samedi 29 juillet 2017

Le C.S.A. rêve-t-il d’un retour à la bonne vieille censure de l’O.R.T.F. ? Par Laurent Sailly


Je n’ai pas honte de le dire : j’aime bien Hanouna ! Certes, j’ai détesté la séquence au cours de laquelle il « a eu recours à de nombreux clichés et attitudes stéréotypées sur les personnes homosexuelles » (pour reprendre les termes du CSA). J’ai assisté, comme nombre de téléspectateurs, à ces échanges qui n’étaient ni drôle, ni juste. En regardant ces séquences, alors que je ne suis pas un professionnel de la télévision, j’ai tout de suite compris qu’on assistait à un dérapage en direct. Pourquoi personne (ses chroniqueurs pendant les pauses publicitaires ou le rédacteur en chef de l’émission en régie ne sont-ils intervenus pour lui dire d’arrêter ?). La chaine devait être sanctionnée. Elle l’a été. Sévèrement. Justement.

Depuis il s’est excusé, il a reconnu ses erreurs. 
Hanouna est à la télévision ce qu’a été Christophe Dechavanne dans les années 1990. C’est le dernier animateur à faire des émissions en direct. C’est le dernier à inventer des concepts. Pas toujours de bon goût.
Mais pourquoi cet acharnement contre l’animateur de C8 de la part du CSA ?
Olivier Schrameck est président de l’instance de contrôle de l’audiovisuelle depuis en janvier 2013, nommé par le président François Hollande. Homme de gauche, Olivier Schramek est un haut fonctionnaire, dans « l’ombre des cabinets ministériels » (Dans l'ombre de la République : les cabinets ministériels, Dalloz, Paris, 2006) depuis 1981. Vincent Bolloré est un industriel et homme d’affaires français, président du groupe Bolloré, proche de Nicolas Sarkozy. Jusque-là, le conflit a toujours tourné à l’avantage de l’industriel.

Mais appartient-il au président du CSA d’utiliser l’instance qu’il dirige pour régler ses comptes ? Permettez-moi d’en douter.
Dans un article intitulé, « A quoi sert le C.S.A. ? », l’avocat G.W. Goldnadel répond : « Il ne sert pas à surveiller les dérapages des gangsta’ rap tels qu'on peut les voir quotidiennement sur les vidéos-clips des chaînes musicales où, en boucles, nos jeunes admirent des caïds de banlieue idéalisés ridiculiser des flics détestables ou se pavaner aux côtés de créatures ravalées à l'état de marchandises. Il est vrai que peu de ligues féministes ne doivent souvent s'en effaroucher, réservant leur ire vigilante aux vieux mâles blancs tellement plus haïssables. » Et de compléter dans un article, « Angot, dérive de l'émission politique : L'étrange silence du CSA » :

« Depuis que le service public audiovisuel de l'information est impunément aux mains de l'idéologie gauchisante, il n'est nul besoin pour un cabinet noir d'avoir à insister pour répandre quelques informations désagréables pour l'adversaire, l'assistance sera empressée autant que mécanique.

Ainsi on peut s'étonner que David Pujadas, ordinairement mieux inspiré, ne se soit soucié que de faire taire le public mais jamais d'installer un dialogue entre Christine Angot et François Fillon. Madame Angot refusant explicitement de débattre et installant une atmosphère de tribunal révolutionnaire devant des téléspectateurs encore sidérés de tant de violence et de parti pris.

(…)

Aujourd'hui, voilà le tranquille Jean-Pierre Pernaut de TF1, morigéné pour avoir, entre un sujet sur les SDF et un autre sur les migrants osé lancer : « Voilà, plus de places pour les sans-abri, mais en même temps les centres pour migrants continuent à ouvrir partout en France ».

On avait connu pire insanité nullement sanctionnée. L'appel de Ruquier à assassiner un président américain. Ou ces phrases dénoncées au CSA par l'un de mes correspondants qui m'a demandé de m'en saisir.

Nous sommes le 24 novembre. Mon correspondant, fondateur d'un des plus importants instituts de sondages, est dans sa voiture à écouter France Inter. Il est 11h30. Parmi quelques saillies : à propos des candidats Fillon et Poisson : « pour prouver lequel des deux est le plus catholique, ils vont se faire sucer par des gosses ».

Et encore : « … C'est comme le ver solitaire, quand on a fait le con pendant cinq ans, il part du Fillon quand tu arrives à chier ».

Le citoyen-auditeur-contribuable de cette radio de service public a recommandé son courrier au président du CSA qui ne lui en a pas encore accusé réception après quatre mois. Sans doute considère-t-il qu'à 11 heures et 30 minutes du matin il était impossible qu'un enfant écoute la première antenne radiophonique nationale ».

Quel avenir pour la haute autorité audiovisuelle ?

jeudi 27 juillet 2017

Jean-Luc et le dictateur de Caracas : silence on tue !


Deux jours de grève générale ont commencé mercredi pour faire annuler l'élection des membres de l'Assemblée constituante que veut organiser le gouvernement chaviste de Nicolas Maduro dimanche. Cette Assemblée constituante est le dernier va-tout que le gouvernement vénézuélien a imaginé pour faire taire la vague de contestation qui agite le pays depuis plus de quatre mois pour réclamer son départ. Au total 105 personnes y ont été tuées, deux hommes de 16 ans et 30 ans ayant encore perdu la vie mercredi. Le pays est au bord de la guerre civile.


L'ONG Foro Penal, qui évalue à 4.500 le nombre d'arrestations, assure qu'un millier de personnes sont toujours détenues, dont quelque 300 sur ordre des tribunaux militaires. La Procureure générale du Venezuela, Luisa Ortega, principale figure de la contestation au sein même du camp chaviste (du nom d'Hugo Chavez, président de 1999 à son décès en 2013 et mentor de Nicolas Maduro), a dénoncé les violences exercées par les forces de l'ordre.


L’actuel député et président de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, reste étrangement silencieux. L’ex-candidat à la présidentielle avait, dans son programme, projeté d’intégrer la France à l’alliance bolivarienne (voir l’article de Méchant Réac à ce sujet). Celui-ci ne manque jamais de citer en exemple le Venezuela comme symbole démocratique.
Veut-il revoir sa position et dénoncer clairement le régime de Maduro ?

