mercredi 28 juin 2017

1ère fortune de France: "Félicitations M. ARNAULT"


©Laurent SAILLY, pour Méchant Réac ! ®

Bernard Arnault est la première fortune française, selon le classement annuel des 500 fortunes de "Challenges" de ce mercredi. Cette nouvelle va faire les choux gras des journaux pendant deux ou trois jours et alimenter les conversations de famille du repas dominical. On va s’offusquer, se scandaliser peut-être pour certains, puis on oubliera jusqu’au classement de la semaine dernière. J’entends déjà « c’est pas normal », « c’est trop », « c’est pas juste ». Bref le niveau zéro de l’argumentation économique laissée à la vindicte populaire.

Quelques éléments de réflexions.

D’abord, éliminons la question posée par toutes les matinales radio que l’on peut résumer à « c’est bien ou c’est pas bien ». Très clairement, si M. Arnault n’était pas milliardaire, je ne le serais pas pour autant. Autant dire que la fortune de celui-ci ne m’enlève rien. Et quitte à compter les milliardaires, je préfère qu’il soit français plutôt qu’américain, indien ou chinois, ne serait-ce que parce qu’il paye ses impôts en France (même déduction faite des niches fiscales et des montages financiers savants).

Ensuite, ce n’est pas Bernard Arnault qui est la première fortune de France, c’est sa famille. Si j’évalue mon patrimoine en ajoutant l’appartement de mes parents, ceux de mon frère et de ma sœur, la maison et l’appartement de mes beaux-parents, ainsi que les voitures de chacun d’entre nous (sans compter les comptes épargnes de ma fille et de mes nièces), j’ai un patrimoine bien plus conséquent qu’il n’est en réalité.

Enfin, le patrimoine est constitué des actifs (ce que j’ai) mais aussi des passifs (mes prêts). Or évaluer la fortune de quelqu’un doit se faire en déduction de ses prêts. Un exemple : j’ai une voiture et une maison achetées à crédit, ma « fortune » est la soustraction à la valeur de ces biens du capital restant dû des prêts en cours. Or Bernard Arnault et sa famille sont endettés.

Alors, soyons bien clair : je ne pleure pas sur le sort des « Arnault ». Je remets simplement l’église au milieu du village.

Dans les brèves de comptoir que j’entends ce matin dans le petit café où j’écris mes articles, j’ai relevé un « c’est beaucoup trop pour un seul homme » par un habitué qui il y a quelques temps justifiait le salaire du footballeur Ronaldo. Ou encore un « tu te rends compte sa fortune a été multipliée par dix-sept en vingt ans » par un commerçant aisé qui a toujours refusé les propositions d’investissements dynamiques de son banquier.

Certes Ronaldo donne certes du jeu à nos concitoyens ; Bernard Arnault donne du pain (via les emplois créés ou sauvés et le paiement de ses impôts soit à titre personnel soit au titre de ses sociétés).

La fortune de la famille Arnault a augmenté (selon Challenge) de plus de 50% en un an. Si vous aviez acheté des actions LVMH (groupe de Bernard Arnault) le 27 juin de l’année dernière, votre action acquise à 131,40 € était cotée hier soir 227,15 € soit, déduction faite des frais de courtage, des droits de garde annuel de la banque et des impôts (sur les plus-values en cas de vente), une progression de 50%, sans compter le dividende versé (part des bénéfices) !  

Mais qu’avez-vous répondu à votre banquier lorsqu’il vous a conseillé d’investir un peu de votre Livret A en bourse ?

NDLR: le raisonnement vaut pour toutes les personnes présentent dans le classement.

mardi 27 juin 2017

Assemblée nationale : La République en marche... au pas de loi ?


P.M.A. et G.P.A. : le coup de « semence »


La procréation médicalement assistée (ou assistance médicale à la procréation), désigne les procédés qui permettent la rencontre d’un ovule et d’un spermatozoïde, grâce à une intervention médicale.
Elle a pour objectif de « remédier à l’infertilité dont le caractère pathologique a été médicalement diagnostiqué ou d’éviter la transmission à l’enfant ou à un membre du couple d’une maladie d’une particulière gravité ».
La PMA est, pour l’heure, réservée :
– aux couples hétérosexuels (mariés ou non)
– « en âge de procréer »
– apportant une preuve de vie commune de plus de deux ans.


La gestation pour autrui est une méthode de procréation médicalement assistée pratiquée par des couples hétérosexuels lorsque la femme ne peut pas porter d’enfant, du fait d’une absence ou d’une malformation de l’utérus.
Concrètement, une mère dite « porteuse » va accueillir un embryon issu d’une fécondation à laquelle elle n’a pas participé et mener la grossesse, pour donner naissance à un enfant qui n’est donc pas génétiquement le sien. Dans ce cas, la mère porteuse ne fournit pas d’ovule.
La GPA peut également être pratiquée par des couples homosexuels masculins. Si la mère porteuse fournit un ovule, on parle de « procréation pour autrui ».
La gestation (ou procréation) pour autrui est interdite en France, selon la loi de bioéthique de 1994, mais autorisée dans plusieurs pays d’Europe et dans certains États américains.

