dimanche 12 novembre 2017

Islamisme : voulons-nous vraiment gagner la guerre de 30 ans qui commence ?

Le rôle de l'Etat, c'est de contrôler que l'exercice de la foi ne dépasse pas les bornes de la loi. Et c'est loin d'être gagné d'avance dans un pays où 73% des musulmans considèrent que la charia devrait s'imposer à la loi républicaine (1). Ce n'est donc en rien à la République de faire ses preuves vis-à-vis de l'islam. C'est à l'islam de faire ses preuves vis-à-vis de la République. Cette dernière ne doit pas organiser l'islam, elle doit en contrôler les excès.

Nous ne gagnerons la guerre que si nous reformons l'unité du peuple. Traiter aujourd'hui le problème musulman en tant que tel, c'est une fois de plus désagréger le peuple. Laissons la religion dans la sphère privée, veillons sévèrement à ce qu'elle respecte nos lois, mais ne l'attirons jamais dans la sphère publique. Ce n'est pas l'Etat qui a couvert la Chrétienté d'un «blanc manteau d'églises», selon la belle expression de l'an mil. Il n'y eut ni impôts étatiques ni fondation pour édifier les églises de France, c'est l'initiative privée qui a dressé jusqu'au ciel la quasi-totalité des clochers français.

Plus nous traiterons les musulmans et leur culte différemment des autres croyants et des autres religions, plus nous nous éloignerons de la solution. Et c'est là le défi majeur: nous parviendrons à éliminer les djihadistes du sol national, mais il nous restera à éradiquer les ferments de la division que quatre décennies de politique communautariste ont obstinément nourris. La multiplication des accommodements ayant le culot de se dire «raisonnables», la discrimination ayant le culot de se dire «positive», la relégation honteuse des symboles nationaux, tout ceci, sous le couvert des bons sentiments, en nous éloignant de la solution, nous a précipités dans un abyme de problèmes.

Nous avons cédé aux pressions des communautés par faiblesse ou par électoralisme - l'autre nom de la faiblesse en politique. Et l'on a vu des maires aménager le menu des cantines en fonction des interdits religieux, d'autres financer des salles pudiquement appelées «culturelles» dans les mosquées, d'autres enfin accepter des horaires différents selon les sexes dans certains services publics. La liste est longue de nos renoncements.

Nous avons cédé aux pressions des communautés par faiblesse ou par électoralisme - l'autre nom de la faiblesse en politique. Et l'on a vu des maires aménager le menu des cantines en fonction des interdits religieux, d'autres financer des salles pudiquement appelées «culturelles» dans les mosquées, d'autres enfin accepter des horaires différents selon les sexes dans certains services publics. La liste est longue de nos renoncements.

Par Gilles Platret, publié le 17/08/2016 dans le FIGAROVOX/ANALYSE (Extrait).
(1) «Religious fundamentalism and out-group hostility among muslims and christians in Western Europe», étude publiée en décembre 2013 par le professeur Ruud Koopmans du Social Science Center de Berlin. A noter que, dans cette même étude, seuls 7,5% des Chrétiens français considèrent que l'Evangile doit primer sur les lois de la République.