti libéral américain qu’est le macronisme. En attendant, la France risque de se retrouver, dimanche, sans contradicteurs au parlement, hormis chez les extrêmes. S’il est élu dimanche, Thierry Solère (LR) a déjà annoncé avec quelques autres qu’il voterait la confiance au gouvernement. Cette démission d’une partie de l’opposition, qui s’ajoute à une position dominante de LREM, ne peut être vue que comme une provocation dans un pays incandescent. Il est à craindre que la rue ne serve d’alternative à une démocratie bloquée, confisquée aux mains d’une minorité privilégiée et déconnectée des souffrances humaines. Jamais en tout cas les réseaux sociaux, et les blogs, ne seront aussi nécessaires pour briser la pensée unique du parti unique d’un président "jupitérien".

La fracture démocratique par Maxime TANDONNET

Voici ma dernière tribune pour le Figaro Vox commentant les résultats du premier tour des législatives. Au premier degré, c’est vrai, la chute des plusieurs personnalités socialistes, l’effondrement du PS comme du FN constituent de vrais sujets de satisfaction ou de jubilation intérieure. Mais au-delà, ces élections confirment la tragédie de la vie politique française. Une participation inférieure à 50%, à l’occasion d’élections législatives témoigne de l’indifférence croissante des Français vis-à-vis de la chose publique. Ce taux d’abstention historique, pour des élections qui représentent la pierre angulaire de la démocratie française, est le signe de l’effondrement de cette démocratie, dans l’indifférence générale.  En toute logique, avec moins de 50% de participation, de telles élections devraient être considérées comme nulles. La victoire de LREM qui devrait remporter les quatre cinquièmes des sièges de députés, avec l’adhésion d’environ 16% du corps électoral, souligne jusqu’à la caricature l’absurdité du système politique français. Tel est le fruit de la personnalisation à outrance du pouvoir, du culte de la personnalité, d’un présidentialisme débilitant, de la destruction des débats d’idée et des projets, bref de la démocratie, à l’heure où celle-ci n’a jamais été aussi nécessaire dans le contexte du terrorisme, d’un chômage de 5,5 millions de personnes, de la crise migratoire, de la montée de la violence. Il est soit mensonger, soit stupide de considérer que « la France » soutient LREM. La France, 84% de la France,  est profondément écœurée et vient de marquer son indifférence face à la chose publique. Ce n’est pas LREM qui triomphe, c’est la classe politique française dans son ensemble qui s’effondre tout autour, comme à travers un vieux plancher vermoulu.  Le décalage entre d’une part l’euphorie et l’aveuglement médiatique et d’autre part, l’indifférence populaire est titanesque. Nous nous acheminons vers un pouvoir politique de plus en plus déconnecté du monde réel, privé de racines démocratiques, confiné dans une bulle de néant à la dérive, ballotée au gré du vent, toujours plus éloigné des préoccupations populaires. Le gouffre qui ne cesse de se creuser me paraît annonciateur d’une crise politique ou une crise de société dramatique et en train de couver derrière l’extase politico-médiatique en pleine déferlante.

dimanche 11 juin 2017

“Comment vivre au temps du terrorisme” par Alain BAUER (Vidéo)


Terrorisme. Pour Alain Bauer, professeur de criminologie au Cnam et aux universités de New York et de Pékin, “nous avons trop négligé ce qui faisait de nous des citoyens avec une culture, au nom d’un grand tout sans racines”. Entretien.

Propos recueillis par Louis de Raguenel. VALEURS ACTUELLES

Dans quel monde avons-nous basculé ?

La twitterisation des cerveaux a supprimé la perspective et favorisé l’instant. Nous vivons dans un monde déjà connu par le passé avec des cycles terroristes longs et des intermèdes très courts. Pour la première fois, les revendications politiques, territoriales, linguistiques ou seulement financières sont submergées par une demande impossible à satisfaire, car sans contenu terrestre. Nous vivons la revanche, peut-être la vengeance, de l’histoire et de la géographie, et une recherche féroce d’affirmation identitaire qui répond plus à des blessures narcissiques qu’à une revendication politique. Nous avons trop négligé ce qui faisait de nous des citoyens avec une culture, au nom d’un grand tout sans racines. On ne peut faire du multiculturalisme sans culture…

La DGSI et la DGSE qui se parlaient peu et se craignaient, avant les attentats qui ont frappé la France en 2015, se parlent-elles davantage ?