En droit français, la PMA poursuit un objectif thérapeutique : compenser une infertilité pathologique. Elle ne peut donc concerner que des couples homme/femme, vivants et en âge de procréer. Élargir l’accès à la PMA signifierait renoncer à ce critère thérapeutique.

N’y a-t-il pas un risque de « marchandisation du corps des femmes » et la création d’un « marché des bébés » ? Est-ce parce que la science le permet qu’il faut l’autoriser ? Doit-on rester dans cette hypocrisie bien française qui refuse la reconnaissance des enfants nés d’une G.P.A. à l’étranger ?

Revenons aux bases : pour faire un enfant, il faut un homme et une femme (ce qui n’en font pas automatiquement des papas et des mamans, les faits divers nous le rappellent, chaque jour, dramatiquement).

Le droit de l’enfant

Autant, je suis favorable à l’égalité des droits dans le mariage des homosexuels, que je suis défavorable à l’extension de la P.M.A. à toutes les femmes. Je comprends le désir d’enfant d’un couple de femmes. Mais si on ouvre la PMA aux femmes homosexuelles, on crée une double inégalité : d’une part, l’homosexualité n’étant pas une maladie, pourquoi l’interdire aux femmes hétérosexuelles non infertiles (dès lors, il faut accorder la P.M.A. à toutes les femmes) ? d’autre part, au nom de l’égalité, pourquoi l’interdire aux hommes homosexuels (ce qui oblige à reconnaître la G.P.A.) ?
Banaliser la « PMA de convenance » pour les femmes homosexuelles effacerait la « branche paternelle » et irait de fait à l’encontre de la Convention internationale des droits de l’enfant, qui précise qu’un enfant a « le droit de connaître ses parents et d’être élevé par eux, dans la mesure du possible ».

Le droit à l’enfant

Chaque année, quelques dizaines à quelques centaines de couples français auraient recours à une mère porteuse à l’étranger, selon les différentes estimations. Or, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a condamné la France pour son refus de reconnaître les enfants nés de mère porteuse et de retranscrire dans l’état civil leurs actes de naissance étranger : l’arrêt européen oblige la France à reconnaître la filiation des enfants de Français nés d’une GPA effectuée à l’étranger.

La G.P.A. doit être autorisée lorsque la femme ne peut pas porter d’enfant, du fait d’une absence ou d’une malformation de l’utérus à condition qu’elle soit mariée ou pacsée. Dans la cadre d’un couple de femmes homosexuelles, les deux partenaires doivent se trouver dans cette condition.

Il doit être maintenu le critère de l’âge de la procréation. La cause majeure des problèmes de fertilité chez l’essentiel de la population, c’est le recul de l’âge de la maternité. De fait, l’âge moyen d’une première maternité se situe désormais à 30 ans et 4 mois contre 24 ans dans les années 70, alors que le pic de fertilité est à 22 ans et que la fertilité baisse drastiquement à 35 ans. Il faut éviter (comme on a pu le voir en Italie ou ailleurs, des mères enfanter à plus de 60 ans). 
Y a t’il rupture d’égalité ?
Entre couples homosexuels féminins et masculin : ni l’un ni l’autre n’ont droit ni à a P.M.A. ni à la G.P.A.
Entre couples hétérosexuels : l’autorisation de la G.P.A. par la France permet d’effacer une inégalité liée à l’argent et de faire porter aux enfants nés de la G.P.A. la responsabilité d’une décision de leurs parents.
Entre couples homosexuels et hétérosexuels : l’inégalité n’est pas du fait de la loi mais de la nature.
De même, c’est la nature (et non la science) qui crée l’inégalité entre homme et femme, permettant au premier d’avoir un enfant (je n’emploie pas volontairement le terme de « père ») à un âge avancé.
De même, c’est la nature (et non la loi ou la science) qui permet à une femme d’avoir un enfant (sans en informer le père).
Il faut ouvrir un autre débat !
Nous serions bien plus avisés à accorder au beau-père ou à la belle-mère, qu’il s’agisse d’un couple hétéro ou homo, des droits et des devoirs sur l’enfant de leur conjoint, dans le cadre d’une famille recomposée.
Nous aurions plus à agir sur les possibilités d’adoption pour les couples peu importe leur orientation sexuelle.
Nous devrions plus assurer le droit des pères lors des divorces et le droit des mères à recouvrir la pension alimentaire fixée par le juge.
Nous pourrions nous interroger sur l’efficacité de la protection de l’enfance contre le maltraitance de toutes sortes.

NDLR: Cet article a été rédigé avant la décision du Comité d'éthique attendu aujourd'hui.


©Laurent SAILLY, pour Méchant Réac ! ®

lundi 26 juin 2017

POLONY.TV : La liberté d'expression d'une "méchante réac !"

« Cela fait des années que j’entends des journalistes et des confrères qui m’expliquent que je suis une idéologue et eux sont journalistes. C’est quand même assez étonnant ! » (Natacha Polony sur Europe 1 le 12 juin 2017)




mardi 20 juin 2017

La démocratie française dans un drôle d'état


Par Laurent SAILLY

L’abstention est le premier revers politique d’Emmanuel Macron.

