vendredi 30 juin 2017

Et après? par Maxime Tandonnet

La vie politique française se trouve dans une nouvelle impasse qui s’amplifie de décennie en décennie: narcissisme, posture,  coups médiatiques, polémique stérile, aggravant la fracture démocratique entre la classe dirigeante et les Français. Après le « renouvellement » complet des visages que restera-t-il? La question ne se posera plus en termes de simple alternance des hommes et des femmes,  mais de transformation d’un système, d’un mode de gouvernement, d’un état d’esprit. Le vrai sujet sera la restauration de la res publica, de l’esprit public. Il faudra abolir le système de l’hyper-présidentialisme, la sublimation médiatisée d’un personnage pour masquer tout le reste,  qui pousse un pays à l’abêtissement et l’impuissance collective;  en finir avec toute forme de culte de la personnalité pour réhabiliter le bien commun; organiser un débat et une consultation nationale sur la réforme politique; repenser en profondeur le mode de désignation des dirigeants politiques, la démocratie locale, l’équilibre entre les pôles de pouvoirs présidentiels, gouvernementaux, législatifs, judiciaires, nationaux et européens; restaurer les  notions de volonté générale, de Gouvernement et de choix en faveur de l’intérêt public; bref réinventer la politique, au sens noble du terme. Dans quelque temps, le pays va se trouver au pied du mur. Il est de notre devoir de s’y préparer à travers une remise en cause globale, une réflexion sur la transformation profonde de la politique française qui s’impose, dans le sens de l’intérêt général, de l’action pour le bien commun et de la démocratie. L’idée n’est pas d’inventer une solution miracle à tous les problèmes – qui n’existe pas –  mais de replacer la France sur de bons rails. La grande question n’est plus celle du choix des acteurs mais celle de la règle du jeu. Ouvrir ce chantier, d’une extrême difficulté, celui de la restauration de la res publica, devrait être l’objectif prioritaire de l’opposition républicaine.

mercredi 28 juin 2017

1ère fortune de France: "Félicitations M. ARNAULT"


©Laurent SAILLY, pour Méchant Réac ! ®

Bernard Arnault est la première fortune française, selon le classement annuel des 500 fortunes de "Challenges" de ce mercredi. Cette nouvelle va faire les choux gras des journaux pendant deux ou trois jours et alimenter les conversations de famille du repas dominical. On va s’offusquer, se scandaliser peut-être pour certains, puis on oubliera jusqu’au classement de la semaine dernière. J’entends déjà « c’est pas normal », « c’est trop », « c’est pas juste ». Bref le niveau zéro de l’argumentation économique laissée à la vindicte populaire.

Quelques éléments de réflexions.

D’abord, éliminons la question posée par toutes les matinales radio que l’on peut résumer à « c’est bien ou c’est pas bien ». Très clairement, si M. Arnault n’était pas milliardaire, je ne le serais pas pour autant. Autant dire que la fortune de celui-ci ne m’enlève rien. Et quitte à compter les milliardaires, je préfère qu’il soit français plutôt qu’américain, indien ou chinois, ne serait-ce que parce qu’il paye ses impôts en France (même déduction faite des niches fiscales et des montages financiers savants).

Ensuite, ce n’est pas Bernard Arnault qui est la première fortune de France, c’est sa famille. Si j’évalue mon patrimoine en ajoutant l’appartement de mes parents, ceux de mon frère et de ma sœur, la maison et l’appartement de mes beaux-parents, ainsi que les voitures de chacun d’entre nous (sans compter les comptes épargnes de ma fille et de mes nièces), j’ai un patrimoine bien plus conséquent qu’il n’est en réalité.

Enfin, le patrimoine est constitué des actifs (ce que j’ai) mais aussi des passifs (mes prêts). Or évaluer la fortune de quelqu’un doit se faire en déduction de ses prêts. Un exemple : j’ai une voiture et une maison achetées à crédit, ma « fortune » est la soustraction à la valeur de ces biens du capital restant dû des prêts en cours. Or Bernard Arnault et sa famille sont endettés.

Alors, soyons bien clair : je ne pleure pas sur le sort des « Arnault ». Je remets simplement l’église au milieu du village.

Dans les brèves de comptoir que j’entends ce matin dans le petit café où j’écris mes articles, j’ai relevé un « c’est beaucoup trop pour un seul homme » par un habitué qui il y a quelques temps justifiait le salaire du footballeur Ronaldo. Ou encore un « tu te rends compte sa fortune a été multipliée par dix-sept en vingt ans » par un commerçant aisé qui a toujours refusé les propositions d’investissements dynamiques de son banquier.

Certes Ronaldo donne certes du jeu à nos concitoyens ; Bernard Arnault donne du pain (via les emplois créés ou sauvés et le paiement de ses impôts soit à titre personnel soit au titre de ses sociétés).

La fortune de la famille Arnault a augmenté (selon Challenge) de plus de 50% en un an. Si vous aviez acheté des actions LVMH (groupe de Bernard Arnault) le 27 juin de l’année dernière, votre action acquise à 131,40 € était cotée hier soir 227,15 € soit, déduction faite des frais de courtage, des droits de garde annuel de la banque et des impôts (sur les plus-values en cas de vente), une progression de 50%, sans compter le dividende versé (part des bénéfices) !  

Mais qu’avez-vous répondu à votre banquier lorsqu’il vous a conseillé d’investir un peu de votre Livret A en bourse ?

NDLR: le raisonnement vaut pour toutes les personnes présentent dans le classement.