Moralisation : progrès ou épée de Damoclès ? par Philippe Bilger

Qui peut être assez bête, assez cynique ou assez suicidaire pour s’opposer à un projet de moralisation de la vie publique même s’il n’est pas le premier et ne sera sans doute pas le dernier ?

On ne peut décemment pas résister à ce qu’il y a de bonne volonté, de sincérité et d’authentique souci de l’éthique dans les intentions gouvernementales. Qu’elles ne soient pas totalement pures, je l’admets mais l’inspiration est positive.
La présentation de cette loi en discussion à l’Assemblée nationale a été maladroite. Comme s’il s’agissait d’incriminer globalement la classe politique en mettant tout le monde dans le même sac. La majorité des élus qui est impeccable et exerce un beau et difficile métier au service de la communauté et les quelques-uns qui l’ont dévoyé. La conséquence en est que cette exigence de rectitude morale qui devrait être évidente est contestée non pas parce qu’elle serait choquante en elle-même mais à cause de la confusion qu’elle risque d’opérer entre la masse des meilleurs et les rares pires.
Par ailleurs, le gouvernement s’est très vite aperçu à son détriment que la pureté est malaisée à trouver et relève parfois d’une recherche désespérée. Il y a des passés emplis d’ombres et des présents sujets à caution. Cette banalité ne devient préjudiciable qu’à partir du moment où le pouvoir qui prétend se camper en parangon de vertu dans tous les registres est lui-même pris dans des contradictions qui manifestent qu’il n’a pas plus de leçons à donner que ses adversaires.

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mercredi 26 juillet 2017


Non mon Père, je ne tendrai pas l’autre joue !


Je ne suis pas croyant pourtant je suis profondément chrétien. Parce que c’est ma culture, parce que c’est la culture de mon pays depuis le Vème siècle, parce que ce sont les racines de ma famille. Je suis chrétien comme je suis européen et français. Ce n’est pas antinomique.

Je suis chrétien et déterminé à défendre ma vie et celles de mes proches, de ma famille, de mes amis, de tous ceux qui veulent vivre en paix en France. Je ne laisserai pas les massacres se multiplier, sans pour autant faire d’amalgame, sans stigmatiser les musulmans de France.
Car nous avons à faire avec des voyous qui n’ont rien à voir avec la Religion. Nous avons à faire à des voyous qui veulent détruire la République, la Démocratie. Contre ceux qui veulent détruire la Démocratie il faut un régime d’exceptions où les lois de la démocratie et le droit commun ne s’appliquent pas.

Ce n’est pas de la haine, ce n’est pas de la vengeance, c’est de la légitime défense.
Je suis chrétien, mais non mon Père, je ne tendrai pas l’autre joue.

Laurent SAILLY

mardi 25 juillet 2017

Il n'y a pas de malédiction élyséenne ! par Philippe Bilger

D'aucuns se posent la question d'une "malédiction élyséenne" avec la chute de dix points d'Emmanuel Macron dans un récent sondage (Figaro Vox). Comme si le pouvoir suprême par lui-même était condamné à son propre déclin.

Pourtant, à bien y regarder en comparant les débuts des précédents quinquennats avec ceux de l'actuel, on retrouve un dénominateur commun qui est tout simplement la "malédiction" du réel ou en tout cas son irruption dans les illusions ou les promesses des campagnes même les plus honnêtes. D'un coup, l'enchantement suscité par le virtuel se brise sur un réel qui ne fait pas de quartier. Presque mécaniquement, le heurt du projet sur le présent du pays, l'éventuelle découverte de "cadavres budgétaires" dans le placard entraînent une diminution de l'adhésion collective.
D'autant plus que jusqu'à nouvel ordre, notre vie politique n'a pas encore connu ce miracle d'une campagne présidentielle qui promettrait moins qu'elle ne tiendrait. Une quasi impossibilité que cette répudiation de la démagogie et cette audace de la mesure et de la modestie !

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vendredi 21 juillet 2017

Les mots ont un sens : comment sommes-nous passés de « moraliser la vie politique » à « réguler la vie publique » ?


La presse, les think-tanks parlent dans leurs articles plus facilement de « moraliser la vie politique » (Iref, Le Monde, Capital, FranceInfo, Libération…). Quelques jours avant sa retraite politique, le député René Dosière enregistre une proposition de loi « de moralisation de la vie politique ».
Pour autant, pendant la campagne présidentielle, Emmanuel MACRON (page 26) s’engage à présenter plusieurs textes visant à « moraliser la vie publique » afin de "renforcer le lien qui existe entre les citoyens et leurs représentants".
En substituant le terme de « vie publique » à « vie politique », Emmanuel MACRON (et la classe politique dans son ensemble) semble élargir le champ d’action du futur texte. En fait, « vie publique » s’oppose à « vie privée ». Tout citoyen a (ou devrait) avoir une « vie politique » (dans le sens grec du terme) mais n’a pas forcément une « vie publique ». D’autre part, en faisant disparaitre le terme « politique », le législateur éloigne le sentiment populaire du « tous pourris ».
Présentée le 14 juin en Conseil des ministres et déposée le même jour devant le Sénat, le ministre de la Justice, M. François BAYROU, présente un projet de loi organique et un projet de loi ordinaire « rétablissant la confiance dans l'action publique ».
La rédaction du texte appelle plusieurs réflexions. En premier lieu, il s’agit de rétablir la confiance. La confiance a été « perdue » il faut la retrouver. En second lieu, les citoyens n’auraient pas perdu confiance dans la vie publique (le terme politique disparaît définitivement) mais dans l’action publique. L’analyse du rédacteur de la loi est juste. Les Français reprochent les agissements de leurs représentants et non l’environnement dans lequel ils évoluent.
Le rapporteur de la commission des lois du Sénat ayant rappelé qu'une trentaine de lois relatives à la régulation de la vie publique avait déjà été adoptée depuis 1985, la commission a souhaité retenir un intitulé plus sobre et le 13 juillet 2017, le Sénat adopte un projet de loi organique et un projet de loi ordinaire intitulés « pour la régulation de la vie publique ».
En effet, pour la commission sénatoriale, s’est dite surprise voir « heurter » par les expressions de « moralisation de la vie publique » et de « rétablissement de la confiance dans l'action publique » employées dans les intitulés comme dans les exposés des motifs du texte gouvernemental. D’abord elles sont susceptibles, nous dit le rapporteur, de « donner lieu à des interprétations inappropriées » (suivant ainsi l’avis du Conseil d’Etat du 12 juin 2017). Ensuite, ces expressions accréditeraient l'idée selon laquelle rien n'a été fait depuis des années pour réguler l'action publique. Effectivement, depuis 1985, une trentaine de lois ont été adoptées (cumul des mandats, financement des partis politiques, lutte contre la corruption, transparence de la vie publique, encadrement de l'exercice des mandats électifs). Enfin, du précédent constat, les sénateurs invitent les rédacteurs du texte de loi, à l’humilité « qualité qui fait cruellement défaut (…) à l'intitulé des deux projets de loi. »

