mercredi 31 mai 2017

Mortelle dérive

Maxime TANDONNET
https://drive.google.com/file/d/0BxKUdSkEKFR2U3pPc2JwY0EwMDA/view?usp=sharing
Il me semble que le régime politique français roule à l’abîme depuis longtemps et que son effondrement, par delà les néons aveuglant de la béatitude actuelle, ne fait que s’accélérer. La France a connu le désastre du « régime d’assemblée » en certaines périodes de la IIIe et de la IVe République. Contrairement à une caricature courante, la IIIe n’a pas toujours été un régime d’assemblée et elle a connu de grands moments de gouvernement parlementaire efficace (Pierre Waldeck Rousseau par exemple ou Clemenceau bien sûr). Le régime d’assemblée, quand il a sévi, produisait une vertigineuse instabilité politique. Le pouvoir était confisqué par une caste de parlementaires, professionnalisée, qui songeait avant tout à se perpétuer. La Ve République en 1958 fut bâtie contre cet excès. Le Parlement en est sorti affaibli. Pourtant, même s’il est impossible de raconter toute l’histoire, il existait vraiment jusqu’au tournant des années 2000, exerçait un rôle d’initiative, de débat et de contrôle de l’exécutif, surtout en certaines périodes difficiles.
En ce moment, surtout depuis l’instauration du quinquennat, le Parlement est en train de disparaître étouffé. 









Mme Cécile DUFLOT a déposé une proposition de loi afin d'obliger la France à indemniser les descendants d'esclaves !



Par Laurent SAILLY, Méchant Réac ! (www.mechantreac.fr - le blog)


L'Assemblée nationale fonctionne au ralenti, mais on n'est jamais à la merci d'une surprise. 

Et la surprise vient de Mme Cécile DUFLOT qui,  le 10 mai dernier a fait enregistrer une proposition de loi "tendant à la réparation des préjudices résultant de la traite et de l’esclavage colonial".

L'ancienne ministre demande la mis en place, d'une part d'un comité de personnalités qualifiées chargées de déterminer le préjudice subi et d’examiner les conditions de réparation due au titre de la traite et de l’esclavage colonial et, d'autre part, la restitution à Haïti de la rançon payée à la France à partir de 1825

L'argumentation de la députée parisienne repose sur l'argument suivant: la loi dite "Taubira", adoptée en 2001, a reconnu que la traite négrière et l’esclavage étaient (à juste titre) des crimes contre l’humanité, mais faisait l'impasse sur les réparations. Or, selon l'auteur de la proposition  :
"Réparer les préjudices dus au titre des crimes reconnus en 2001, de l’esclavage et de la traite négrière, c’est remettre la justice au service des victimes, lorsqu’elle a été auparavant mise au service des bourreaux."

Or, lors de l'abolition de l'esclavagisme en 1848 par le célèbre décret de Victor Schoeler (que Mme DUFLOT date de 1948 dans l'exposée des motifs), seules l'indemnisation des colons était prévue afin  de les dédommager du préjudice que leur causait la fin du système esclavagiste :
"Ainsi en France et dans ses anciennes colonies, les réparations ont été faites en faveur des maîtres et non des esclaves, et dans le cas d’Haïti les maîtres ont été indemnisés directement par leurs anciens esclaves. "

L'ancienne ministre de François Hollande fait du reste de son argumentaire un Panthéon des grandes voix qui se sont élevés pour l'indemnisation des esclaves où l'on croise aussi bien Cyril Charles Auguste Bissette, Félix Milliroux, Abraham Lincoln, Martin Luther King, Malcom X.

L'auteure de la proposition de loi mélange et confond tout: l'histoire des colonies françaises et la conquête de l'ouest américain, la guerre de Sécession et la guerre du Koweït, les réparations aux survivants de la Shoa et les dommages de guerre exigées 1919 par la France envers l'Allemagne, mettant sur un même pied d'égalité des évènements survenus aux XVIIIème et XIXème siècles comme ceux du XXème sans la regard de l'histoire des Droits de l'Homme.

Il s'agit là d'une démarche purement corporatiste qui n'aura pour effet que d'accentuer la fracture nationale en jetant d l'huile sur le feu en Métropole, mais surtout dans les outre-mers qui n'ont pas besoin de ça. En répondant favorablement à ce genre de revendications, nous enclenchons un processus incontrôlable : les descendants des travailleurs immigrés italiens ou espagnoles du début du XXème siècle,  mais aussi les descendants des ouvriers agricoles (dont je fais parti) sont-ils en droit de réclamer réparation  ? Les descendants des Chouans ne peuvent-ils pas exiger réparation de la République ? Les descendants des Cathares n'ont-ils pas droit à réparation ? Etc...

Et quels critères retenir ? La plupart des descendants de esclaves sont nés de métissage.

Puis-je être coupable d'un crime commis par mes aïeuls ? Je réponds par la négative. Les dommages de guerre auxquels Mme DUFLOT associe les dédommagements des esclaves, sont du par la génération à l'origine du conflit. Si non la France serait en droit de réclamer des dommages à l'Angleterre pour la Guerre de Cent Ans. On voit bien la limite du raisonnement.

