samedi 4 novembre 2017

Les dérives de l'affaire Weinstein : D’un harcèlement à l‘autre

© Laurent SAILLY pour Méchant Réac ! ®
L’affaire Weinstein est très certainement le scandale sexuel de la décennie. Les révélations qui se succèdent contre le producteur américain. Le nombre des victimes, les actes reprochés à l’auteur et la complicité de son entourage (par son silence) lèvent le voile sur des pratiques barbares.

Chaque jour, une nouvelle victime libère sa parole. La honte passée, la pression sociale ayant changé de bord, les violeurs et agresseurs de toutes sortes ont du mauvais sang à se faire. Des acteurs, des hommes politiques, des dirigeants d’entreprises vont se voir confronté à leurs « proies ».

Mais l’Occident, ayant perdu ses valeurs et le sens de la proportionnalité, confond tout, mélange tout, oublie tout.

Le scandale s’étend et submerge la société.

L’hashtag #DenonceTonPort sur Twitter en France, mais aussi les dénonciations publiques en Grande-Bretagne illustrent la désintégration de la société occidentale.

Républiques ou Monarchies constitutionnelles, les nations européennes se vantent d’être des sociétés démocratiques.

Mais l’un des fondements de la Démocratie c’est la Justice. Et une Justice démocratique doit se préoccuper de la protection des victimes et assurer les droits de la défense. Le déballage médiatique sur la place publique n’assure ni l’un ni l’autre. Les victimes vont devoir affronter les actions défensives de leurs bourreaux et peut-être ainsi détruire des années de reconstruction psychologiques. Les accusés (au sens général du terme) sont jetés en pâture à la populace. Des vies vont être à nouveau brisées. La vengeance prend le pas sur la condamnation. La rumeur supplante la preuve.

Quel que soit le « crime », la présomption d’innocence doit être respectée. Cette présomption doit s’appliquer tout en assurant les droits des victimes.

Dans la même idée, la notion de proportionnalité doit être redécouverte. Quel rapport entre les exactions d’un Weinstein (ou à un autre temps celui de DSK), qui, il y a encore un mois, brisait des carrières ou a soumis des jeunes femmes à ces fantasmes sexuels et un ministre britannique qui a posé, il y a 35 ans, une main sur un genou ?  Entendons-nous bien, dans un cas comme dans l’autre il y a faute. Cette faute doit être condamnée. Mais les actes reprochés ne sont-ils pas à relativiser entre eux ?

En refusant cette relativité, en généralisant les comportements, le risque est de faire de gestes intolérables envers des femmes, des pratiques courantes, habituelles. De là à voir un système de défense d’un harceleur de faire de ses pratiques des « coutumes » sociales il n’y a pas loin. Ce manque de relativité est, dans un autre débat, celui de la laïcité, de brouiller les règles.

Par la faute de quelques-uns, on crée un climat de suspicion et de division entre les hommes et les femmes. Comme aux Etats-Unis, on verra des hommes éviter de prendre seul un ascenseur avec une femme. Dans un monde qui ne communique plus que par réseau sociaux interposés, où l’individualisme est érigé en système, où il faut appartenir à un clan ou nier les différences, le clivage homme-femme marquerait l’ultime rupture de notre société.

Les règles sont pourtant simples.

1.       Il n’y a pas de place pour la séduction dans le milieu professionnel que ce soit entre collègues ou avec les clients.

2.       Le consentement ne se présume pas. Il doit être explicite et peut être remis en cause à tout moment (même dans le couple).

3.       Tout témoin d’un acte de harcèlement, dans un endroit public ou privé, se doit d’intervenir et de porter assistance à la victime sous peine d’être complice passif de l’harceleur (et condamné comme tel).

Agissons en société civilisée. N’oublions pas que nous avons tous une mère qui peut (ou a pu) être une victime et un père qui peut (ou a pu) être injustement dénoncé.

A défaut, tout le monde sortira perdant.