L’aveuglement sénatorial est flagrant. Les sages du palais du Luxembourg considèrent que la confiance n’est pas perdue et seuls des ajustements sont nécessaires. En rétablissant la notion de « vie publique », ils n’incriminent pas l’action en elle-même (responsabilité active et personnelle) mais mettent en cause une responsabilité passive et collective (c’est l’environnement dans lequel ils évoluent qui est la cause des dérives : le fameux « système »).

Le 20 juillet 2017, la commission de l’Assemblée nationale présente les deux textes, organique et ordinaire, sous l’intitulé « pour la confiance dans la vie publique. »

Les députés adoptent une position intermédiaire. Plus jeunes (en âge, en expériences politiques) et plus près de leurs électeurs, ils ont consciences qu’il y a une perte de confiance. Par contre, la responsabilité est collective. Le système a perverti leurs prédécesseurs. Les nouveaux élus (de tout bord) se déclarent tous antisystème.

Bien sûr, à la fin ce qui comptera ce sera le texte. Mais cette volonté des hommes politiques de peser chaque mot doit nous appeler à la plus grande vigilance. Je reviendrai régulièrement sur l’évolution des termes employés par nos représentants avec l’espoir d’avoir enfin une loi portant sur « la moralisation de l’action politique » !


2017 © Laurent SAILLY pour Méchant Réac ! ®

jeudi 20 juillet 2017

Parc immobilier du ministère des armées

Lors de la présentation des conclusions de son contrôle budgétaire sur le parc immobilier du ministère des armées à la commission des finances, le 19 juillet 2017, Dominique de Legge, rapporteur spécial des crédits de la mission "Défense", a souligné que "l’état moyen des infrastructures de la défense ne cesse de se dégrader ", considérant que "pour que l’objectif de doter nos armées d’un budget correspondant à 2 % du PIB ait du sens, on ne peut pas laisser l’état des équipements et des infrastructures se dégrader, augmentant à terme les besoins".
Dans un contexte budgétaire contraint, l’immobilier a en effet constitué une variable d’ajustement du ministère des armées. Si des efforts ont été consentis, l’augmentation des crédits de plus de 10 % entre 2008 et 2016 n’a pas permis de ralentir la progression des besoins liés aux décisions en matière d’équipements et d’effectifs et au report d’opérations sur le parc existant.
En particulier, les infrastructures de la vie quotidienne (hébergement, restauration, équipements sportifs, etc.) ont été dans une large mesure sacrifiées au profit des opérations destinées à l’accueil et au soutien des programmes d’équipement . Selon Dominique de Legge, la dégradation des infrastructures du quotidien, "dans un contexte de suractivité des personnels, a un impact défavorable sur le moral de nos forces".

Les crédits consacrés à l’immobilier sont en outre complétés par des "recettes exceptionnelles" liées aux cessions d’emprises, dont les montants, par nature incertains, peuvent être diminués du fait de l’application de mécanismes de décote. Le dispositif dit "Duflot" s’est ainsi traduit par des moindres recettes s’élevant à près de 23 millions d’euros depuis 2014 . Sur la seule opération de cession de l’îlot Saint-Germain, le manque à gagner pourrait atteindre 100 millions d’euros.
Au total, l’estimation par le ministère des armées de ses besoins supplémentaires en matière d’infrastructures à six ans est passée de 79 millions d’euros en 2014 à près de 2,5 milliards d’euros en 2017. Dès lors, selon Dominique de Legge, l" intendance ne peut plus suivre".

C’est pourquoi le rapporteur spécial formule plusieurs recommandations dont la réévaluation de la pertinence de l’ensemble des projets de cession, en particulier du Val-de-Grâce, compte-tenu du contexte sécuritaire actuel, la rebudgétisation des recettes exceptionnelles issues de cessions, ou encore la prise en compte des besoins non-satisfaits dans la trajectoire financière pluriannuelle qui sera inscrite dans la loi de programmation des finances publiques discutée à l’automne 2017 et la future loi de programmation militaire.

Dominique de Legge (Les Républicains - Ille-et-Vilaine), rapporteur spécial des crédits de la mission "Défense", a présenté à la commission des finances, réunie le 19 juillet 2017, les conclusions de son rapport de contrôle sur le parc immobilier du ministère des armées.
  

Consulter le rapport d’information et la synthèse du rapport

La dignité d’une démission par Maxime Tandonnet

La démission est un geste extrêmement rare pour un haut responsable public. En général, le réflexe normal d’un grand patron de l’armée, de l’administration ou de la justice en disgrâce est de s’accrocher le plus longtemps possible à son rocher afin d’en retirer le maximum d’avantages personnels. La démission a une signification forte: mes convictions, mon sens du bien commun sont supérieurs à ma carrière. Je ne suis pas d’accord et j’en tire les conclusions qui s’imposent. Vainement, je cherche dans ma mémoire des exemples de ce type, mais aucun ne me vient à l’esprit. Il doit bien y en avoir, mais ma mémoire me fait ici défaut. Les ministres démissionnaires abondent, mais ce n’est pas la question: le ministre qui quitte son poste volontairement, agit le plus souvent avec une arrière-pensée à l’esprit, notamment celle de se désolidariser d’un fiasco politique et de se lancer dans le projet d’une élection présidentielle. Le haut responsable public qui démissionne est dans une toute autre approche: il sacrifie délibérément sa carrière au nom de sa conception de l’intérêt général, du bien public. Sa vision de l’intérêt général l’emporte sur son intérêt privé. Le message est sulfureux dans une France d’en haut rongée par le culte de l’ego. A l’heure où la vie publique française est plongée dans une vague d’obsession narcissique mélangé à un instinct grégaire qui fait froid dans le dos, le geste de Pierre de Villiers, en écho à la tragédie de la France, est digne d’un homme d’Etat.