Certes, la réparation participe à la justice, mais la priorité de la justice c'est d'assurer la paix. La reconnaissance comme crimes contre l'humanité de l'esclavagisme était fondamental pour assurer le devoir de mémoire.
Dans un monde où les Droits de l'Homme sont bafoués chaque jour, je pense qu'il y a d'autres combats.


N° 4641
_____

ASSEMBLÉE NATIONALE

CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958

QUATORZIÈME LÉGISLATURE

Enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 10 mai 2017.

PROPOSITION DE LOI

tendant à la réparation des préjudices résultant de la traite et de l’esclavage colonial,

présentée par Mme Cécile DUFLOT, députée.

Article 1er

Il est institué un comité de personnalités qualifiées chargées de déterminer le préjudice subi et d’examiner les conditions de réparation due au titre des crimes contre l’humanité que sont la traite négrière et l’esclavage. Les compétences et les missions de ce comité seront fixées par décret en Conseil d’État.

Article 2

Il est institué un comité de personnalités qualifiées chargées d’évaluer les sommes dues par l’État français à Haïti au titre de la rançon de quatre-vingt-dix millions de francs or payée en 1825 par Haïti à la demande de la France et d’étudier les modalités possibles de restitution par l’État français de ces sommes à Haïti.

Législatives 2017 : les députés les plus absents entre 2012 et 2017

©Laurent SAILLY, pour Méchant Réac ! ®
La législature élue entre 2012 et 2017 a compter 47 mois d'activités, ce qui laisse tout de même en moyenne 2 mois de congés par an. Cependant, certains de nos représentants, n'ont pas brillés par leur présence effective*.

Ainsi, les députés les moins assidus aux séances et aux commissions parlementaires sont :

- M. Eric Jalton a été présent 6 semaines en tout et a participé à 5 réunions de commissions. Il n'a pas été vu dans l'hémicycle depuis le 15 novembre 2012 et en commission depuis le 19 mars 2013.

- M. Bernard Brochand a été présent 21 semaines et participé à 22 réunions
- M. Philippe Briand présent 34 semaines et a participé à 6 réunions
- M. Bruno Nestor Azerot présent 38 semaines et a participé à 35 réunions
- M. Jonas Tahuaitu présent 38 semaines et a participé à 63 réunions
- M. Franck Marlin présent 40 semaines et a participé à 39 réunions
- M. Alfred Marie-Jeanne présent 46 semaines et a participé à 29 réunions
- M. Jean-Paul Tuaiva présent 46 semaines et a participé à 33 réunions
- M. Thierry Robert présent 46 semaines et a participé à 43 réunions
- Mme Sonia Lagarde présent 49 semaines et a participé à 33 réunions

Pour comparaison, le plus présent des députés compte 186 semaines d'activité (M. Eric Straumann) et 629 réunions en commissions (M. Lionel Tardy).

*N'ont été pris en compte que les députés présents sur les 47 semaines de la législature.

mardi 30 mai 2017

L’abêtissement volontaire

Maxime TANDONNET

C’est hier par le plus grand des hasards, en attendant mon passage à la matinale de France Culture, que je suis tombé sur une brochure de l’institut Diderot concernant la crise de l’enseignement. L’auteur y dénonce « une spirale autodestructrice de l’école française » qui remonte au milieu des années 1970 et qui n’a jamais cessé, un effondrement du niveau de maîtrise de le la langue maternelle et de la compréhension dans toutes les disciplines. L’objectif d’atteindre les 80% d’une classe d’âge au niveau du bac,  assorti de « consignes toujours plus explicites de bienveillance dans l’évaluation » a entraîné l’écroulement des apprentissages fondamentaux. Mais ce texte accuse implicitement les dirigeants successifs du pays d’avoir sacrifié l’intelligence collective notamment en saccageant l’enseignement du français. « Entre 1976 et 2004, le nombre moyen d’heures de français sur le total des années menant du cours préparatoire à la classe de 3e aurait baissé de 700 heures ».  Or la connaissance et la maîtrise de la langue maternelle et des œuvres des grands écrivains et penseurs est le socle de l’intelligence collective. Savoir lire, comprendre un texte et construire une phrase intelligible est le fondement de l’esprit critique permettant d’aborder les autres disciplines. Tout se passe comme si depuis près de quatre décennies, la France subissait une entreprise de crétinisation de masse, consciente ou inconsciente: abattre l’esprit critique pour soumettre le pays à toutes les influences, l’asservir aux modes idéologiques. Elle explique la médiocrité ambiante et sans doute la débâcle politicienne de la France d’aujourd’hui, l’émergence d’un pays déboussolé, sans repère, livré à la béatitude, aux idolâtries et balloté au jour le jour par tous les courants d’air, mêmes les plus contradictoires.