L’élan populaire d’En-Marche, grossi artificiellement par la loupe médiatique, s’est brutalement interrompu dès le premier tour des législatives où les candidats LREM et leurs alliés ont recueilli moins de voix que le candidat Macron au premier tour de la présidentielle. Le taux historique de l’abstention au deuxième tour des élections législatives a confirmé cette vision.

Cette abstention massive traduit-elle une insubordination civique ou un consentement tacite ?

Le quinquennat et l’inversion du calendrier électorale donnent le sentiment que tout est joué à l’issue de l’élection du chef de l’Etat. Nous sommes en 2017 comme en 2002 : Jacques Chirac avait réalisé un score faible au premier tour de la présidentielle (19,9%), un très large soutien des forces républicaines face au candidat F.N. au second tour, pour obtenir une large majorité à l’Assemblée nationale (365 députés).
Si ce qui est exposé ci-dessus constitue en partie une des raisons de l'abstention, celle-ci est l'expression également d'une manifestation contre l'offre politique. J'en veux pour preuve d'abord que les Français qui voulaient voter ont eu recours massivement au vote par procuration, ensuite il faut souligner l'importance des votes blancs et nuls, enfin, toutes les enquêtes du CEVIPOF soulignent l'intérêt des Français pour la politique (confirmé par la fréquentation  des meetings et par l'audimat des émissions politiques notamment des débats).

Emmanuel Macron est, certes, moins tenu par les baronnies locales que l’était le président Chirac. Son sort est-il plus enviable ? Je ne crois pas. L’enracinement territorial des primo-députés est une faiblesse dans l’organisation jacobine de notre pays d’une part, et l’abstention fragilise la légitimité de leur élection d’autre part.

Comme la Révolution française s’était faite sans le peuple (certains historiens ont parlé de « Révolution bourgeoise »), la « Révolution » menée pat Emmanuel Macron s’est faite sans les électeurs pour qui elle semblait écrite. Ainsi, l’épisode électoral de 2017 s’est-il déroulé sans les jeunes (18-35 ans), sans les ouvriers, sans les employés. Emmanuel Macron doit son élection aux cadres, aux professions intellectuelles supérieurs et au plus de 60 ans.

Nous avons la confirmation de cette structure socio-culturelle dans la composition de l’Assemblée nationale. Celle-ci, plus jeune, plus féminine, n’est pas plus populaire, pas plus représentative. La « Révolution macroniste » est un leurre. La capacité des tenants de « l’ancienne politique » ne trouvant aucune difficulté à trouver sa place dans un nouveau système qui n’en a que le nom. Il n’y a qu’à voir le profil des « députés novices » de LREM. Le renouveau se fait par le « haut » avec des élus, qui pour beaucoup, ne sont pas des novices en politique. Renouveau qui aurait de toute façon eu lieu sans l’effet Macron d’une part liée à l’épuisement de certains parlementaires qui ne souhaitaient pas se représenter et, d’autre part, par l’application de la loi sur le non cumul des mandats.

L’échec électoral des « vieux partis traditionnels » (P.S. qui subit un coup de Trafalgar, et L.R. qui connaît une victoire à la Pyrrhus) risque de nuire aux débats parlementaires en laissant face à des primo-députés, un  peu tendres, un  peu naïfs, des ténors d’envergure nationale du type Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, Clémentine Autain et Gilbert Collard, entre autres.

La Constitution de 1958 rappelle justement dans son article 4 :

« Les partis et groupements politiques concourent à l'expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie.
Ils contribuent à la mise en œuvre du principe énoncé au second alinéa de l'article 1er dans les conditions déterminées par la loi.
La loi garantit les expressions pluralistes des opinions et la participation équitable des partis et groupements politiques à la vie démocratique de la Nation. »

La question est alors : peut-on se passer des parti politiques ? Qu’est-ce que la « société civile » ?

Des parties politiques sortent des individus qui, ayant gravi les échelons un à un, et accèdent, alors combien même ils sont issus de milieux modestes, aux responsabilités. Composés de membres d’origines sociales différentes, les partis politiques, parce qu’ils dépendent d’une direction collégiale, assurent le respect de l’intérêt général. Il est à craindre, que des élus « société civile » soit plus tentés (ou poussés) à défendre l’intérêt de leurs semblables.

Pourtant, le reproche fait aux partis de défendre des intérêts partisans est bien fondé. Que s’est-il donc passé ? La professionnalisation de la politique, la formation stéréotypée des hommes politiques, la surmédiatisation de l’activité politique ont profondément modifier la perception du temps (devenu très court) et, poussé les électeurs à rechercher l’homme providentiel. Or celui-ci n’existe pas, le temps politique n’est pas celui des médias. La déception ne peut être qu’au bout du chemin. Cela est d’autant plus vrai dans le système politique de notre pays où les électeurs veulent une direction du type anglo-saxon, mais avec une discipline méditerranéenne. Il faut remarquer que, la chute du mur de Berlin en 1989 et les crises financières des années 2000 ont mis fin aux idéologies que portaient nos partis politiques. Le protestantisme anglais, favorable au libéralisme économique, et le syndicalisme allemand, favorable à l’entreprise, ont facilité la mutation intellectuelle des élus et des électeurs. Ajoutez à cela un méconnaissance (même basique) des, principes économiques fondamentaux de nos concitoyens et vous générerez une attente des électeurs est trop forte et leur implication trop faible.