Le blog de Maxime Tandonnet

Lettre à mon ami Éric Brunet

Linas, le 20 juillet 2017,


Cher Éric,
Tu sais (je me permets de te tutoyer puisque nous le faisons dans la vie), tu sais combien je suis un fidèle auditeur de tes émissions (RMC/RMC Découverte « Brunet/Neumann » à 7h50 ; RMC « Radio Brunet » – 13h à 15h) et de tes différentes interventions sur BFM TV. Tu sais combien je partage tes colères, tes indignations, tes espoirs.
Mais concernant le Général Pierre de Villiers, tu te trompes triplement.
D’abord, il appartient au chef d’état-major des armées (CEMA) d’alerter la représentation nationale (via la Commission de Défense de l’Assemblée nationale) de la situation humaine, matérielle et budgétaire des armées. Cette commission se tenait à huis-clos. Les fautifs sont les participants (députés en tête) qui ont mis sur la place publique des déclarations qui devaient rester entre les murs de la commission.
Ensuite, le président de la République, chef des armées, n’avaient pas à recadrer en public le CEMA, d’autant plus à l’Hôtel de Brienne, haut lieu de la Défense nationale. C’est ce « coup d’éclat » qui va mettre le feu aux poudres. D’autre part, le président de la République n’a pas à interférer dans les relations entre la haute administration et l’Assemblée nationale en vertu de la séparation des pouvoirs.
Enfin, il ne faut pas opposer le « pacte de stabilité » au « pacte de sécurité » (pour reprendre des termes « hollandiens »). Oui, il est indispensable de réaliser des économies d’envergure sur le budget de l’Etat. Non, ces économies ne doivent pas être imputées sur les ministères régaliens (armées, police, justice). La situation internationale et le risque terroriste nous interdisent de faire ce choix.
Tu me fais une petite crise de macronisme (comme tu en fais de temps en temps). Tu me feras une petite cure de sarkozisme pendant tes vacances (par exemple en prenant une dose de "Méchant Réac ! quotidiennement) et tu nous reviendras en forme à la rentrée.
Amicalement,
Laurent

mercredi 19 juillet 2017

VIDEO - Pensant son micro éteint, la présidente LREM de la Commission des lois fustige les députés En Marche “vautrés”, qui “font ce qu’ils peuvent” et qui “dorment”

http://dai.ly/x5u2sl6
Cliquez sur l'image pour voir la vidéo.

Toujours s'assurer que son micro est éteint... la présidente LREM de la commission des lois, Yaël Braun-Pivet, l'a appris à ses dépens cet après-midi. A la fin d'une séance de la très importante commission des lois de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, pensant son micro éteint, n'y va pas de main morte pour critiquer ses propres collègues, députés En Marche : “on a une responsable de texte qui est inexistante… c’est comme si elle était à Nouméa sur une chaise longue (…) et on a un groupe qui dort, qui ne sait pas monter au créneau, qui est vautré”.

Sécurité intérieure : le Sénat adopte le projet de loi de lutte contre le terrorisme

Mardi 18 juillet 2017, le Sénat a adopté le projet de loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme par 229 voix contre 106.
Les sénateurs ont notamment :
•    établi des mécanismes d’évaluation et d’encadrement des associations de prévention et de lutte contre la radicalisation, dont des dysfonctionnements ont été relevés par le rapport « les politiques de « déradicalisation » en France : changer de paradigme » de la commission des lois ;
• autorisé des organismes privés à but non lucratif gérant des établissements de santé, sociaux ou médico-sociaux à organiser un service de sécurité intérieure ;
•    autorisé les agents des services de sécurité de la SNCF et de la RATP à transmettre en temps réel les images captées par leurs caméras individuelles lorsque leur sécurité est menacée.

A partir du 1er novembre, le texte veut pérenniser dans le droit commun certaines dispositions exceptionnelles de l'état d'urgence. Il sera débattu en octobre à l'Assemblée nationale.

(Voir le dossier : Projet de loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme)
 

mardi 18 juillet 2017

Cinq ans pour sauver la Justice : 2 propositions de lois présentées par le Sénat

Mardi 18 juillet 2017, Philippe Bas (Les Républicains - Manche), président de la commission des lois, a déposé deux propositions de loi ordinaire et organique traduisant les propositions de nature législative formulées par la mission d’information pluraliste de la commission des lois sur le redressement de la justice, le 4 avril 2017 :
- une proposition de loi d’orientation et de programmation pour le redressement de la justice ;
- une proposition de loi organique pour le redressement de la justice.
Selon Philippe Bas : "Ces propositions de loi doivent être examinées rapidement par le Sénat, car les difficultés matérielles de nos tribunaux sont profondes et la nécessité des réformes impérieuse. On ne peut pas attendre 2018, comme l’a annoncé le Premier ministre, pour examiner une loi de programmation des moyens de la justice, a fortiori après l’adoption d’une loi de programmation des finances publiques qui aura déjà fixé l’évolution des budgets des différents ministères sur cinq ans. Nous devons être à la hauteur de l’urgence et de la gravité de la situation ! ".

VOIR LE DOSSIER

Leçon d'un Général à un jeune président de la République

Depuis quelques mois, le chef d’état-major des armées (CEMA), le général Pierre de Villiers, publie régulièrement des « lettres à un jeune engagé » dans lesquelles il défend les valeurs qui doivent animer chaque militaire.

Le président de la République aurait été bien inspiré de lire sa lettre du 13 décembre 2016.

