jeudi 27 juillet 2017

Moralisation : progrès ou épée de Damoclès ? par Philippe Bilger

Qui peut être assez bête, assez cynique ou assez suicidaire pour s’opposer à un projet de moralisation de la vie publique même s’il n’est pas le premier et ne sera sans doute pas le dernier ?

On ne peut décemment pas résister à ce qu’il y a de bonne volonté, de sincérité et d’authentique souci de l’éthique dans les intentions gouvernementales. Qu’elles ne soient pas totalement pures, je l’admets mais l’inspiration est positive.
La présentation de cette loi en discussion à l’Assemblée nationale a été maladroite. Comme s’il s’agissait d’incriminer globalement la classe politique en mettant tout le monde dans le même sac. La majorité des élus qui est impeccable et exerce un beau et difficile métier au service de la communauté et les quelques-uns qui l’ont dévoyé. La conséquence en est que cette exigence de rectitude morale qui devrait être évidente est contestée non pas parce qu’elle serait choquante en elle-même mais à cause de la confusion qu’elle risque d’opérer entre la masse des meilleurs et les rares pires.
Par ailleurs, le gouvernement s’est très vite aperçu à son détriment que la pureté est malaisée à trouver et relève parfois d’une recherche désespérée. Il y a des passés emplis d’ombres et des présents sujets à caution. Cette banalité ne devient préjudiciable qu’à partir du moment où le pouvoir qui prétend se camper en parangon de vertu dans tous les registres est lui-même pris dans des contradictions qui manifestent qu’il n’a pas plus de leçons à donner que ses adversaires.

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