L'enfant, nouveau combat du pouvoir gay par Ivan Rioufol

Après le Mariage pour tous, voici l’Enfant pour tous. L’avis du Comité consultatif national d’éthique, favorable à l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes et non plus aux seuls couples hétérosexuels stériles, a été annoncé mardi. Dimanche dernier, la Gay Pride parisienne avait fait de cette reconnaissance son mot d’ordre politique, au nom de l’égalitarisme et de la non-discrimination. S’inclinant devant cette procession foutraque et vulgaire désormais institutionnalisée, Emmanuel Macron avait salué par tweet "la France arc-en-ciel. Nous sommes riches de nos diversités, soyons-en fiers ! #MarcheDesFiertes #LoveisLove". Peu auparavant, la mairie de Paris avait fait savoir qu’elle entendait être "la ville phare de l’inclusion et de la diversité". L’élu parisien Jean-Luc Romero, à la pointe du militantisme homosexuel, avait rappelé que "Paris, ville des droits de l’Homme", était déjà "LGBTIQ-friendly", c’est-à-dire copine avec les homos, les lesbiennes, les transsexuels et autres. La capitale recevra d’ailleurs les Gay Games en 2018. Elle compte aussi développer le tourisme homosexuel. Ce vendredi, le Budestag allemand devrait pour sa part légaliser à son tour le mariage homosexuel, accusant un net retard dans la "modernité" revendiquée par les minorités sexuelles. Elles sont prêtes à brandir l’homophobie en riposte à la moindre critique, comme les exaltés islamistes le font en utilisant l’islamophobie pour clouer le bec.
Observer le Comité d’éthique emboiter le pas de la Gay Pride en lui offrant ce qu’elle réclamait deux jours auparavant dans les rues de Paris n’est peut-être qu’un hasard de calendrier. Cette concordance des temps souligne néanmoins la puissance acquise par le militantisme gay, capable d’embrigader de fins esprits au nom d’idéologies saugrenues. L’obsession de la non-discrimination, qui est à la base des exigences des minorités sexuelles ou religieuses, est une instrumentalisation des droits de l’Homme qui les dénature. Elle en vient, ici, à ignorer les droits de l’Enfant. La Croix de ce mercredi rappelle que la Convention internationale des droits de l’Enfant, ratifiée par la France, prévoit (article 7) que l’enfant a "dans la mesure du possible le droit de connaître ses parents". Ce droit lui est enlevé dans le cas de PMA sans père puisque le donneur reste anonyme. A cette première possible violence existentielle imposé par des femmes ou couples de femmes n’écoutant que leurs désirs s’ajoute cette autre violence consistant à supprimer la place du père dans la conception et l’éducation de l’enfant. Ce droit à l’enfant, vers quoi ouvre en fait l’avis du Comité d‘éthique, est une porte ouverte à la marchandisation des fœtus, des grossesses, des naissances. Au nom d’une non-discrimination absurde (la femme et l’homme sont dissemblables par nature), le pouvoir gay se montre dans sa dangereuse tyrannie. Macron, qui dit vouloir une société apaisée, osera-t-il y résister ?

mardi 27 juin 2017

Assemblée nationale : La République en marche... au pas de loi ?


P.M.A. et G.P.A. : le coup de « semence »


La procréation médicalement assistée (ou assistance médicale à la procréation), désigne les procédés qui permettent la rencontre d’un ovule et d’un spermatozoïde, grâce à une intervention médicale.
Elle a pour objectif de « remédier à l’infertilité dont le caractère pathologique a été médicalement diagnostiqué ou d’éviter la transmission à l’enfant ou à un membre du couple d’une maladie d’une particulière gravité ».
La PMA est, pour l’heure, réservée :
– aux couples hétérosexuels (mariés ou non)
– « en âge de procréer »
– apportant une preuve de vie commune de plus de deux ans.


La gestation pour autrui est une méthode de procréation médicalement assistée pratiquée par des couples hétérosexuels lorsque la femme ne peut pas porter d’enfant, du fait d’une absence ou d’une malformation de l’utérus.
Concrètement, une mère dite « porteuse » va accueillir un embryon issu d’une fécondation à laquelle elle n’a pas participé et mener la grossesse, pour donner naissance à un enfant qui n’est donc pas génétiquement le sien. Dans ce cas, la mère porteuse ne fournit pas d’ovule.
La GPA peut également être pratiquée par des couples homosexuels masculins. Si la mère porteuse fournit un ovule, on parle de « procréation pour autrui ».
La gestation (ou procréation) pour autrui est interdite en France, selon la loi de bioéthique de 1994, mais autorisée dans plusieurs pays d’Europe et dans certains États américains.

En droit français, la PMA poursuit un objectif thérapeutique : compenser une infertilité pathologique. Elle ne peut donc concerner que des couples homme/femme, vivants et en âge de procréer. Élargir l’accès à la PMA signifierait renoncer à ce critère thérapeutique.

N’y a-t-il pas un risque de « marchandisation du corps des femmes » et la création d’un « marché des bébés » ? Est-ce parce que la science le permet qu’il faut l’autoriser ? Doit-on rester dans cette hypocrisie bien française qui refuse la reconnaissance des enfants nés d’une G.P.A. à l’étranger ?

Revenons aux bases : pour faire un enfant, il faut un homme et une femme (ce qui n’en font pas automatiquement des papas et des mamans, les faits divers nous le rappellent, chaque jour, dramatiquement).

Le droit de l’enfant

Autant, je suis favorable à l’égalité des droits dans le mariage des homosexuels, que je suis défavorable à l’extension de la P.M.A. à toutes les femmes. Je comprends le désir d’enfant d’un couple de femmes. Mais si on ouvre la PMA aux femmes homosexuelles, on crée une double inégalité : d’une part, l’homosexualité n’étant pas une maladie, pourquoi l’interdire aux femmes hétérosexuelles non infertiles (dès lors, il faut accorder la P.M.A. à toutes les femmes) ? d’autre part, au nom de l’égalité, pourquoi l’interdire aux hommes homosexuels (ce qui oblige à reconnaître la G.P.A.) ?
Banaliser la « PMA de convenance » pour les femmes homosexuelles effacerait la « branche paternelle » et irait de fait à l’encontre de la Convention internationale des droits de l’enfant, qui précise qu’un enfant a « le droit de connaître ses parents et d’être élevé par eux, dans la mesure du possible ».

Le droit à l’enfant

Chaque année, quelques dizaines à quelques centaines de couples français auraient recours à une mère porteuse à l’étranger, selon les différentes estimations. Or, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a condamné la France pour son refus de reconnaître les enfants nés de mère porteuse et de retranscrire dans l’état civil leurs actes de naissance étranger : l’arrêt européen oblige la France à reconnaître la filiation des enfants de Français nés d’une GPA effectuée à l’étranger.

La G.P.A. doit être autorisée lorsque la femme ne peut pas porter d’enfant, du fait d’une absence ou d’une malformation de l’utérus à condition qu’elle soit mariée ou pacsée. Dans la cadre d’un couple de femmes homosexuelles, les deux partenaires doivent se trouver dans cette condition.

Il doit être maintenu le critère de l’âge de la procréation. La cause majeure des problèmes de fertilité chez l’essentiel de la population, c’est le recul de l’âge de la maternité. De fait, l’âge moyen d’une première maternité se situe désormais à 30 ans et 4 mois contre 24 ans dans les années 70, alors que le pic de fertilité est à 22 ans et que la fertilité baisse drastiquement à 35 ans. Il faut éviter (comme on a pu le voir en Italie ou ailleurs, des mères enfanter à plus de 60 ans). 
Y a t’il rupture d’égalité ?
Entre couples homosexuels féminins et masculin : ni l’un ni l’autre n’ont droit ni à a P.M.A. ni à la G.P.A.
Entre couples hétérosexuels : l’autorisation de la G.P.A. par la France permet d’effacer une inégalité liée à l’argent et de faire porter aux enfants nés de la G.P.A. la responsabilité d’une décision de leurs parents.
Entre couples homosexuels et hétérosexuels : l’inégalité n’est pas du fait de la loi mais de la nature.
De même, c’est la nature (et non la science) qui crée l’inégalité entre homme et femme, permettant au premier d’avoir un enfant (je n’emploie pas volontairement le terme de « père ») à un âge avancé.
De même, c’est la nature (et non la loi ou la science) qui permet à une femme d’avoir un enfant (sans en informer le père).
Il faut ouvrir un autre débat !
Nous serions bien plus avisés à accorder au beau-père ou à la belle-mère, qu’il s’agisse d’un couple hétéro ou homo, des droits et des devoirs sur l’enfant de leur conjoint, dans le cadre d’une famille recomposée.
Nous aurions plus à agir sur les possibilités d’adoption pour les couples peu importe leur orientation sexuelle.
Nous devrions plus assurer le droit des pères lors des divorces et le droit des mères à recouvrir la pension alimentaire fixée par le juge.
Nous pourrions nous interroger sur l’efficacité de la protection de l’enfance contre le maltraitance de toutes sortes.