« (…) L’autorité avec un grand « A » est celle qui ne tombe dans aucun des deux pièges qui la guettent. Ni l’abus de pouvoir qui détruit l’autorité, ni la démagogie qui est la négation même de l’autorité. Ni la coercition, ni l’argumentation. Ni la dureté froide, ni la mollesse tiède.  


Quand l’autorité est excessive, la confiance de ceux sur qui elle est exercée est trahie. Quand l’autorité fait défaut, l’indécision s’installe. De l’indécision nait l’ambiguïté. De l’ambiguïté nait la confusion. Ce sont là les deux plus sûrs chemins vers la défaite. 


Entre l’abus de pouvoir et la faiblesse, le chemin est étroit et exigeant. Il porte un nom que vous connaissez tous : le service du bien commun ! C’est avant tout au sens du service qu’on reconnaît l’autorité ! 


L’autorité avec un grand « A » écoute, décide, ordonne, entraîne, oriente, guide, sanctionne si besoin, encourage si nécessaire. Elle réchauffe ce qui est froid et redresse ce qui fléchit. Elle ne compte ni son temps, ni ses efforts. Elle crée une dynamique, un élan, un mouvement dans lequel on souhaite s’inscrire. Elle suscite l’adhésion et la volonté de vaincre !  


L’autorité n’existe jamais par elle-même ni pour elle-même. Elle est incarnée par un chef. Celui qui va donner du corps et du cœur à son « galon » par un savant mélange de compétence et de charisme. Celui qui, refusant de « se servir » de sa position, va au contraire mettre son autorité au service de la mission reçue. Celui qui, malgré ses imperfections et ses erreurs, saura conserver son autorité parce qu’il aura eu l’humilité de se remettre en question. 


Pour résumer, l’autorité (…) incarne la responsabilité et non le pouvoir. Elle oblige tout autant celui qui l’exerce que celui sur qui elle s’exerce. »

Extraits de la lettre « L’Autorité » du 13 décembre 2016
Général d’armée Pierre de Villiers
in "Lettres à un jeune engagé"

Pour lire le dossier réalisé gracieusement par l'ASAF regroupant les "lettres à un jeune engagé , pensées du terrain" écrites par le Général d'armée Pierre de VILLIERS, Chef d'Etat Major des Armées (CEMA), cliquez sur le lien.

Il faut réduire le millefeuille territorial

2017 © Laurent SAILLY pour Méchant Réac ! ®


Avec la promesse électorale d’Emmanuel MACRON relative à la Taxe d’habitation, la France dite « d’en haut » s’aperçoit d’une part que la pression fiscale est trop importante et, d’autre part la France dite « d’en bas » que la fiscalité est une nécessité.

Avant tout débat, il convient, dans tout budget, de différencier les dépenses de fonctionnement et le dépenses d’investissement. Les dépenses de fonctionnement sont nécessaires mais doivent être maitrisées. Les dépenses d’investissement sont indispensables et doivent être encouragées.

Collectivité territoriale : Comment maîtriser les dépenses de fonctionnement ?

L’organisation territoriale de la France est une poupée russe. Il est temps de rationaliser cette organisation. Sans tenir compte de l’échelon national et de l’échelon européen, la France c’est :

-       1 880 conseillers régionaux — nombre resté inchangé malgré la réduction du nombre de régions,

-       4 108 conseillers départementaux,

-       35 885 maires,

-       521 661 de conseillers municipaux,

-       80 400 élus intercommunaux.

Avec ses 36 000 communes environ, la France contient plus de 40 % des communes de l’Union européenne. L’intercommunalité, a permis de mutualiser certains services, mais elle n’a pas permis une diminution significative du nombre de communes. En moyenne, une commune française compte environ 1 800 habitants contre 5 500 pour l’Union européenne.

La refonte communale tendrait à ramener à 10.000 super-communes de 5000 habitants minimum et à la suppression de l’échelon intercommunal. Chaque commune aurait à sa tête un conseil municipal de 10 à 20 membres (en fonction de la taille). Compte-tenu de l’importance des responsabilités, les indemnités des maires et des conseillers doivent être revalorisés.

Le nombre des conseillers régionaux doit être revu à la baisse. Chaque région doit limiter le nombre de conseillers par département à 5 (envisagé comme circonscription géographique).

Ensuite, la suppression de l’échelon départemental fera redescendre une grande partie des compétences de ceux-ci au niveau des super-communes. En parallèle, les nouvelles régions doivent se voir doter de missions, de compétences et de responsabilités élargies.

Enfin, des règles budgétaires strictes et connues de tous doivent être édictées, notamment par l’interdiction de voter un budget en déficit.

Projet de loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme : la commission des lois réaffirme le rôle de gardien des libertés individuelles du Sénat

Réunie le 12 juillet 2017, la commission des lois du Sénat a substantiellement modifié le projet de loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme, afin de garantir un équilibre entre les impératifs de sauvegarde de l’ordre public et de protection des droits et libertés constitutionnellement garantis.

À l’initiative de son rapporteur, elle a limité dans le temps, jusqu’au 31 décembre 2021, l’application des dispositions permettant de prendre des mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance (article 3) et de procéder à des visites domiciliaires et des saisies (article 4). Elle a considéré que ces mesures, inspirées de la loi du 3 avril 1955 relative à l’état d’urgence, exigeaient un contrôle parlementaire renforcé avant leur inscription définitive dans le droit commun.

Le président Philippe Bas a souligné l’importance de cette initiative : « Il s’agit donc d’une clause d’autodestruction des dispositions des articles 3 et 4. Une évaluation annuelle nous renseignera sur leur utilité marginale. S’il s’avère que ces mesures sont inutiles, le Parlement n’aura pas à les reconduire. »

Par ailleurs, la commission a aligné les conditions de pointage, dans le cadre des mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance, sur celles prévues par le contrôle administratif des retours sur le territoire (CART) et a placé le renouvellement de ces mesures sous le contrôle de l’autorité judiciaire. Elle a supprimé l’obligation de déclaration des numéros d’abonnement et d’identifiants de communication électronique en raison de l’atteinte forte portée au respect de la vie privée, au secret des correspondances et aux droits de la défense (article 3). Elle a également amélioré le régime juridique des visites domiciliaires et des saisies afin de renforcer les garanties des personnes concernées (article 4).

