jeudi 31 août 2017

La pensée jupiterienne par Céline Pina

Hier, j'ai eu envie de saluer le discours de Macron, osant parler de terrorisme islamiste et d'une bataille à mener qui n'était pas que sécuritaire mais aussi culturelle.

Mais ça c'était le matin. L'expérience eût du m'apprendre qu'avec Monsieur Mais-en-même-temps rien ne dure plus que le temps de l'annonce. Et en effet, l'après-midi, Sarah Toumi était nommée parmi les happy few d'un conseil de l'Afrique. Sarah Toumi, présidente de l'association Lallab, une de ces multiples officines communautaristes liée aux frères musulmans, chargée de faire accepter les marqueurs islamistes en les présentant comme des revendications de liberté.

Cela devient dur à suivre la pensée ou plutôt l'absence de pensée jupiterienne. Comme si l'homme croyait tellement en sa séduction qu'il pensait que l'incohérence n'était pas un problème qui pouvait devenir politique. Il nous propose de croire que grâce à lui, le loup et l'agneau partageront la même couche. Comme Woody Allen, je pense que l'agneau risque de mal dormir. Mais vu que cela importe peu au berger...

Hier matin, j'ai cru qu'un homme politique de premier plan assumait enfin la lutte contre le totalitarisme islamiste en s'attaquant à ceux qui infusent les têtes et diffusent son idéologie, et qu'enfin les filiales du refus de l'égalité, de la haine de la démocratie, du féminisme, des juifs, de tout ce que nous sommes, allaient enfin être combattues sur le terrain, leur entrisme empêché, leurs leaders, combattus.

Hier après-midi, j'ai su qu'il n'en serait probablement rien.

Poser un acte. En afficher un autre derrière qui dément le premier et croire que cela est le summum de l'habileté en politique, c'est non seulement faire preuve d'un cynisme achevé dans sa relation avec le peuple mais finir de détruire la légitimité de la parole politique.
La godille est un moyen d'échapper à ses responsabilités pas de reconstruire un pays.

Post scriptum: la force des associations filiales de l'islamisme est de ne pas être composée que d'islamistes. Mais cela n'enlève rien à la nature de ce qu'est l'association. C'est comme avec le vote FN, certains se trompent sincèrement sur la nature du parti pour lequel il vote. En attendant, Nommer Sarah Toumi sans lui demander de démissionner de son poste de présidente de Lallab et de prendre officiellement ses distances avec l'idéologie sous-jacente de l'association est plus qu'une erreur, c'est une faute.