NDLR: Cet article a été rédigé avant la décision du Comité d'éthique attendu aujourd'hui.


©Laurent SAILLY, pour Méchant Réac ! ®

Fausse route par Maxime Tandonnet

Mme Pécresse et M. Wauquiez seraient tous deux candidats pour prendre la tête de LR, l’une version chiraquienne et l’autre « droitisation ». Tous deux, je les connais un peu. Valérie est une ancienne camarade de « promo » et Laurent m’a reçu à l’Assemblée et à dîner. Tous deux sont  simples, charmants, intelligents. Mais à mes yeux, ils font fausse route. Après une débâcle sans précédent historique du camp des républicains modérés, ils reproduisent les errements qui l’ont conduit au désastre. L’image de la guerre des chefs est dévastatrice.  Chirac/VGE,  Chirac/ Balladur, Sarkozy/Villepin, Copé/Fillon, Fillon/Juppé/Sarkozy. Et maintenant nous aurions Pécresse/Wauquiez? Je ne crois guère au succès de l’expérience Macron, malgré tout ce qu’elle a aujourd’hui  de sympathique et de vivifiant. Elle me semble reproduire les causes profondes de l’échec de toutes les présidences: vider de leur substance les outils de l’exercice du pouvoir, les leviers de la puissance publique et de l’autorité –  le Premier ministre, le Gouvernement, le Parlement – au profit de l’image sublimée d’un visage médiatique, devenu l’enjeu suprême de la vie publique. C’est tout autre chose qu’il faudrait faire: en finir une fois pour toutes avec guerres des chefs et que les présidents de régions et de départements, les maires de grandes villes du camp des républicains modérés se réunissent et se mettent à l’écoute de la Nation, notamment de ses 84% de Français qui n’ont pas voté pour un candidat d’En Marche et se voient plongés dans le désarroi. Le temps est à la réflexion et non à la conquête des postes qui ronge le pays et l’a entraîné sur un champ de ruines. Quelles erreurs avons-nous commis pour être ainsi rejetés? Et comment préparer l’avenir en commun, collectivement, renouer avec la politique au sens noble du terme, le Gouvernement de la cité en vue du bien commun? Comment restaurer la démocratie française,  l’autorité de l’Etat, réhabiliter le discours de la vérité, répondre aux angoisses et aux souffrances de la Nation? Déjà, cinq ans à l’avance, la nouvelle empoignade pourrait donner le sentiment que certains pensent aux prochaines présidentielles plutôt qu’ à la France! Erreur tragique, source de tous nos maux.

lundi 26 juin 2017

Goldnadel : “a-t-on désormais le droit de crier mort aux blancs ?”

Valeurs Actuelles.

Pendant que les opposants à l’islam politique ou radical sont pourchassés, de Bensoussan à Zemmour, jusque dans le tribunal, pendant que l’antisémitisme islamique est protégé jusqu’à devoir obliger Arte à diffuser des sujets qu’elle voulait enterrer, pendant que le dossier d’assassinat de Sarah Halimi fait l’objet du même enterrement médiatique, pour les mêmes islamiques raisons. Une autre détestation peut librement s’épanouir sans résistance judiciaire, morale, intellectuelle et encore moins médiatique. Cette semaine, une députée prétendument insoumise du nom de OBONO, refusait devant un micro, au nom d’une prétendue liberté , de condamner l’expression “nique la France !”
La tartuferie était à son sommet, puisque précisément la dame était proche de ce parti racialiste  qui avaient édité un livre du même titre agrémenté d’une photographie d’une femme portant  coiffe, faisant un doigt d’honneur. Le journaliste l’invita dans ce cas à lui demander si elle trouvait harmonieux de dire vive la France. L’insoumise mis des secondes interminables pour y souscrire du bout de ses lèvres pincées.
Que croyez-vous qu’il arriva ? Ce ne fut pas l’insoumise qui fut morigénée par une bonne partie de la presse soumise, mais le journaliste taxé pratiquement de racisme pour avoir osé soumettre une question pertinente à une femme de couleur impertinente envers le pays qui lui faisait l’honneur de lui faire confiance.
À ce stade, un esprit superficiel croyait avoir touché le fond de l’indignité nationale. Le crédule pensait que ce nouvel avatar des problèmes migratoires n’étaient que la résultante des ratés de l’intégration.
Que par l’effet pervers d’un antiracisme devenu fou, les populations de couleur, en cas d’infraction, bénéficiaient d’une indulgence excessive interdite à la population autochtone. C’est effectivement ce que l’on pourrait superficiellement penser. Mais, comme je ne cesse de l’écrire, l’origine du mal est encore plus profonde.
On avait en effet pas encore tout lu : C’est ainsi qu’une autre représentante melenchoniste et parisienne, Madame Danielle Simonnet, à la suite de l’incident précité trouvait le moyen tranquillement de twitter : “Vive la France ? Oui, sauf celle des vieux cons blancs qui exigent d’une jeune députée noire de le dire !…”
Ainsi, en France, la haine du mâle blanc peut-être aujourd’hui tranquillement assumée. Flatulences sonores de l’insoumise bénéficiant de la surdité d’une classe médiatique encore largement soumise. Mon imagination est impuissante à décrire la réaction judiciaire, intellectuelle et politique au cas où, par exemple, Nadine Morano avait gazouillé : “Vive la France ? Oui sauf celle des jeunes noirs…”
Cette différence de traitement ne peut s’expliquer que par une seule et unique raison : le racisme anti blanc, le racisme anti occidental, a aujourd’hui droit de cité dans les quartiers. Et défense de s’en plaindre sous peine de racisme.
Ce ne sont pas les derniers résultats politiques qui risquent de nous faire sortir de ce sinistre psychodrame pervers et névrotique.

POLONY.TV : La liberté d'expression d'une "méchante réac !"