La commission a admis l’instauration de périmètres de protection (article 1er), sur arrêté préfectoral, pour la sécurisation des lieux ou évènements soumis à une menace terroriste, mais en a circonscrit l’usage. Elle a ainsi précisé que ces périmètres ne pourraient être instaurés qu’en cas de risque « sérieux et actuel » d’actes de terrorisme et ne sauraient, en tout état de cause, revêtir un caractère pérenne. Elle a également amélioré les garanties inhérentes aux vérifications pouvant être exercées au sein desdits périmètres, notamment en exigeant le consentement des personnes contrôlées. Enfin, elle a renforcé les garanties relatives à la vie privée, professionnelle et familiale des personnes contrôlées.

La commission a également réduit la portée de l’extension des contrôles d’identité dans les zones frontalières, ainsi qu’autour des points de passage frontaliers, afin d’assurer la conformité des mesures proposées avec le droit de l’Union européenne et la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne (article 10).

Pour Michel Mercier, rapporteur : « l’apport essentiel du bicamérisme est la défense des libertés publiques ». Pour Philippe Bas, président : « Le Sénat est prêt à voter les mesures nécessaires à notre sécurité, à condition qu’elles soient respectueuses des libertés fondamentales ».

Le Sénat examinera ce texte en séance publique le mardi 18 juillet et le mercredi 19 juillet 2017.

vendredi 14 juillet 2017

“Nous pensions avoir un nouveau président, et l'on reprend les vieilles manières”

Général Vincent DESPORTES, général de division de l’armée de terre et professeur associé à Sciences Po., Europe 1, 14 juillet 2017 - Extraits

“Cette annonce n’aurait jamais dû être faite avant le 14 juillet. Donc on est bien dans une maladresse. Est-ce qu'on est devant de l'incompétence ?”

“De l'amateurisme ? Très probablement !”

“J’en veux quand même un peu au président de la République. Il a dit aux militaires qu’il respecterait les contraintes humaines et matérielles”,


“Quand le chef état-major demande qu’on ne vole pas aux armées 850 millions d’euros, les Français doivent savoir qu’il ne se préoccupe pas des armées mais de la défense de la France”.

“On retire à la défense de la France, en permanence, des masses budgétaires. Nous pensions avoir un nouveau président, et l'on reprend les vieilles manières ; c'est à dire que, quand on ne sait pas faire, on considère les armées comme une variable d'ajustement”.

“Qui peut défendre les militaires et les armées ? Ce n’est probablement pas notre ministre qui, quelles que soient ses énormes qualités, est surement beaucoup trop faible aujourd’hui, qui ne connait pas ce ministère”.

“Il faut bien que le militaire en chef fasse valoir son point de vue. Le rôle du chef d’Etat-major des armées c’est de le dire. Il est garant du présent et du futur des armées pour la défense des rançais”.,

Budget des Armées : à combien Emmanuel MACRON évalue-t'il le prix du sang ?

« Je suis votre Chef ! » Le président de la République (également chef des armées selon l’article 15 de la Constitution) Emmanuel MACRON a, fermement et brutalement, confirmé les coupes dans le budget du ministère des Armées, recadrant le Général Pierre de Villiers.

Nos militaires sont déjà engagés tous azimuts contre le terrorisme sur le territoire national comme à l’extérieur. S’il est fondamental pour une démocratie que le pouvoir militaire soit soumis au pouvoir civil, il est tout aussi fondamental pour une démocratie d’avoir une armée « en marche » pour défendre ses libertés.
Est-il utile de rappeler une fois de plus l’état de paupérisation de notre armée, comme n’ont cessé de le faire les chefs d’état-major des armées lors de leurs auditions devant les commissions de la Défense, relayés par de trop rares journalistes et par des officiers généraux en 2e section que le ministre précédent cherchait à faire taire au nom du devoir de réserve ?
Si l’on raisonne en termes de poids dans le budget annuel de l’Etat français, la Défense est passée de 14% en 1982 à 10% en 2016. En termes de part consacrée à la Défense par rapport au total des richesses produites, le ratio est passé de 3,1% du PIB en 1982 à 1,88% en 2011 et 1,73% en 2015. Ce qui correspond à une division par deux de l’effort de défense français en trente ans. Le ministère des Armées est aussi le ministère qui s’est le plus réformé sous la pression des coupes budgétaires successives. De 2008 à 2019, la défense aura perdu 50 000 postes.
Aujourd’hui, avec 1,5% de son PIB (hors pensions), le budget militaire de la France est dépassé par celui de l’Allemagne qui ne possède pourtant pas d’armement nucléaire et n’est pas engagée aussi intensément qu’elle dans les opérations extérieures. Le budget militaire américain est 20 fois celui de la France.
Nos forces armées payent « l’impôt du sang ». Elles sont tout simplement harassées par une activité opérationnelle très soutenue qui est près de 30% supérieure dans certains domaines au contrat opérationnel édicté par le Livre Blanc 2013. Les exigences des engagements actuels, entre les opérations extérieures et intérieures, induisent une véritable surchauffe budgétaire et opérationnelle qui met en danger l’endurance de notre outil militaire. Et nous leurs demandons encore des efforts économiques. Des économies qui concerneront les programmes d’équipements cruciaux : ravitailleurs en vols, navires patrouilleurs, hélicoptères…). Avec les conséquences que l’on sait : même si notre armée reste théoriquement capable de mener n’importe quel type de mission, les nombreuses déflations d’effectifs dans les forces de combat et surtout dans les fonctions de soutien mettent clairement en danger notre capacité à fournir une « masse critique » d’hommes et de matériels. 