Politiquement (et économiquement) les Français ne sont pas entrés dans le XXIème siècle. La présence aux élections présidentielles de trois candidats d’extrême-gauche et de deux candidats d’extrême-droite témoignent de ce décalage.

La pauvreté du débat politique, l’accumulation des « affaires », l’incapacité du pouvoir a lutter contre le chômage, l’insécurité, le terrorisme, les incivilités, les inégalités sociales, la perte du pouvoir d’achat ont fait le reste.

Aujourd’hui, nos institutions sont à bout de souffle. La démocratie agonise. Il est temps de changer de régime politique : c’est ce que je propose dans ma proposition de loi "Pour un nouveau pacte républicain entre des élus engagés et de électeurs responsables."

vendredi 16 juin 2017

Le Président, le traitre et l’idiocrate (fable)



Fable républicaine par Laurent SAILLY

Le Président ayant trahi tous ses amis,
Se méfiait des énarques comme des technocrates,
Il ne trouva donc pour travailler près de lui,
Qu’un traitre à sa famille et un vieil idiocrate.


Le jeune Président n’avait que pour seul trac,
Ayant retenu la leçon du précédant,
Voir s’accumuler les bourdes et les couacs,
Sottises, ânerie et gaffes de ses courtisans.


Mais le traitre était loin de là exemplaire,
Avec son patrimoine souvent peu transparent,
Et l’idiocrate impliqué dans moultes affaires,
L’un, l’autre jalousant les bonnes grâces du Président.


L’un obtenait Matignon en faisant le beau,
Reniant comme Pierre, mentors et retournant casaque,
Après une grosse colère, l’autre devenait garde des sceaux,
Les deux compères étaient à mettre dans le même sac.

L’inévitable accrochage des deux frères ennemis,
A la première occasion se manifesta,
Lorsque l’idiocrate voulu être juge et parti,
Le premier voulant mettre tout de suite l’autre au pas.

L’idiocrate dit alors : « J’ai fait le Président,
J’aurai même pu devenir le chef de l’Etat,
Je ne dois rien à celui du gouvernement ? »
Béarnais et Normand la sauce ne prenait pas.

Laissant les tristes compères à leurs casseroles,
Le Président sans tâche restait loin du combat,
Lui qui pourtant était friand de sa parole.
Dans un mutisme assourdissant il resta.

Ayant mis en marche son implacable mouvement,
Rayant d’un trait des partis depuis longtemps morts,
Tira la morale que la parole est d’argent,
Mais qu’en politique le silence, lui, est d’or.

Pour la défense de la cause des femmes


Par Laurent SAILLY
Sexisme ordinaire, violences physiques ou psychologiques, pressions sociales, le sort des femmes dans notre pays est en régressions et les conquêtes issues de l’après mai 1968 semblent remise en cause. Les Français, toujours en première ligne pour défendre leurs acquis sociaux (35 heures, Congés payés, Sécurité sociale…) se mobilisent peu pour la cause de leurs épouses, de leurs mères, de leurs filles.

Même les féministes de hauts rangs se perdent dans leurs combats. Elles mobilisent contre une campagne de publicité de la nouvelle Twingo (Renault - « le Twingo Nail Polish ») où la marque au losange propose aux femmes des vernis assortis à la carrosserie afin de réparer soi-même ses erreurs de conduite, ou contre le « manspreading » cette attitude (et habitude) vulgaire et sans gêne de certains hommes à s’assoir les jambes écartées (notamment dans les transports publics) et on ne compte plus les errements intellectuels de Caroline de Haas ou de Clémentine Autain qui font passer leur islamo-gauchisme avant la cause des femmes.

Pendant ce temps-là on se s’occupe pas des conditions salariées de celles-ci (toujours payées 20% de moins que leurs homologues masculins), des « frotteurs » du métro parisien (ces hommes qui se collent littéralement aux femmes) et de la situation de plus en plus dégradée des femmes et des jeunes filles contraintes dans leur tenue vestimentaire quand elles ne sont pas soumises au port de voile par pression sociale de quelques-uns qui n’ont rien à voir avec la religion (si ce n’est plus). L’adage même hérité de la « révolution sexuelle » des années 1970 selon lequel « mon corps m’appartient » est attaqué par les extrémistes de tout bord qui remettent en cause l’I.V.G., la contraception, la P.M.A. Les violences faites aux femmes et le viol entre conjoint sont aujourd’hui reconnus, pourtant une femme meurt tous les trois jours sous les coups de leur compagnon en France, et on dénombre plus de 10 viols par jour en France (« par jour » ce n’est pas une faute de frappe) – dont 2 dans le cadre du couple.