« Cela fait des années que j’entends des journalistes et des confrères qui m’expliquent que je suis une idéologue et eux sont journalistes. C’est quand même assez étonnant ! » (Natacha Polony sur Europe 1 le 12 juin 2017)




Xavier Bertrand atteint par le mimétisme macronien par Ivan Rioufol

Et c’est reparti dans l’hystérie pavlovienne contre le FN ! Xavier Bertrand, président (LR) des Hauts-de-France, n’en finit pas d’être obnubilé par le Front national. En mai, il avait assimilé le gaulliste Nicolas Dupont-Aignan à Pierre Laval, numéro 2 de Vichy, après le ralliement du président de Debout la France à Marine Le Pen. Cette fois, dans le JDD paru dimanche, Bertrand fait procès à Laurent Wauquiez, président (PR) d’Auvergne-Rhône-Alpes, de "courir après l’extrême droite" dans son objectif de prendre la tête du parti. Si l’accusateur fait savoir qu’il ne sera pas candidat à cette compétition, il se dit prêt à apporter son soutien à Valérie Pécresse. Mais que signifie "courir après l’extrême droite", expression toute faite qui s’allie le plus souvent avec l’impératif de "ne pas faire le jeu du FN "? Bertrand laisse comprendre ses réticences quand il préfère parler de France "inégalitaire" plutôt qu’"identitaire", Il explique aussi : "En 2012 comme en 2017 ce n’était pas la droite "décomplexée" mais radicalisée". Bref, courir après l’extrême droite revient, pour Bertrand, à aborder les sujets préemptés par Le Pen (la laïcité, la nation, la souveraineté, la cohésion nationale, l’immigration, la place de l’islam, etc). En d’autres termes, Bertrand s’interdit apparemment de traiter ces questions déjà contaminées. Il préfère, si on suit bien, les laisser au monopole du FN ou à Wauquiez, soupçonné de vouloir faire alliance avec Marion Maréchal Le Pen. Mais Bertrand, homme de terrain qui dit avoir rompu avec la pensée obligée, ne voit-il rien du malaise existentiel des Français ?
En rejetant la question identitaire, au prétexte de se distinguer du FN et de la droite "radicalisée", Bertrand tombe dans le vieux piège du sectarisme et de l’intolérance. Sa posture mimétique du donneur de leçons, qu’il emprunte au camp du Bien qui l’a fait gagner face au FN dans sa région, est anachronique alors que la droite a une obligation de resserrer les rangs. D’autant que le patron des Hauts-de-France parle comme Marine Le Pen quand il dit vouloir s’adresser à la "France des oubliés", expression initiée sur ce blog il me semble. Quand il dit vouloir "parler à la fois à l’ouvrier et au chef d’entreprise (…) au rural et à l’urbain", il ne dit pas autre chose que Marion Maréchal Le Pen lorsqu'elle déclare, dans un entretien récent à Valeurs Actuelles : "La stratégie victorieuse réside dans l’alliance de la bourgeoise conservatrice et des classes populaires". Ce que Bertrand ne veut pas voir, par refus idéologique, c’est que l’identité est ce lien qui reste commun aux classes populaires et à la droite conservatrice, soucieuses de protéger des valeurs remises en question par le relativisme et le multiculturalisme. En fait, Bertrand s’est laissé macroniser à son tour, dans une conversion à l’économisme en tout et dans une aversion pour le discours identitaire, réservé aux seules minorités ethniques ou sexuelles. Cette doctrine porte les échecs à venir. La question du moment est : qu’attend Bertrand pour rejoindre La France qui marche ? Elle parle comme lui.

dimanche 25 juin 2017

La Corse en marche vers l’indépendance ? par Eric Brunet

Valeurs Actuelles.

Trè deputati Pè a Corsica ! Vittoria storica !, s’est enthousiasmé dimanche soir sur Twitter, Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de la collectivité territoriale corse. En renonçant aux armes, le 25 juin 2014, les responsables du FLNC ne se doutaient pas que trois ans plus tard, trois candidats nationalistes — deux autonomistes, un indépendantiste — feraient leur entrée à l’Assemblée nationale. Oui, la victoire écrasante de Pè a Corsica (“Pour la Corse”) sur l’île de Beauté est presque passée inaperçue. Et pourtant, c’est un fait essentiel de ces législatives : l’Assemblée nationale compte désormais trois députés nationalistes corses… sur les quatre envoyés au Parlement par les insulaires ! Cette victoire n’a rien d’anodin. Elle confirme le changement total de paradigme sur l’île puisque les autonomistes tiennent déjà l’Assemblée de Corse et l’exécutif régional.
Que réclame cette alliance de régionalistes, autonomistes et indépendantistes corses ? En premier lieu, l’officialisation du bilinguisme corse-français dans les actes de la vie publique ; l’instauration d’un statut de résident pour endiguer la spéculation foncière ; l’amnistie des Corses détenus pour des actions politiques (ce qui en soi constitue une provocation, car chacun sait qu’il n’y a pas de prisonniers politiques en France) ; l’inscription du statut fiscal dérogatoire de la Corse dans la Constitution française pour graver dans le marbre les dérogations avantageuses dont bénéficient les Corses (successions, etc.)…
En Haute-Corse, Michel Castellani, 71 ans, qui obtient 60,8 % des voix, ravit à Sauveur GandolfiScheit (Les Républicains) le siège que ce dernier avait durement conquis en 2007 dans une 1re circonscription longtemps acquise au radical Émile Zuccarelli.
Dans la 2e, Jean-Félix Acquaviva, 44 ans, a bénéficié du retrait de Paul Giacobbi, condamné à trois ans de prison dans une affaire de détournement de fonds publics. L’actuel président de l’Office des transports de la Corse s’est qualifié avec un score sans appel : 63 %.
Plus surprenant : en Corse-du-Sud, un nouveau venu en politique, Paul-André Colombani, a mis un terme au règne exercé depuis quinze ans par Camille de Rocca Serra, dernier représentant d’une dynastie locale (le père et le grand-père siégeaient déjà au Palais-Bourbon). Médecin généraliste de 49 ans, M. Colombani incarne l’un des nouveaux visages du nationalisme insulaire. C’est en 2014, lors des élections municipales, qu’il était apparu pour la première fois sur la scène politique corse, en se faisant élire sur la liste d’opposition au maire de Zonza. Comme il l’expliquait dans un entretien à Corse-Matin, sa candidature a illustré « la volonté du mouvement nationaliste de faire émerger de nouvelles personnes, notamment de la société civile ».
Que faire de cette victoire “historique”, qui prolonge celle enregistrée par les nationalistes, majoritaires à l’Assemblée de Corse depuis décembre 2015 ? « Nous représentons la majorité des Corses, Paris doit en tenir compte, c’est cela la démocratie », a affirmé dimanche soir Michel Castellani, le nouveau député de la Haute-Corse. Ce professeur d’économie à l’université de Corte est un autonomiste new look. Il est discerné, mesuré et spécialiste de finances publiques. Une sorte d’Éric Woerth autonomiste… Il appartient au camp des modérés, opposés de longue date à la violence politique.
« Cette position de force, inédite dans l’histoire, nous donne surtout la capacité de poser la question corse au coeur des institutions françaises dont nous avons toujours été exclus », a expliqué dimanche un cadre nationaliste.
Dimanche soir, dans les couloirs des rédactions, plusieurs proches d’Emmanuel Macron venus commenter les résultats du second tour ont évoqué, en off , un possible référendum en Corse…
Davantage d’autonomie pour la Corse ? Référendum sur l’indépendance ? Monsieur le président, ce sujet ne fi gurait pourtant pas dans votre programme.

Sécurité chérie ! par Philippe BILGER

Philippe BILGER, Justice au Singulier.