Dans ce blog, depuis deux ans, je relaye les appels des plus hauts gradés de notre pays :
Le 8 janvier 2017 : "Un désastre militaire" par le général (2S) Vincent DESPORTES (extraits)
Le 9 février 2016 : « Il est grand temps pour le Président de la République d'entendre le malaise de nos armées ! »
Le 17 janvier 2017 : « Aux Français qui croient encore être défendus »

En exigeant 850 millions d’euros d’économies au ministère des Armées, celui-ci apparait comme le principal ministère concerné par les coupes. La mollesse avec laquelle la ministre des Armées a soutenu le chef d’état-major, ce matin sur RTL, laisse imaginer l’énergie qu’elle a déployé pour protéger le budget de son ministère. On comprend mieux, à la lumière des derniers évènements, pourquoi Jean-Yves LE DRIAN n’a pas été maintenu dans ses fonctions après l’élection présidentiel qui, quand il était à l’hôtel de Brienne n’a pas ménagé ses efforts, pour sauvegarder -souvent in extremis-  les ressources et réorganiser les services. Il est vrai qu’il est plus facile de « mettre au pas » l’armée que l’éducation nationale ou l’administration des finances.


Il est temps de donner à nos armées de vraies marges de manœuvre. La Loi de Programmation Militaire 2018-2023 (qui sera discutée à l’automne 2017) doit répondre clairement aux objectifs de défense et de sécurité des français. 

jeudi 13 juillet 2017

Code du travail: l'Assemblée autorise le gouvernement à légiférer par ordonnances

Les députés ont donné jeudi soir leur feu vert à une large majorité au gouvernement pour légiférer par ordonnances sur la réforme controversée du code du travail, premier gros chantier du quinquennat.
Après quatre jours de débat, le projet de loi d'habilitation a été approuvé par 270 voix contre 50. La majorité ainsi que les Républicains et les Constructifs LR-UDI ont voté pour alors que la Nouvelle gauche (ex-PS), les Insoumis et les communistes ont voté contre.
Alors que la concertation se poursuit avec syndicats et patronat, ce texte définit les contours des futures ordonnances.
Parmi les points les plus controversés, le plafonnement des indemnités prud'homales, la fusion des instances représentatives du personnel, le rôle accru de l'accord d'entreprise ou encore la modification du compte pénibilité.
Le texte va maintenant être transmis au Sénat pour être voté définitivement d'ici avant la fin de la session extraordinaire début août.
Le contenu des ordonnances sera présenté fin août aux partenaires sociaux pour une ratification soumise à l'automne au Parlement. Une journée de mobilisation est prévue le 12 septembre à l'appel de la CGT.

Au-delà de la polémique, l’enjeu démographique africain

Mon blog personnel de Maxime Tandonnet.

La polémique stérile est devenue une figure imposée de la vie politico-médiatique française. Un mot, une phrase, ressentis comme sortant des sentiers battus de la pensée correcte, et la crise d’hystérie se déclenche. Le psychodrame de la semaine est venu du chef de l’Etat en personne. « Des pays ont encore sept à huit enfants par femme. Vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien ». Cette déclaration a provoqué un tollé dans une partie de la presse et des médias. Le mot de « racisme » a même été lâché. Ces paroles méritent-elles une pareille accusation? Le sujet de la démographie africaine doit-il relever du tabou absolu?
En vérité, d’après la division des populations de l’ONU, le taux de fécondité moyen de l’Afrique subsaharienne est de 5,4 enfants par femme, contre 1,5 en Europe. Toutefois, il est de 7,6 enfants au Niger, 7,1 en Somalie, 6,8 au Mali et au Tchad. A cet égard, M. Macron n’a fait qu’énoncer une réalité.
D’après les estimations de l’ONU, le nombre d’habitants du continent africain, de 808 millions en 2000 atteint aujourd’hui 1,2 milliard et sera de 4,2 milliards en 2100, soit un tiers de la population mondiale. L’Afrique sera alors 9 fois plus peuplée que l’Europe (500 millions d’habitants). Or, la démographie relève de tendances lourdes, difficiles à infléchir sur une ou deux générations: 41% des Africains ont aujourd’hui moins de 15 ans et rien ne laisse prévoir pour l’instant une baisse de la natalité future.
La croissance économique permettra-t-elle à l’Afrique subsaharienne de nourrir cette population et de vivre dignement? Telle est la vraie question… Or, la course de vitesse entre les courbes de la croissance démographique et de la croissance économique est loin d’être gagnée. Depuis deux ans, la première, de 2,7% par an, excède même la seconde (1,5% en 2016 et 2,5% en 2017 selon la Banque mondiale) même si quelques pays réalisent plus de 7% de croissance économique (Ethiopie, Rwanda, Tanzanie). La pauvreté est globalement en recul en Afrique, mais les inégalités internationales se creusent. Ainsi, selon la banque mondiale, le revenu annuel moyen en France est de $42 250 et celui du Niger de $410: une différence de plus de 1 à 100! 250 millions d’Africains sont sous-alimentés (PNUD). Un tiers des enfants n’est pas scolarisé.
Toute l’histoire de l’humanité démontre que le développement économique et l’accès à la prospérité s’accompagnent d’une transition démographique et d’une chute de la fécondité. Pourquoi l’Afrique subsaharienne ferait-elle exception à ce constat ? Il n’est pas illégitime de souligner, comme l’a fait M. Macron, le lien entre démographie et développement.
L’enjeu est colossal pour l’avenir de la planète. Si l’Afrique ne s’engage pas à la fois dans un processus de stabilisation de sa démographie et de progrès économiques, politiques et sociaux de grande ampleur dans les décennies à venir, ce continent risque de devenir une poudrière. L’émergence de gigantesques métropoles livrées à la misère se traduira alors par une explosion de conflits ethniques et religieux, une montée des fanatismes, de la violence et du terrorisme. L’émigration fournira sans doute une solution à une partie de la population mais elle se heurtera inévitablement aux limites des capacités d’accueil et aux enjeux de cohésion sociale des pays de destination. Si l’Afrique devait sombrer dans le chaos, à l’horizon du siècle à venir, l’Europe y plongerait avec elle. L’avenir de l’Europe et celui de l’Afrique sont indissociables.
Il est entendu que le futur de l’Afrique dépend des Africains eux-mêmes. Cependant, dans un monde global, certaines questions fondamentales relatives à l’Afrique s’imposent aussi à l’échelle planétaire: le volume et la réforme de l’aide au développement ; les règles du commerce international; l’action internationale pour faciliter la modernisation économique, politique et sociale, la stabilisation et la transition démographique du continent africain. L’émancipation de la femme par l’instruction et le contrôle des naissances, notamment, est un sujet de caractère universel qui devrait transcender toute forme de tradition.
L’avenir du continent africain représente sans doute l’un des grands enjeux planétaires du siècle. Le destin de l’Afrique au cœur de l’avenir de l’humanité, mérite mieux qu’un procès en inquisition et une misérable polémique franco-française.

