Humain, transhumain (La Vie des Idées)

Qu’est-ce que le transhumanisme, et pourquoi l’homme ne serait-il pas un cyborg au naturel ? Loin des réflexes technophobes et des rêveries de l’intelligence artificielle, un nouvel ouvrage livre une analyse philosophique d’une idée à la mode.



Encore méconnu il y a quelques années, le transhumanisme est aujourd’hui à la mode. On ne compte plus les émissions de télévision ou de radio, les numéros spéciaux de revues ou les ouvrages sur le phénomène. Nul n’ignore plus que Google veut tuer la mort ni que l’intelligence artificielle forte - entendons : supérieure à la réflexion humaine - est censée être à nos portes. Surfant sur l’imaginaire de la science-fiction, certains transhumanistes rêvent d’émuler l’esprit humain sur un ordinateur, tandis que d’autres imaginent une hybridation de l’homme et de la machine. Quelques-uns prophétisent même le surgissement d’un posthumain, affranchi des contraintes de l’évolution biologique propres aux êtres vivants.

Ce bouillonnement d’idées et de fantasmes a suscité nombre de mises au point plus ou moins indignées ou ironiques. À titre d’exemple, on peut évoquer Le mythe de la singularité, de Jean-Gabriel Ganascia (Seuil, 2017), qui fait un sort à la crainte d’une intelligence artificielle échappant au contrôle de l’humain. Toutefois, jusqu’à présent, le transhumanisme a peu fait l’objet d’une analyse proprement philosophique. En outre, les auteurs qui s’y sont essayés ont en commun une approche très critique du phénomène, y voyant une résurgence du dualisme gnostique (Jean-Michel Besnier, Demain les posthumains, Hachette, 2009) ou une numérisation de la vie (Éric Sadin, L’humanité augmentée, Éditions L’échappée, 2013).

Commentaires