Alors qu'on entend vanter, souvent avec démagogie, le collectif par rapport à l'individualisme et le pluriel plus que le singulier, j'ai toujours été étonné de constater qu'on chérissait volontiers la liberté mais que la sécurité et ses exigences n'appelaient pas le même enthousiasme.
Au point de dénaturer la sécurité en sécuritaire pour constituer une aspiration légitime en obsession. Dérision d'autant plus regrettable que la sécurité est l'affaire de tous pour tous mais que la liberté, bien certes infiniment précieux, se rapporte à chacun.
Je n'ai pas l'intention de mêler à nouveau ma voix modeste au débat engagé à propos du projet de loi antiterroriste. J'ai la faiblesse de n'avoir rigoureusement rien à retrancher à mon billet du 15 juin 2017, "Ceux qui exploitent les peurs ne sont pas ceux qu'on croit !".
Le fait que les perquisitions administratives devront, conformément à l'avis du Conseil d'Etat, être soumises préalablement à l'autorisation du juge des libertés et de la détention (JLD) rassurera les humanistes inquiets et ne découragera pas les pragmatiques soucieux d'efficacité si l'autorité judiciaire ne se plaît pas à entraver un processus qui ne l'a prévue que sur le tard (Le Figaro).
Je persiste : cette intégration dans le droit pénal ordinaire de mesures exceptionnelles seulement vouées à combattre et à poursuivre le terrorisme est une excellente initiative dont je suis sûr qu'elle sera défendue avec talent et conviction par le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb lors du débat parlementaire.
Ce n'est pas le énième Collectif d'avocats, auquel évidemment Le Monde a réservé un accueil favorable, qui représentera un obstacle valable à la mise en oeuvre de ce dispositif avec les sempiternelles craintes sur le risque de l'amoindrissement de nos libertés.
Pas davantage que les doléances répétitives du défenseur des droits Jacques Toubon qui oubliant son réalisme d'antan s'obstine à se chagriner de tout ce qui va raffermir notre démocratie sans en altérer l'esprit. Je ne vois pas en quoi les musulmans seraient stigmatisés par le projet sauf à interdire à un Etat de se protéger des terroristes aujourd'hui musulmans fiers de leurs entreprises criminelles. Si les stigmatiser est ne pas accepter leur haine meurtrière, alors vive la stigmatisation de cette minorité qui tue ! Ce texte - poncif indéfiniment exploité - ne serait pas "garant des libertés" (Le Monde).
Et alors, ai-je envie de répliquer. Je ne crois pas que Gérard Collomb lui-même ait eu raison de s'engager sur ce terrain en énonçant le 21 juin : "La sécurité optimale mais pas au prix de nos libertés". L'honnêteté intellectuelle oblige, en effet, à considérer que faute de la possibilité d'un arbitrage opératoire parfait entre sécurité et libertés, celles-ci, dans ces temps troublés et sous une menace terroriste permanente, seront inévitablement réduites sans que l'économie de notre démocratie en soit bouleversée. Je suggérerais au ministre de l'Intérieur un slogan du genre : Un peu moins de notre liberté pour la sécurité de tous !
Je ne suis pas de ceux qui doutent, à cause de l'argument absurde lié à son âge et à ses capacités physiques, de l'énergie et de la résolution de Gérard Collomb. J'ai d'autant moins envie de les discuter que dans le couple régalien qu'il forme avec la nouvelle garde des Sceaux, jusqu'à nouvel ordre je suis plus sensible à son inspiration et à son action qu'à celles de Nicole Belloubet, ministre socialiste et professeur de droit dont le discours en réponse à celui de François Bayrou n'a pas eu la rigueur et la fermeté pour axe principal. La partisane et la technicienne feront-elles bon ménage ?
Le ministre de l'Intérieur devra être d'autant plus vigilant que récemment une mesure inepte de la Direction générale de la police nationale (DGPN) a durci les conditions du port d'arme hors service pour les agents. Les commissariats protestent à juste titre et bien entendu je les rejoins (Le Figaro).
Il y a, pour expliquer leur opposition, d'une part les difficultés pratiques d'effectivité de ces nouvelles modalités souhaitées et d'autre part l'évidence de deux incohérences dans le climat actuel.
Alors que la quotidienneté du fonctionnaire de police hors service est devenue - beaucoup d'expériences et de récits en témoignent - une source d'angoisse et de péril, un risque constant, est-il bien raisonnable d'alourdir ce qui au moins représentait pour lui une protection minimale, rassurante même si le plus souvent elle demeurait virtuelle ?
Plus gravement, quand des tragédies criminelles terroristes ont blessé et tué des policiers, que le terrorisme surgit de n'importe où et frappe avec n'importe quoi, que la police est clairement visée comme l'ennemi public numéro un, n'est-il pas aberrant, irresponsable de compliquer un système qui au contraire devrait être allégé ? Sauf à faire du policier non plus une cible potentielle mais une victime offerte.
Gérard Collomb ne pourra pas valider une telle disposition.
Ce ne sera pas instiller du défaitisme dans notre République, une sorte de tristesse et de morosité chroniques que de vouloir entendre proclamer que la sécurité nous est aussi chère, mérite autant d'être chérie que la liberté.

mardi 20 juin 2017

La démocratie française dans un drôle d'état


Par Laurent SAILLY

L’abstention est le premier revers politique d’Emmanuel Macron.

L’élan populaire d’En-Marche, grossi artificiellement par la loupe médiatique, s’est brutalement interrompu dès le premier tour des législatives où les candidats LREM et leurs alliés ont recueilli moins de voix que le candidat Macron au premier tour de la présidentielle. Le taux historique de l’abstention au deuxième tour des élections législatives a confirmé cette vision.

Cette abstention massive traduit-elle une insubordination civique ou un consentement tacite ?

Le quinquennat et l’inversion du calendrier électorale donnent le sentiment que tout est joué à l’issue de l’élection du chef de l’Etat. Nous sommes en 2017 comme en 2002 : Jacques Chirac avait réalisé un score faible au premier tour de la présidentielle (19,9%), un très large soutien des forces républicaines face au candidat F.N. au second tour, pour obtenir une large majorité à l’Assemblée nationale (365 députés).
Si ce qui est exposé ci-dessus constitue en partie une des raisons de l'abstention, celle-ci est l'expression également d'une manifestation contre l'offre politique. J'en veux pour preuve d'abord que les Français qui voulaient voter ont eu recours massivement au vote par procuration, ensuite il faut souligner l'importance des votes blancs et nuls, enfin, toutes les enquêtes du CEVIPOF soulignent l'intérêt des Français pour la politique (confirmé par la fréquentation  des meetings et par l'audimat des émissions politiques notamment des débats).

Emmanuel Macron est, certes, moins tenu par les baronnies locales que l’était le président Chirac. Son sort est-il plus enviable ? Je ne crois pas. L’enracinement territorial des primo-députés est une faiblesse dans l’organisation jacobine de notre pays d’une part, et l’abstention fragilise la légitimité de leur élection d’autre part.