La République en Marche semble ouvrir (enfin) les portes de l’Assemblée Nationale aux femmes. Mais n’oublions pas qu’aucune femme, dans l’histoire de France n’a jamais été chef de l’état ! Sous la République, aucune femme n’a occupé les fonctions de Président de la République, de président du Sénat ou président de l’Assemblée nationale. Une femme, Edith Cresson a été premier ministre…  moins de 11 mois.

Qui prendra la relève de Simone Veil ou d’Elisabeth Badinter ?

Tout n’est pas perdu. Il convient d’être vigilant et je vous invite à lire les interventions courageuses de Céline PINA (www.celinepina.fr) ou d’écouter les colères saines de Zohra Bitan aux Grandes Gueules (RMC le 15 juin).


N.B. : Madame Nathalie KIOSCUISCO-MORIZET,députée et ancienne ministre de Nicolas Sarkozy a été violemment agressée hieralors qu’elle menait campagne pour le second tour des législatives. Ellesouffre d’un traumatisme crânien et est toujours hospitalisée à l’heure de larédaction de ces lignes. On en parle dans les médias mais rien à voir avec lematraquage suite à la gifle reçue par Manuel Valls il y a quelques mois. Lesdeux actes sont répréhensibles. Je dénonce cependant un  traitement à deux vitesses.


mercredi 14 juin 2017

L'abstentionnisme : premier parti de France (#LaDemocratieEnVeille ®)

#LaDemocratieEnVeille ®
https://drive.google.com/file/d/0BxKUdSkEKFR2U3pPc2JwY0EwMDA/view?usp=sharing

On allait voir ce qu'on allait voir.. et on a vu.

Emmanuel MARCON est "VIDI".
Edouard PHILIPPE a certainement "VICI".

Mais les électeurs ne sont pas "VINI".

L'effet "macron" n'a pas joué sur la
participation électorale. Au contraire. Plus de la moitié des électeurs ne se sont pas mis "en marche" vers les bureaux de vote. Et si le raz-de-marée macroniste est incontestable, les 3/4 des députés élus dimanche prochain ne représenteront que 15% des Français. Le chef de l'exécutif, de son côté n'a obtenu la confiance que d'un quart de nos concitoyens.

Emmanuel Macron ne remettra pas la "République en marche" s'il laisse "La Démocratie en veille"®. Dimanche soir dernier, les téléspectateurs étaient plus nombreux devant la énième rediffusion du premier opus "Les Bronzés" que pour les résultats électoraux.

Nos concitoyens marquent ainsi leur désintéressement pour la "chose" (en latin "res") "publique" (en latin "publica"). Que reste-t-il alors du "pouvoir" (du grec "kratein", "commander") de l'"ensemble des citoyens" (du grec "démos").

La politique ne se fera pas autrement sans une réforme profonde de nos institutions. La preuve, le gouvernement n'a pas un mois et déjà la suspicion porte sur trois ministres (François BAYROU, le ministre de la justice, Marielle DE SARNEZ, aux affaires européennes, et Richard FERRAND, ministre de la cohésion des territoires).

Il faut repenser la démocratie !


® "La Démocratie en veille" est une marque déposé par Laurent SAILLY.

dimanche 11 juin 2017

“Comment vivre au temps du terrorisme” par Alain BAUER (Vidéo)


Propos recueillis par Louis de Raguenel. VALEURS ACTUELLES

Dans quel monde avons-nous basculé ?

La twitterisation des cerveaux a supprimé la perspective et favorisé l’instant. Nous vivons dans un monde déjà connu par le passé avec des cycles terroristes longs et des intermèdes très courts. Pour la première fois, les revendications politiques, territoriales, linguistiques ou seulement financières sont submergées par une demande impossible à satisfaire, car sans contenu terrestre. Nous vivons la revanche, peut-être la vengeance, de l’histoire et de la géographie, et une recherche féroce d’affirmation identitaire qui répond plus à des blessures narcissiques qu’à une revendication politique. Nous avons trop négligé ce qui faisait de nous des citoyens avec une culture, au nom d’un grand tout sans racines. On ne peut faire du multiculturalisme sans culture…

La DGSI et la DGSE qui se parlaient peu et se craignaient, avant les attentats qui ont frappé la France en 2015, se parlent-elles davantage ?

Indiscutablement, la relation, en ajoutant la DRM pour la partie militaire, est de bonne qualité. La DGSI a entamé sa mutation culturelle. La DGSE a assumé le partenariat et élargi son champ de partage de l’information. Au vu du nombre d’opérations de démantèlement de groupes ou de réseaux terroristes réussies au cours des derniers mois, l’efficacité s’est beaucoup améliorée. Il y a encore du chemin, mais on ne peut pas être aussi critique en 2017 qu’on l’était en 2015.

On dit souvent que la DGSI est submergée par la menace à laquelle elle doit faire face…

Il est rare d’avoir autant de cibles potentielles sur le territoire et de devoir gérer aussi les conflits importés de pays parfois lointains ; 90 % des attentats projetés n’ont cependant pas lieu du fait de l’amateurisme des opérateurs ou de l’efficacité des services ; 1 % échappera toujours par spontanéité ou par sophistication. Le reste devrait être empêché ou fortement perturbé en utilisant l’expérience opérationnelle des agents de terrain et la compétence conceptuelle des analystes. Mais pour cela, il faut accélérer la mutation en cours.