Menace de sanctions américaines contre les entreprises participant au projet de gazoduc North Stream 2 : l’Union européenne doit réagir

Jean Bizet (Les Républicains - Manche), président de la commission des affaires européennes du Sénat, s’inquiète du projet voté par le Sénat américain visant à durcir les sanctions imposées à la Russie. Ce projet aurait pour effet de permettre des mesures de rétorsion à l’égard des entreprises participant au projet de gazoduc North Stream 2 entre la Russie et l’Allemagne.

Il souligne que, compte tenu des investisseurs qui y participent, North Stream 2 doit être considéré comme un projet de nature privée. Ce qui implique de respecter les choix de ces acteurs économiques. Toutefois, compte tenu des enjeux économiques et politiques, l’Union européenne ne peut rester sans réagir et doit envoyer un message clair aux autorités américaines. L’Union européenne dispose des instruments de défense permettant de s’opposer à l’extraterritorialité des lois américaines. Elle doit les utiliser si nécessaire pour protéger les intérêts de ses entreprises.


A quoi joue Emmanuel MACRON avec nos armées ?


Dans mon article du 11 juillet (Gérald DARMANIN, l'homme qui valait 4,5 MILLIARDS !) je m’étonnais de la déclaration de Gérald DARMANIN selon laquelle, le gouvernement demandait au ministère des Armées « de tenir le budget (…) ce qui entraîne une réduction des dépenses de 850 millions d'euros. Le budget ne diminue pas, mais l’enveloppe votée devra être respectée. »

Au lendemain de l’audition du plus haut gradé de nos armées, le chef d’Etat-major des armées, le Général Pierre de Villiers, par la commission de la Défense de l’Assemblée nationale, au cours de laquelle il a menacé de démissionner, on s’interroge sur la stratégie militaire du président de la République.

Alors que la situation internationale est tendue et la menace terroriste plus présentent que jamais, il est déraisonnable de demander des efforts économiques à nos armées. Emmanuel MACRON avait fait la promesse d’augmenter le budget de défense de la France.

C’est un drôle de cadeau fait à nos militaires qui défendent nos libertés (et celles des Européens à qui on devrait exiger une participation à l’ « effort de guerre ») alors que se préparent les festivités du 14 juillet.

Il n’y a pas de nation libre sans armée forte, ni de soldats victorieux sans le soutien indéfectible d’une nation rassemblée. L’Histoire nous l’enseigne, l’actualité nous le rappelle et l’avenir l’exige.

L’armée renforce la cohésion et reflète l’identité de la Nation.

L’armée garante de la Défense et facteur de crédibilité.

La Défense, un puissant moteur pour notre économie.

Il est indispensable que les Français se rassemblent pour exiger de l’Etat qu’il considère à nouveau la Défense comme son premier devoir.

Il est fondamental que Emmanuel MACRON cesse de faire de la Com’ pour passer aux actes !

13 juillet : Pendant ce temps-là... à l'Assemblée nationale

Toute la journée, Assemblée poursuit l'examen du projet de loi d'habilitation à prendre par ordonnances les mesures pour le renforcement du dialogue social.


Principales dispositions du texte

Article 1er
Habilitation du gouvernement à prendre par ordonnances toute mesure relevant du domaine de la loi afin de reconnaître et attribuer une place centrale à la négociation collective notamment d'entreprise, dans le champ des dispositions, applicables aux salariés de droit privé, relatives aux relations individuelles et collectives de travail, à l'emploi et à la formation professionnelle.

Article 2
Habilitation du gouvernement à prendre par ordonnances toute mesure relevant du domaine de la loi afin de mettre en place une nouvelle organisation du dialogue social dans l'entreprise et de favoriser les conditions d'implantation syndicale et d'exercice de responsabilités syndicales, applicables aux salariés de droit privé.

Article 3
Habilitation du gouvernement à prendre par ordonnances toute mesure relevant du domaine de la loi afin de renforcer la prévisibilité et ainsi de sécuriser la relation de travail ou les effets de sa rupture pour les employeurs et pour les salariés de droit privé, et de modifier les dispositions relatives au licenciement pour motif économique, en définissant le périmètre d'appréciation de la cause économique.

Article 4
Habilitation du gouvernement à prendre par ordonnances toute mesure relevant du domaine de la loi afin de favoriser le développement de la négociation collective pour les salariés et employeurs de droit privé et de sécuriser les accords collectifs.

Article 5
Habilitation du gouvernement à prendre par ordonnances toute mesure relevant du domaine de la loi afin de modifier les règles de prise en compte de la pénibilité au travail, en adaptant les facteurs de risques professionnels et de modifier la législation applicable en matière de détachement des travailleurs.

Article 9
Habilitation du gouvernement à prendre par ordonnances toute mesure relevant du domaine de la loi afin de décaler d'un an, au 1er janvier 2019, l'entrée en vigueur de la mise en œuvre du prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu.


C.R. des dernières séances :



13 juillet: Pendant ce temps-là, au Sénat....

Mercredi 12 juillet, au cours d'une seconde délibération, le Sénat a adopté l'amendement qui : 

- réintroduit l'interdiction, pour un parlementaire, d’employer un membre de sa famille en tant que collaborateur ;
- intègre dans le texte la publicité des « emplois croisés » au sein des assemblées ;
- ainsi que l’interdiction de l’emploi, par un parlementaire, de son suppléant ou suivant de liste en tant que collaborateur.

[lire l'article Emplois familiaux : le Sénat va revoter ! ]

Jeudi 13 juillet, à partir de 9h30, le Sénat entame l'examen des articles du projet de loi organique.

[Voir également l'article Pendant ce temps-là, au Sénat : Lois relatives à la Confiance dans l’action publique ]

N'oublions pas.