Comme la Révolution française s’était faite sans le peuple (certains historiens ont parlé de « Révolution bourgeoise »), la « Révolution » menée pat Emmanuel Macron s’est faite sans les électeurs pour qui elle semblait écrite. Ainsi, l’épisode électoral de 2017 s’est-il déroulé sans les jeunes (18-35 ans), sans les ouvriers, sans les employés. Emmanuel Macron doit son élection aux cadres, aux professions intellectuelles supérieurs et au plus de 60 ans.

Nous avons la confirmation de cette structure socio-culturelle dans la composition de l’Assemblée nationale. Celle-ci, plus jeune, plus féminine, n’est pas plus populaire, pas plus représentative. La « Révolution macroniste » est un leurre. La capacité des tenants de « l’ancienne politique » ne trouvant aucune difficulté à trouver sa place dans un nouveau système qui n’en a que le nom. Il n’y a qu’à voir le profil des « députés novices » de LREM. Le renouveau se fait par le « haut » avec des élus, qui pour beaucoup, ne sont pas des novices en politique. Renouveau qui aurait de toute façon eu lieu sans l’effet Macron d’une part liée à l’épuisement de certains parlementaires qui ne souhaitaient pas se représenter et, d’autre part, par l’application de la loi sur le non cumul des mandats.

L’échec électoral des « vieux partis traditionnels » (P.S. qui subit un coup de Trafalgar, et L.R. qui connaît une victoire à la Pyrrhus) risque de nuire aux débats parlementaires en laissant face à des primo-députés, un  peu tendres, un  peu naïfs, des ténors d’envergure nationale du type Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, Clémentine Autain et Gilbert Collard, entre autres.

La Constitution de 1958 rappelle justement dans son article 4 :

« Les partis et groupements politiques concourent à l'expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie.
Ils contribuent à la mise en œuvre du principe énoncé au second alinéa de l'article 1er dans les conditions déterminées par la loi.
La loi garantit les expressions pluralistes des opinions et la participation équitable des partis et groupements politiques à la vie démocratique de la Nation. »

La question est alors : peut-on se passer des parti politiques ? Qu’est-ce que la « société civile » ?

Des parties politiques sortent des individus qui, ayant gravi les échelons un à un, et accèdent, alors combien même ils sont issus de milieux modestes, aux responsabilités. Composés de membres d’origines sociales différentes, les partis politiques, parce qu’ils dépendent d’une direction collégiale, assurent le respect de l’intérêt général. Il est à craindre, que des élus « société civile » soit plus tentés (ou poussés) à défendre l’intérêt de leurs semblables.

Pourtant, le reproche fait aux partis de défendre des intérêts partisans est bien fondé. Que s’est-il donc passé ? La professionnalisation de la politique, la formation stéréotypée des hommes politiques, la surmédiatisation de l’activité politique ont profondément modifier la perception du temps (devenu très court) et, poussé les électeurs à rechercher l’homme providentiel. Or celui-ci n’existe pas, le temps politique n’est pas celui des médias. La déception ne peut être qu’au bout du chemin. Cela est d’autant plus vrai dans le système politique de notre pays où les électeurs veulent une direction du type anglo-saxon, mais avec une discipline méditerranéenne. Il faut remarquer que, la chute du mur de Berlin en 1989 et les crises financières des années 2000 ont mis fin aux idéologies que portaient nos partis politiques. Le protestantisme anglais, favorable au libéralisme économique, et le syndicalisme allemand, favorable à l’entreprise, ont facilité la mutation intellectuelle des élus et des électeurs. Ajoutez à cela un méconnaissance (même basique) des, principes économiques fondamentaux de nos concitoyens et vous générerez une attente des électeurs est trop forte et leur implication trop faible.

Politiquement (et économiquement) les Français ne sont pas entrés dans le XXIème siècle. La présence aux élections présidentielles de trois candidats d’extrême-gauche et de deux candidats d’extrême-droite témoignent de ce décalage.

La pauvreté du débat politique, l’accumulation des « affaires », l’incapacité du pouvoir a lutter contre le chômage, l’insécurité, le terrorisme, les incivilités, les inégalités sociales, la perte du pouvoir d’achat ont fait le reste.

Aujourd’hui, nos institutions sont à bout de souffle. La démocratie agonise. Il est temps de changer de régime politique : c’est ce que je propose dans ma proposition de loi "Pour un nouveau pacte républicain entre des élus engagés et de électeurs responsables."

lundi 19 juin 2017

Goldnadel : “l'impunité absolue de la violence gauchère”

Valeurs Actuelles.

Les mots sont impuissants à décrire la réalité d'une situation qui devrait révolter. Mais pour cela, il faudrait tout d'abord que cette réalité soit connue. Or l'idéologie des territoires occultés de l’information s’emploie sans la moindre vergogne à cacher ce qui pourrait la déranger. Notre ami Guy Milliere dans un récent billet dénonce avec son talent habituel cette “haine anti- Trump de la gauche américaine qui conduit au meurtre” (Dreuz Info).
 Si la fâcheuse sphère ne faisait pas le métier que les journalistes français dans leur majorité refusent à accomplir, vous ne sauriez pas ce qui va suivre.
Une prétendue humoriste américaine nommée Kathy Griffin a posé pour un photographe en brandissant une tête de cire figurant celle tranchée et ensanglantée du président américain , en un geste identique à celui utilisé par les membres de l'État islamique pour brandir la tête de ceux qu'ils ont décapités. Soyons justes avec les Américains, la profession a réagi négativement dans son ensemble. Chez nous, le CSA refuse toujours de réagir pour l'appel au meurtre de Donald Trump par Ruquier sur le service public audiovisuel, que je lui ai signalé officiellement au nom du Collectif de ses usagers. S’il faut plaider, nous plaiderons.
Une troupe de théâtre subventionné à New York a utilisé l'argent du contribuable américain pour présenter au public une version de Jules César de Shakespeare dans laquelle l'assassinat de l'empereur est présenté comme l’exécution sur scène de l’actuel président par des immigrés bigarrés. Pour l’heure “l'assassinat de Trump” est joué tous les soirs  dans Central Park.
Enfin et surtout, combien de français ont été informés de ce que jeudi dernier, Steve Scalise, chef de la majorité républicaine à la Chambre des représentants a été victime d'une tentative d'assassinat par un opposant déterminé au président et soutien actif de Bernie Sanders ? Le parlementaire américain se trouve dans un état critique.
Comme je l'ai fait remarquer dans un tweet aigre-doux, notre radio d'État international RFI s'est bien gardée d'annoncer la couleur politique de l'agresseur. Si les médias d'État des pays démocratiques faisaient honnêtement leur métier plutôt que la leçon à Spoutnik ou à la presse électronique, ils n'auraient pas manqué de s'interroger sur l'éventuel rapport de cause à effet entre les imprécations assassines des uns et le passage à l'acte de l'autre.
En France, la protection rapprochée de l'islamo-gauchisme n'a rien à envier à la situation américaine.
C'est ainsi que l'on apprenait (Observatoire des Journalistes OJIM du 11 juin) que le terroriste de Notre-Dame, Farid Ikken, ayant agressé un policier au marteau après avoir prêté allégeance à l'État islamique avait travaillé chez Rue89. On se souvient déjà que Mehdi Meklat dans un genre plus placide avait oeuvré au profit non seulement du Bondy blog mais aussi des Inrocks et de France Inter. Pascal Clark le pleure encore.
Sans vouloir faire du mauvais esprit, ni même me lancer dans une spéculation intellectuelle hasardeuse, je ne suis pas persuadé que si, dans une hypothèse improbable, un nordique exalté avait transité par un hebdomadaire droitier (pour parler comme sur la gauchère France Inter), la confrérie journalistique française aurait été aussi délicatement discrète.
J'aime cette bienveillance de la presse de progrès.