Voulue par Emmanuel Macron, la création d’une task force contre le terrorisme, réunissant les acteurs du renseignement, est-elle une bonne chose ?

On ne sait pas ce qu’il y a dedans. Si c’est en plus du capharnaüm actuel, on peut en faire l’économie. Si c’est à la place, ce pourrait être très utile. Cela a existé, notamment Alliance Base en France contre la direction de ce qu’on croit devoir appeler Al-Qaïda. Actuellement, il y a les cellules Allat ou Hermes. Ce sont des outils ciblés, agiles, efficaces. Mais ce n’est pas un conseil de sécurité nationale. Nous avions avec Michel Rocard décrit tout cela dans un long article en 2007 qui avait permis la réforme entamée par Nicolas Sarkozy en 2008. On peut sans doute progresser dans la coordination et l’action. Mais l’essentiel est ailleurs, dans la prévention et la qualité de l’analyse du renseignement.



J'AI LU POUR VOUS

Terrorisme : mettre des mots sur les maux.
" Ce que l'État Islamique tente désespérément, c'est affaiblir son adversaire au cœur. Attaquer la France dans sa diversité et pousser à l'affrontement fait partie de sa stratégie.
Voici pourquoi il nous a paru utile de publier ce guide, mi-outil pratique de " survie en milieu hostile ", mi-ouvrage permettant de s'y retrouver dans la confusion ambiante sur un sujet plus complexe qu'il n'y paraît. Certains, angoissés devant la multiplication des risques, peuvent avoir raison et apparaître lucides en parlant de guerre civile. Mais nous ne partageons pas leur pessimisme.
Face au terrorisme, on peut, c'est naturel, décider de se sauver. Tous les ouvrages et toutes les recommandations le disent : " S'échapper, se cacher, alerter ". Mais nous savons aussi que quelques individus plus courageux, des " héros ", ont réussi à désarmer l'agresseur du Thalys, abattre deux des terroristes du Bataclan mettant fin au massacre en cours, dévier le camion de Nice, etc. Et combien d'autres inconnus en Occident ont pu sauver des dizaines de vies ? Se sauver sans doute. Mais on peut aussi se demander si on peut sauver les autres.
La France apprend douloureusement à devenir vigilante, résiliente. Il lui faudra aussi se montrer résistante. "


Alain Bauer est criminologue, spécialiste des questions de sécurité urbaine. Auteur d'une quarantaine d'ouvrages sur la criminalité, il est consulté par Matignon et le ministère de l'Intérieur sur les questions de sécurité et de terrorisme. Christophe Soullez est criminologue, spécialiste de l'analyse des statistiques pénales et de la mesure de la performance policière. Il est chef du département de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales. François Freynet est consultant en sûreté urbaine. Il est avec Alain Bauer, le co-auteur de Vidéosurveillance et vidéoprotection (PUF, 2012) et auteur de Réussir la vidéosurveillance dans sa ville (Territorial, 2012).



vendredi 9 juin 2017

Iran, Arabie Saoudite, Qatar : comprendre la crise diplomatique sur fond de terrorisme


Le point de vue de Didier Billion
   
La République islamique d’Iran est régulièrement sous les feux de l’actualité diplomatique, de par son importance stratégique tant sur le plan régional qu’international. Le point de vue de Didier Billion, directeur adjoint de l’IRIS.

Lire la suite.


Interview de Thierry Coville - Atlantico
   
L'Iran a été la cible de deux attaques terroristes, ce mercredi, qui ont frappé le Parlement iranien et le mausolée de l'imam Khomeyni à Téhéran. Pour la première fois de son histoire, l'Iran a été la cible de l'Etat Islamique, qui revendique les attentats. Quelles peuvent être les conséquences de ce "djihadisme sunnite" pour le pays ?


Avant le double attentat mené mercredi à Téhéran par le groupe État islamique, l'Iran faisait l'objet de menaces de la part de l'organisation jihadiste, que Téhéran combat militairement sur plusieurs fronts.

Des hommes armés et des kamikazes ont simultanément attaqué, mercredi 7 juin, le Parlement et le mausolée de l'imam Khomeini à Téhéran. Treize personnes ont été tuées lors de ces deux attentats revendiqués par le groupe État islamique (EI). Selon le ministère des Renseignements, un autre groupe de "terroristes" a été neutralisé dans la capitale iranienne avant de pouvoir passer à l'action.

Voir la vidéo.


Le point de vue de Didier Billion
   
Lundi 5 juin, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Bahreïn, le Yémen et l'Égypte ont déclaré rompre leurs liens diplomatiques avec le Qatar, l’accusant de soutenir le terrorisme. L’analyse de Didier Billion, directeur adjoint de l’IRIS.


mardi 6 juin 2017

Donald TRUMP est-il con ?