A quoi ressemblera votre prochain député ?



lundi 29 mai 2017

Comment reconstruire une vraie droite

Ivan RIOUFOL

Qui comprend la droite ? Elle oscille entre collaboration et opposition. Devant cette offre aussi mouvante et imprécise, elle va payer cher, aux législatives, son refus de s’interroger sur elle-même. Dans un sondage Kantar Sofres publié ce mercredi par Le Figaro, La République en marche obtiendrait la majorité absolue avec 320 à 350 députés. En intentions de vote, le mouvement présidentiel récolterait 31% des suffrages, contre 18% pour LR, 17% pour le FN et 12 % pour La France insoumise. Mobilisée naguère par ses attaques contre le hollandisme, la droite n’a pas vu que son propre pacte fondateur, conclu il y a 15 ans, ne reposait que sur du sable et des mensonges de convenance. Je ne compte plus les invitations ici lancées pour aller vers un divorce et une refondation. Divorce : celui entre la droite honteuse, fascinée par un progressisme moralisateur à courte vue, et la droite assumée, soucieuse de lier la modernité à des préservations du passé. Refondation : celle d’un large mouvement libéral, conservateur et social qui puisse aborder les problèmes liés à l’endettement de la France et à la compétitivité des entreprises, les protections dues aux plus faibles, mais aussi les sujets interdits posés par une immigration qui refuse de s’intégrer, un islam politique conquérant, un conformisme consensuel émollient. Faute d’avoir été pensé, ce grand parti conservateur reste à construire, pour équilibrer le parti progressiste qui s’apprête à rafler la mise. Ce parti unique qui s’annonce est une anomalie qui ne peut perdurer.
Dans l’immédiat, va pour une majorité macronienne absolue ! De la même manière que Donald Trump, peu aimable sur l’Allemagne et l’Union européenne apathique, peut servir d’aiguillon pour responsabiliser l’Europe, une politique 100% Macron serait l’occasion pour cette droite éparpillée de se rebâtir sur des valeurs 100% opposées. Hormis le libéralisme, qui peut être partagé par le camp d’en face, la vision présidentielle d’une société communautarisée et inclusive, ouverte aux minorités et à leurs discriminations positives, mérite une opposition structurée et argumentée. D’autant que, sur l’islam, l’intérêt du président semble marginal. "Macron a montré au cours de la campagne présidentielle qu’il ne connaissait pas le problème numéro un de la France", écrit l’écrivain Boualem Sansal à ce propos, dans Le Figaro de mardi. Reste à savoir qui saura prendre l’initiative de ce grand rassemblement, qui devrait s’ouvrir à tous ceux qui refusent la disparition de la nation une et indivisible. Vu la guerre de tranchées entre LR et le FN, la solution devra dépasser ces partis obsolètes. En tout cas il est aisé d’imaginer, sur le papier, faire travailler ensemble des Wauquiez, Guaino, Dati, Morano, Dupont-Aignan, mais aussi des Hortefeux, Copé, Bertrand ? Et pourquoi pas Marion Marechal Le Pen ? Quant à Baroin, qui redoute la "droite scrogneugneu", j’ai comme un doute…Et vous, qu’en pensez-vous ?

IFRAP > 6 mois pour débloquer la France




Juin 2017 : agir vite au niveau du Parlement


Juillet 2017 : une loi de finances rectificative comme un grand soir fiscal







Lutter contre l'inflation normative

Emmanuel Macron s'est positionné pour lutter contre l'inflation normative lorsqu'il déclarait : "je veux qu'on n'ajoute plus de nouvelles règles avant d'avoir passé en revue celles qui existent et n'ont pas d'utilité." Il souhaite aussi limiter le nombre de mois pendant lequel on légifère et consacrer plus de temps parlementaire à l’évaluation de l’action du gouvernement. Deux propositions conjointes et qu'il faut graver dans le marbre dès les premiers jours de la nouvelle législative. Nous proposons que dès juillet, soit adopter le principe de "A chaque loi votée, deux lois supprimées" pour réduire notre stock normatif, il faudra aussi mettre en place les outils pour évaluer ce stock, le contrôler et faire la transparence sur le sujet.
En parallèle, il faudra mettre en place les outils pour que le Parlement audite chaque projet de loi, de normes, de décrets pour en évaluer l'impact. Ces rapports devront être publiés.




Aout 2017 : une dizaine de décrets et d'ordonnances pour faire sauter les blocages


















Septembre 2017 : 1 référendum sur le financement du syndicalisme pour plus de transparence 


En 2017, il n’y aura pas le choix, car les corporatismes ont déjà prévenu qu’ils seront en embuscade pour s’opposer aux réformes. Avant même la passation de pouvoir, Emmanuel Macron est en train de voir se lever un « front social » et une manifestation « En Marx » contre le programme que les Français viennent d’élire, à l’appel de Sud, de la CGT et de l’Unef. Il faudra donc tout le poids des Français pour faire avancer les mesures les plus délicates au nom de l’intérêt supérieur de la nation : idéalement, un référendum devrait être proposé aux Français chaque année pour que cette pratique entre dans nos mœurs politiques. Cela obligerait nos élus à faire des efforts d’explication, de transparence et de détail des projets. Cela permettrait aussi de revêtir d’une légitimité populaire la décision politique face aux corporatismes, souvent trop peu représentatifs.






Octobre-décembre 2017 : Préparer le budget 2018

Seulement un début







N'oublions pas.