vendredi 16 juin 2017

Le Président, le traitre et l’idiocrate (fable)



Fable républicaine par Laurent SAILLY

Le Président ayant trahi tous ses amis,
Se méfiait des énarques comme des technocrates,
Il ne trouva donc pour travailler près de lui,
Qu’un traitre à sa famille et un vieil idiocrate.


Le jeune Président n’avait que pour seul trac,
Ayant retenu la leçon du précédant,
Voir s’accumuler les bourdes et les couacs,
Sottises, ânerie et gaffes de ses courtisans.


Mais le traitre était loin de là exemplaire,
Avec son patrimoine souvent peu transparent,
Et l’idiocrate impliqué dans moultes affaires,
L’un, l’autre jalousant les bonnes grâces du Président.


L’un obtenait Matignon en faisant le beau,
Reniant comme Pierre, mentors et retournant casaque,
Après une grosse colère, l’autre devenait garde des sceaux,
Les deux compères étaient à mettre dans le même sac.

L’inévitable accrochage des deux frères ennemis,
A la première occasion se manifesta,
Lorsque l’idiocrate voulu être juge et parti,
Le premier voulant mettre tout de suite l’autre au pas.

L’idiocrate dit alors : « J’ai fait le Président,
J’aurai même pu devenir le chef de l’Etat,
Je ne dois rien à celui du gouvernement ? »
Béarnais et Normand la sauce ne prenait pas.

Laissant les tristes compères à leurs casseroles,
Le Président sans tâche restait loin du combat,
Lui qui pourtant était friand de sa parole.
Dans un mutisme assourdissant il resta.

Ayant mis en marche son implacable mouvement,
Rayant d’un trait des partis depuis longtemps morts,
Tira la morale que la parole est d’argent,
Mais qu’en politique le silence, lui, est d’or.

Pour la défense de la cause des femmes


Par Laurent SAILLY
Sexisme ordinaire, violences physiques ou psychologiques, pressions sociales, le sort des femmes dans notre pays est en régressions et les conquêtes issues de l’après mai 1968 semblent remise en cause. Les Français, toujours en première ligne pour défendre leurs acquis sociaux (35 heures, Congés payés, Sécurité sociale…) se mobilisent peu pour la cause de leurs épouses, de leurs mères, de leurs filles.

Même les féministes de hauts rangs se perdent dans leurs combats. Elles mobilisent contre une campagne de publicité de la nouvelle Twingo (Renault - « le Twingo Nail Polish ») où la marque au losange propose aux femmes des vernis assortis à la carrosserie afin de réparer soi-même ses erreurs de conduite, ou contre le « manspreading » cette attitude (et habitude) vulgaire et sans gêne de certains hommes à s’assoir les jambes écartées (notamment dans les transports publics) et on ne compte plus les errements intellectuels de Caroline de Haas ou de Clémentine Autain qui font passer leur islamo-gauchisme avant la cause des femmes.

Pendant ce temps-là on se s’occupe pas des conditions salariées de celles-ci (toujours payées 20% de moins que leurs homologues masculins), des « frotteurs » du métro parisien (ces hommes qui se collent littéralement aux femmes) et de la situation de plus en plus dégradée des femmes et des jeunes filles contraintes dans leur tenue vestimentaire quand elles ne sont pas soumises au port de voile par pression sociale de quelques-uns qui n’ont rien à voir avec la religion (si ce n’est plus). L’adage même hérité de la « révolution sexuelle » des années 1970 selon lequel « mon corps m’appartient » est attaqué par les extrémistes de tout bord qui remettent en cause l’I.V.G., la contraception, la P.M.A. Les violences faites aux femmes et le viol entre conjoint sont aujourd’hui reconnus, pourtant une femme meurt tous les trois jours sous les coups de leur compagnon en France, et on dénombre plus de 10 viols par jour en France (« par jour » ce n’est pas une faute de frappe) – dont 2 dans le cadre du couple.

La République en Marche semble ouvrir (enfin) les portes de l’Assemblée Nationale aux femmes. Mais n’oublions pas qu’aucune femme, dans l’histoire de France n’a jamais été chef de l’état ! Sous la République, aucune femme n’a occupé les fonctions de Président de la République, de président du Sénat ou président de l’Assemblée nationale. Une femme, Edith Cresson a été premier ministre…  moins de 11 mois.

Qui prendra la relève de Simone Veil ou d’Elisabeth Badinter ?

Tout n’est pas perdu. Il convient d’être vigilant et je vous invite à lire les interventions courageuses de Céline PINA (www.celinepina.fr) ou d’écouter les colères saines de Zohra Bitan aux Grandes Gueules (RMC le 15 juin).


N.B. : Madame Nathalie KIOSCUISCO-MORIZET,députée et ancienne ministre de Nicolas Sarkozy a été violemment agressée hieralors qu’elle menait campagne pour le second tour des législatives. Ellesouffre d’un traumatisme crânien et est toujours hospitalisée à l’heure de larédaction de ces lignes. On en parle dans les médias mais rien à voir avec lematraquage suite à la gifle reçue par Manuel Valls il y a quelques mois. Lesdeux actes sont répréhensibles. Je dénonce cependant un  traitement à deux vitesses.


jeudi 15 juin 2017

Ceux qui exploitent les peurs ne sont pas ceux qu'on croit ! par Philippe BILGER

Philippe BILGER, Justice au Singulier.