Par Laurent SAILLY
Il est malheureux d’être obligé de se poser la question lorsqu’il s’agit du chef d’état et d’autant plus lorsqu’il s’agit du président de la première puissance mondiale.

Mais les « dernières sorties twitter » de Donald TRUMP suite à l’attentat de Londres passent mal. Après avoir fait part de la solidarité des Américains et promis le soutien des Etats-Unis très vite après les premières informations sur la situation qui prévalait à Londres, Trump a commenté dimanche les déclarations du maire de Londres, Sadiq Khan, et a changé de ton. Le maire travailliste de Londres appelant ses compatriotes à ne pas s'alarmer de voir une présence policière accrue dans les rues de la capitale britannique, le président Trump s’indigne sur son compte twitter : "Au moins sept morts et 48 blessés dans une attaque terroriste et le maire de Londres dit qu'il n'y a 'pas de raison de s'alarmer' !".

Personne dans l’entourage ne semble en mesure de contrôler les réactions du président américain.

Le milliardaire américain n’est pourtant pas un novice dans les déclarations sexistes, racistes ou homophobes. Mais en tant que président des Etats-Unis, la moindre de ses déclarations est susceptible de déclencher une crise démocratique grave.

“Quand le Mexique nous envoie ses gens, il n'envoie pas les meilleurs éléments. Ils envoient ceux qui posent problème. Ils apportent avec eux la drogue. Ils apportent le crime. Ce sont des violeurs” [Trump Tower, New York, le 16 juin 2015]. La porte-parole de du National Council of La Raza, la plus grande association de défense des droits des hispaniques outre Atlantique, a depuis décrit Donald Trump comme un “homme extrêmement stupide”.

En 2011, Donald Trump s’était indigné de l’investiture de Barak Obama : “On entend des journalistes politiques qui disent que [les résultats de l’investiture] n’avaient rien à voir avec la race. Mais comment [Hillary Clinton] a-t-elle eu si peu de ces voix-là ? Vous savez quoi, c’est très triste.” Avant d’enchaîner: “J’ai un très bon rapport avec les Noirs. J’ai toujours eu un très bon rapport avec les Noirs. Mais malheureusement, les chiffres que vous citez sont très effrayants.” 

Interrogé sur la possibilité que sa fille Ivanka fasse la Une de Playboy, Donald Trump a répondu qu’il ne “pensait pas qu’elle le ferait, même si elle a un joli visage“, avant d’enchaîner: “si Ivanka n’était pas ma fille, je sortirai peut-être avec elle“. D’après le site Bustle, son porte-parole a ensuite explique que cette phrase était une “blague pour se moquer de lui-même, à cause de sa tendance à sortir avec des filles plus jeunes.”
En plus d’avoir annoncé qu’il disposait de 7 milliards de dollars pour faire campagne, Trump a insisté sur le fait qu’il fallait que les Etats-Unis se montrent plus fermes avec la Chine, qu’il a ensuite encensée (“leurs leaders sont bien plus intelligents que les nôtres”).


En mars 2011, Trump s’est vanté sur Fox News d’avoir “arnaqué” l’ex dictateur libyen.
“Le monde se porterait mieux si les anciens dictateurs irakien Saddam Hussein et libyen Muammar al-Kadhafi étaient toujours au pouvoir” [CNN, 25 octobre 2016].



Donald Trump aime ponctuer ses citations d’insultes en tout genre. De Jon Stewart à Cher en passant par Sacha Baron Cohen, de nombreuses célébrités, hommes et femmes politiques en ont pris pour leur grade. Le site américain USA Today en a tiré un très beau graphique qui montre combien l’homme politique Républicain affectionne les “petite nature”, “idiot” et autre “loser”.


Depuis son élection, de nombreux journalistes s’interrogent sur une possible sénilité précoce du président américain qui présenterait entre autres des symptômes de la maladie d’Alzheimer.

Le revirement géopolitique concernant la Syrie de Donald Trump, même s’il faut s’en réjouir, marque tout de même une évolution intellectuelle difficile à cerner. Et s’il a réagi par émotion, cela humanise l’homme, mais fragilise le détenteur de la première puissance nucléaire mondiale sur sa capacité de réflexion.

Le 31 mai dernier, dans un tweet incompréhensible, manifestement inachevé, a provoqué un émoi international, le président américain ayant écrit « Despite the constantr negative presse covfefe ». Personne n’est capable d’expliquer la signification de « covfefe ». Le tweet a été retiré du compte. La Maison Blanche n’a donné aucune explication.

En tout cas, Donald Trump ne doit pas s’étonner des appels à sa destitution, lui qui avait semblé prôner celle de Barack Obama il y a moins de trois ans. « Peut-on destituer un président pour incompétence grave ? » s’interrogeait en effet M. Trump dans un tweet du 4 juin 2014.

La procédure d’empeachment

Aux Etats-Unis, la procédure de destitution du président porte un nom : impeachment. La Chambre des représentants accuse et le Sénat juge l'accusé : tel est le fonctionnement de l'impeachment, équivalent d'une accusation devant un tribunal pour trahison, corruption, crime ou forfaiture. La procédure peut déboucher sur un acquittement, ou une condamnation ­ qui se traduit alors par le limogeage du chef de l'Etat.

