L’islamisme, gangrène de la gauche radicale

En voilà « des questions pénibles qui gâchent nos vies »… Riss a ceci de particulier que l’islamisme, il l’a vu de près. Il l’a subi dans sa chair, blessé à l’épaule d’une balle de kalachnikov. Il a vu ses copains se faire massacrer en pleine conférence de rédaction le 7 janvier 2015 à Charlie Hebdo. Directeur du journal, il continue d’être escorté par des policiers qui se relaient auprès de lui. Les fatwas, il sait ce que c’est. Il a dû louer, à ses frais, les services d’une société de sécurité pour protéger ses journalistes.
Au lendemain des attentats de Barcelone, il signait le 24 août dernier dans son journal un éditorial qui éclaire tout ce qui s’est dit depuis. « On oppose souvent islam et islamisme. Comme si ces deux conceptions religieuses étaient deux planètes étrangères l’une à l’autre. » Distingue-t-on l’Inquisition de l’Église catholique ? Non, eh bien, de même, « l’islamisme fait partie de l’islam ». Or, ajoutait-il, « curieusement, chaque fois que les intégristes musulmans commettent des crimes, on dresse autour d’eux un cordon sanitaire pour les exfiltrer de l’islam afin d’épargner à la religion de Mahomet la moindre critique ». Pourquoi ? Au nom du confort : « Le confort intellectuel passe avant tout. Le confort, c’est l’obsession de nos sociétés consuméristes. »
Et lui, au contraire, il les secoue, il les provoque avec ses caricatures à ne pas mettre entre toutes les mains. Un de ses camarades confiait à Libération, en 2015, qu’il aimait l’histoire de France et qu’il avait « vraiment un petit côté terroir, de paysan provincial, un peu roots » — enraciné. Autant dire que cela le classe aux antipodes de la gauche bobo et de sa variante radicale. Riss vient d’aggraver son cas. Il a d’abord assisté aux audiences du procès Merah, le frère du tueur de Montauban et de Toulouse (mars 2012), dont il vient de tirer 48 pages de croquis — pour un hors-série impeccable de Charlie Hebdo (intitulé “Le procès Merah”). Que voulait- il voir qu’il ne savait déjà ? Ceci : la « mise en pratique d’une idéologie totalitaire ». « On passe de l’idée à l’action, de la foi à l’assassinat. » Il cite l’avocate générale : « Que nous dit Abdelkader ? La cible, c’est la démocratie. »
Or, au même moment, le célèbre frère Tariq Ramadan, que Caroline Fourest a débusqué depuis longtemps, cesse d’être un pur prédicateur respectable, non pas parce qu’il est dénoncé pour ses prêches islamistes, mais parce qu’il est accusé de harcèlement sexuel ! De viol ! La “libération de la parole des femmes” au secours de l’anti-islamisme… Riss le met en une, ce « sixième pilier de l’islam » avec un sexe hypertrophié. Diffamation, calomnie ! Le procureur de Mediapart, le grand censeur de l’islamophobie, celui qu’Alain Finkielkraut appelle le « guillotineur ivre de lui-même », Edwy Plenel, accuse sur Franceinfo la « direction actuelle de Charlie Hebdo » d’épouser une campagne mêlant Manuel Valls, la « gauche égarée », et la droite, « voire l’extrême droite identitaire », qui n’ont qu’une obsession, « la guerre aux musulmans »
Le mot de trop. « Guerre aux musulmans ? » s’exclame Riss qui retrouve là le système qu’il décrivait cet été : voilà un nouvel « appel au meurtre » pour faire taire Charlie une fois pour toutes. « Nous ne l’oublierons jamais ! » Polémique « excessive », dit Mélenchon. Halte au feu ? Peut-être, mais pas pour longtemps. Car l’islamisme est une gangrène qui ronge la gauche dans ses fondements. Comment peut-elle concilier son antiracisme avec l’antisémitisme des fanatiques, son laïcisme athée avec le djihadisme qui ne reconnaît que “la loi de Dieu”, son féminisme avec sa domination masculine ? L’islamisme est mortel pour la gauche radicale qui comptait se faire de l’islam un allié.
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