Introduire quelques dispositions exceptionnelles de l'état d'urgence dans le droit commun est une démarche qu'il convient de saluer et manifeste une volonté dont le bénéfice sera double.
Ce projet de loi dont la finalité est de rendre encore plus efficace la lutte contre le terrorisme armera le droit commun et pacifiera l'état d'urgence.
Le constat est tristement facile à faire. La menace terroriste est tragiquement présente - des événements récents l'ont encore démontré - et ce serait faire preuve d'une absence totale de lucidité et d'une confiance irraisonnée en l'avenir que d'imaginer que notre futur sera miraculeusement indemne de ces crimes et de ces horreurs.
En même temps l'invention législative n'est pas inépuisable et il me semble que la France, sous tout de même le quinquennat de François Hollande soumis à la pression massive d'un réel meurtrier, a mis en place un dispositif qui n'est pas parfait - d'ailleurs l'éradication absolue de tout ce qui blesse et tue relèverait du voeu pieux - mais suffisamment achevé et cohérent pour que plus rien de décisif ne puisse être imaginé par les pouvoirs publics. Sauf à constituer notre démocratie comme une dictature où l'humanisme même le moins naïf ne serait plus qu'une nostalgie.
Avec l'obligation de ne pas sacrifier des protections et facilités exceptionnelles dont on aura toujours besoin et qui donc n'auraient aucun titre à demeurer dérogatoires au droit commun puisque l'état d'urgence en tant que tel, lui, n'a pas vocation à être renouvelé indéfiniment. L'essentiel qui est nécessaire à la sauvegarde de notre pays sera incorporé à l'ordinaire de notre droit et l'inutile conjoncturel sera aboli (Le Monde).
Loin que ce projet de loi risque de nous entraîner à chaque nouvelle tragédie vers des mesures aujourd'hui inconcevables qui seraient encore plus dures, le contraire se produira. Il évitera toute surenchère puisque le vivier opérationnel pour combattre le terrorisme sera, en quelque sorte banalement et en permanence, à notre disposition et que rien de plus ne pourrait l'enrichir.
Je devine que mon propos n'obtiendra l'assentiment d'aucun syndicat. Je crains même que le remarquable et heureusement apolitique FO Magistrats - cela existe - participe de cette même réprobation. Je n'en démordrai pas pour autant. Je préfère enlever un peu au judiciaire pour donner plus à l'administratif si notre société s'en trouve davantage, et plus durablement, à l'abri.
Pour résumer : une menace constante sur nos destinées et la tranquillité de notre savoir vivre ensemble, l'interdiction de se priver d'un exceptionnel si nécessaire qu'il mérite d'être intégré au droit de tous les jours, la disparition de l'état d'urgence.
Alors il paraît que ce qu'on prépare serait infiniment dangereux pour nos libertés et que cela ressemblerait à "un monstre froid" ? Je l'ai entendu, c'était sur France Inter et Me Patrice Spinosi, avec un Patrick Cohen évidemment complaisant, développait toutes les menaces, toutes les peurs virtuelles qui se trouveraient nichées au coeur du projet de loi.
En l'entendant théoriser sur l'état de droit beau, pur, exemplaire mais désarmé, seulement questionné bizarrement par des auditeurs approbateurs, je ne pouvais pas m'empêcher de penser que ceux qui exploitaient la peur n'étaient pas ceux qu'on croit.
En effet, combien de fois des réalités indiscutables, objectives, traumatisantes, délictuelles ou criminelles ont été passées sous silence ou sous-estimées parce que les partis ayant le courage de s'appuyer sur elles pour en tirer une politique pénale cohérente étaient accusés de faire de la démagogie, d'exploiter un fonds de commerce et d'instrumentaliser les peurs !
Alors que les monstres froids étant plutôt du côté du terrorisme islamiste, on aurait aimé qu'on ne tombe pas à nouveau dans cette approche si convenue inventant un pire virtuel qui menacerait les citoyens en occultant le réel épouvantable qui les tue. C'est constituer un souci fantasmé et obsessionnel comme le plus efficace bouclier des criminels.
Cette dérive intellectuelle, que l'invocation inlassable à un état de droit hémiplégique peine à masquer, serait pardonnable si elle n'était pas inscrite à tout coup dans la contestation de toutes les mesures traitant des libertés et de la sécurité. Plutôt que d'examiner et peut-être de valider l'efficacité des projets, on s'acharne à démontrer leurs dangers virtuels quand la réalité à affronter imposerait de les rendre effectifs de toute urgence.
Les démagogues sont ceux qui interdisent à la démocratie de se défendre sans se renier. Pour eux, se défendre serait se renier.
Il y a aussi un populisme des belles âmes et des amoureux transis du droit.

Bloc-notes : la révolte des oubliés de la démocratie (I. Rioufol)

La révolution des dupes (1) se fera sans eux. Les oubliés de la démocratie se révoltent. Ces enracinés auraient pu espérer reprendre espoir, après la déroute d’une oligarchie insensible à leurs tourments existentiels. Mais l’histoire, habilement détournée par Emmanuel Macron, s’est arrêtée à mi-chemin. D’un coup d’épaule, le président a fait s’effondrer le vieux monde politique ; il ne tenait qu’à un fil. Il faut reconnaître au chef de l’État d’avoir réussi là, sans heurts, un bouleversement jubilatoire. La duperie est dans le jeu de bonneteau qui va faire entrer dimanche à l’Assemblée une jeune classe privilégiée semblable à l’ancienne, le professionnalisme en moins. La démocratie malade croyait avoir trouvé son rédempteur. Or le mal va s’envenimer. Parce qu’une partie du peuple a décidé de ne plus jouer le jeu (51,29 % d’abstentions au premier tour des législatives), une majorité absolue de sièges est promise à La République en marche (LREM), choisie dimanche dernier par 15 % des inscrits (32 % des voix). Le " bougisme" rafle la mise.
Une régression démocratique est à craindre. Un fort sursaut de participation est peu probable, au second tour, chez un électorat populaire retiré sur l’Aventin. Le déséquilibre dans la représentation nationale va s’aggraver. Il n’empêche pourtant pas des Républicains égarés de vouloir pactiser avec l’hypermajorité, rendue possible par un scrutin majoritaire à deux tours désormais explosif. Qui voudra entendre des voix dissonantes les trouvera moins chez les députés, majoritairement acquis à la pensée dominante, que sur les réseaux sociaux ou dans les rues. Quant au divorce entre les élites et le peuple, socle de la défiance, il sort renforcé par la sociologie des candidats LREM. Selon une étude (Cevipof), 68,6 % sont issus des classes supérieures. Les ouvriers, employés, artisans commerçants ne forment que 8,5 % des rangs de cette caste.
Des grévistes du vote ont pu choisir, certes, de ne pas faire obstacle à la valse des rentiers de la politique, insufflée par Macron. (La suite ici)

"Silence Coupable" de Céline Pina



Cent quarante-huit personnes sont tombées sous les balles du terrorisme islamiste en 2015, des milliers de jeunes sont radicalisés sur notre sol. À quelques kilomètres de Paris, certaines femmes ne vivent plus vraiment en France, ensevelies sous un linceul noir, assignées à résidence communautaire. La laïcité est combattue à l’école, à l’hôpital, dans les services publics comme dans les entreprises privées. On abandonne les Français de confession musulmane sous la coupe de l’obscurantisme. Les islamistes ne sont grands que parce que nos politiques sont à genoux. Cet abandon défait la promesse de paix, d’égalité et de prospérité que nous espérions léguer à nos enfants. Soyons notre propre espoir. Nous avons dans notre histoire, nos principes et nos idéaux de quoi redonner sens à notre monde et renvoyer les islamistes à leur obscurité, revendiquons-les et utilisons-les. Et alors nous serons grands parce que nous serons debout !



N'oublions pas.