Indiscutablement, la relation, en ajoutant la DRM pour la partie militaire, est de bonne qualité. La DGSI a entamé sa mutation culturelle. La DGSE a assumé le partenariat et élargi son champ de partage de l’information. Au vu du nombre d’opérations de démantèlement de groupes ou de réseaux terroristes réussies au cours des derniers mois, l’efficacité s’est beaucoup améliorée. Il y a encore du chemin, mais on ne peut pas être aussi critique en 2017 qu’on l’était en 2015.

On dit souvent que la DGSI est submergée par la menace à laquelle elle doit faire face…

Il est rare d’avoir autant de cibles potentielles sur le territoire et de devoir gérer aussi les conflits importés de pays parfois lointains ; 90 % des attentats projetés n’ont cependant pas lieu du fait de l’amateurisme des opérateurs ou de l’efficacité des services ; 1 % échappera toujours par spontanéité ou par sophistication. Le reste devrait être empêché ou fortement perturbé en utilisant l’expérience opérationnelle des agents de terrain et la compétence conceptuelle des analystes. Mais pour cela, il faut accélérer la mutation en cours.

Voulue par Emmanuel Macron, la création d’une task force contre le terrorisme, réunissant les acteurs du renseignement, est-elle une bonne chose ?

On ne sait pas ce qu’il y a dedans. Si c’est en plus du capharnaüm actuel, on peut en faire l’économie. Si c’est à la place, ce pourrait être très utile. Cela a existé, notamment Alliance Base en France contre la direction de ce qu’on croit devoir appeler Al-Qaïda. Actuellement, il y a les cellules Allat ou Hermes. Ce sont des outils ciblés, agiles, efficaces. Mais ce n’est pas un conseil de sécurité nationale. Nous avions avec Michel Rocard décrit tout cela dans un long article en 2007 qui avait permis la réforme entamée par Nicolas Sarkozy en 2008. On peut sans doute progresser dans la coordination et l’action. Mais l’essentiel est ailleurs, dans la prévention et la qualité de l’analyse du renseignement.


J'AI LU POUR VOUS

Terrorisme : mettre des mots sur les maux.
" Ce que l'État Islamique tente désespérément, c'est affaiblir son adversaire au cœur. Attaquer la France dans sa diversité et pousser à l'affrontement fait partie de sa stratégie.
Voici pourquoi il nous a paru utile de publier ce guide, mi-outil pratique de " survie en milieu hostile ", mi-ouvrage permettant de s'y retrouver dans la confusion ambiante sur un sujet plus complexe qu'il n'y paraît. Certains, angoissés devant la multiplication des risques, peuvent avoir raison et apparaître lucides en parlant de guerre civile. Mais nous ne partageons pas leur pessimisme.
Face au terrorisme, on peut, c'est naturel, décider de se sauver. Tous les ouvrages et toutes les recommandations le disent : " S'échapper, se cacher, alerter ". Mais nous savons aussi que quelques individus plus courageux, des " héros ", ont réussi à désarmer l'agresseur du Thalys, abattre deux des terroristes du Bataclan mettant fin au massacre en cours, dévier le camion de Nice, etc. Et combien d'autres inconnus en Occident ont pu sauver des dizaines de vies ? Se sauver sans doute. Mais on peut aussi se demander si on peut sauver les autres.
La France apprend douloureusement à devenir vigilante, résiliente. Il lui faudra aussi se montrer résistante. "


Alain Bauer est criminologue, spécialiste des questions de sécurité urbaine. Auteur d'une quarantaine d'ouvrages sur la criminalité, il est consulté par Matignon et le ministère de l'Intérieur sur les questions de sécurité et de terrorisme. Christophe Soullez est criminologue, spécialiste de l'analyse des statistiques pénales et de la mesure de la performance policière. Il est chef du département de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales. François Freynet est consultant en sûreté urbaine. Il est avec Alain Bauer, le co-auteur de Vidéosurveillance et vidéoprotection (PUF, 2012) et auteur de Réussir la vidéosurveillance dans sa ville (Territorial, 2012).



N'oublions pas.