Deux présidents américains ont jusqu'alors fait l'objet d'une procédure d'impeachment : Bill Clinton et Andrew Johnson (1808-1875). Le président Richard Nixon, techniquement parlant, n'a pas été l'objet d'une procédure de destitution dans l'affaire des écoutes du Watergate. Il a en effet démissionné (en 1974) juste avant que ne commence la procédure d'impeachment, qui avait été approuvée par le comité judiciaire de la Chambre des représentants, et alors même que sa condamnation ne faisait plus de doutes.

Le président Clinton, en revanche, a effectivement été la cible d'une procédure d'impeachment le 19 décembre 1998 pour parjure et abus de pouvoir après qu'il eut démenti sous serment avoir eu des relations sexuelles avec une employée de la Maison Blanche, Monica Lewinsky. Clinton a cependant été acquitté en 1999 à l'issue d'un procès en destitution devant le Sénat. Il eût fallu que les deux tiers des sénateurs votent pour sa destitution, ce qui n'a pas été le cas.

Hormis le président, l'impeachment peut viser nombre d'officiels de l'exécutif et du judiciaire au niveau de l'Etat comme au niveau fédéral. Depuis 1789, un total de 17 officiels ont été « empêchés », dont 13 juges fédéraux (7 ont été limogés, 4 ont démissionné, 2 ont été acquittés) et un sénateur.

Et en France

La possibilité de destituer un président de la République est inscrite dans la Constitution (article 68) depuis la révision constitutionnelle du 23 février 2007, à la fin du second mandat de Jacques Chirac. Elle n'est possible « qu'en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l'exercice de son mandat », une formulation volontairement floue qui laisse de la place à l'interprétation.

Selon Didier Maus, professeur de droit,  interrogé par Libération et qui a participé à une commission sur le sujet sous la présidence de Jacques Chirac, il peut s'agir d'un blocage du « fonctionnement régulier des pouvoirs publics » (refus de signer des lois votées par le Parlement, blocage de la Constitution, etc.) ou bien d'un « comportement personnel incompatible avec la dignité de la fonction » (crime, propos publics inacceptables, etc.).

La possibilité de destitution a été introduite comme une contrepartie à l'immunité dont dispose le chef de l'Etat, consacrée dans l'article 67 de la Constitution par la même réforme constitutionnelle de février 2007. Ce dernier prévoit en effet que « le président de la République n'est pas responsable des actes accomplis en cette qualité » et qu'il ne peut pas être traduit en justice (y compris faire l'objet d'une enquête ou être cité comme témoin) pendant son mandat.

Un mécanisme en 5 étapes

1. Constatant un « manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l'exercice de son mandat » du président de la République, des parlementaires (députés ou sénateurs) peuvent proposer à leur assemblée une proposition de résolution pour réunir la Haute Cour de justice. Cette proposition doit être signée par au moins un dixième des membres de l'assemblée (58 députés ou 35 sénateurs).

2. Elle est ensuite examinée, pour conformité, par le Bureau de l'Assemblée nationale ou du Sénat. Puis, s'il est jugé conforme, le texte est transmis à la commission des lois, qui décide de l'adopter ou le rejeter.

3. Si la proposition de résolution est jugée conforme puis, dans les quinze jours suivants, adoptée par la majorité de l'assemblée, elle est transmise à l'autre chambre, qui doit à son tour se prononcer dans les quinze jours.

4. Si la résolution est adoptée par les deux assemblées, le bureau de la Haute Cour se réunit aussitôt. Les 22 membres de ce dernier doivent être désignés conjointement par les bureaux de l'Assemblée nationale et du Sénat en « s'efforçant de reproduire la configuration politique de chaque assemblée ».

En parallèle, une commission composée de six vice-présidents de l'Assemblée nationale et de six vice-présidents du Sénat est « chargée de recueillir toute information nécessaire à l'accomplissement de sa mission par la Haute Cour ». Elle dispose des pouvoirs d'une commission d'enquête parlementaire et peut entendre le président de la République ou son représentant. Elle doit émettre un rapport dans les quinze jours suivant l'adoption de la résolution.

5. Vient ensuite le moment de la comparution du président de la République devant la Haute Cour, qui ne peut durer que quarante-huit heures maximum, au bout desquelles le vote doit intervenir. Les débats sont publics mais seuls les membres de la Haute Cour, le président de la République et le premier ministre peuvent y prendre part.

La Haute Cour doit ensuite statuer dans un délai d'un mois, sans quoi elle se voit dessaisie. Si le président de la République est effectivement jugé coupable de « manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l'exercice de son mandat », il est destitué de ses fonctions et redevient un citoyen et un justiciable « normal ». La Haute Cour n'a pas de compétence pénale et ne peut pas le condamner à une peine mais la destitution permet, le cas échéant, de poursuivre l'ex-président devant la justice.

Au sommet du pouvoir, la destitution entraîne la vacance de la présidence de la République et une élection anticipée a lieu dans un délai maximum de trente-cinq jours.